Voilà un petit cadeau, un texte tout nouveau tout beau ! Oui, je sais, vous m'aimez fort :D ( pour les pourboires et les fleurs, vous hésitez pas hein, et j'adore le chocolat aussi mais avec la chaleur... ).
Bref, comme vous le devinez - ou pas- il y aura maintenant deux publications par semaine dans la mesure du possible : Trompeuses apparences le mardi/mercredi et Petite soeur le vendredi/samedi.
Sur ce, je vous laisse avec ce nouveau texte, en esperant qu'elle vous plaise !
Bonne lecture!
Chapitre 1: Entre rêve et réalité ( première partie)
Elle ouvrit la porte de chez elle et entra rapidement dans la spacieuse maison où régnait une chaleur agréable comparée à la pluie qui tombait à l’extérieur en ce début de mois de novembre. La jeune fille retira sa petite veste noire qui n’avait pas empêché à sa robe grise et blanche de prendre l’eau et encore moins à ses longs cheveux roux de friser. Ses chaussures à talons, qu’elle portait presque toujours pour compenser sa taille d’un mètre cinquante-cinq, étaient bonnes à jeter.
- Mademoiselle Linda ! Vous êtes trempée ! Vous auriez dû appeler, nous serions venus vous chercher…
Celle qui venait d’apparaitre dans l’entrée était Mona, une dame d’une cinquantaine d’années qui était au service de la famille depuis plus de vingt ans. La taille large et les cheveux blancs lui donnaient un air chaleureux de grand-mère qui prépare des confitures et qui sait faire s’endormir n’importe quel enfant (ce qu’elle était d’ailleurs). La jeune rousse lui vouait une affection sans bornes et c’est avec un grand sourire qu’elle lui répondit :
- Hors de question que je monte dans la voiture avec les gorilles-du-corps de mon père… En plus, j’aime bien marcher et le lycée n’est pas loin.
- Votre père est parti en déplacement ce matin, il a dit qu’il ne reviendrait pas avant plusieurs jours.
- Me mentir ne sert à rien, il est chez une de ses maitresses…
-Mademoiselle ! s’indigna Mona tout en sachant que l’adolescente de 17 ans avait parfaitement raison.
Cette dernière lui jeta d’ailleurs un regard triste et enleva ses chaussures gorgées d’eau.
- Je monte me changer, indiqua-t-elle. Si ma mère téléphone, transfère l’appel dans ma chambre et s’il te plait, apporte moi mon repas …
- Bien Mademoiselle.
La jeune fille monta les escaliers sans se retourner, sachant pertinemment que Mona la fixait des yeux et que la vieille femme n’aimait pas qu’elle s’enferme dans sa chambre. Mais l’adolescente ne supportait plus de manger seule dans la grande salle de l’immense maison en plein Paris. La télévision serait de meilleure compagnie que la grande table en chêne autour de laquelle la famille ne s’asseyait plus depuis plusieurs années. Son père ne vivait plus chez eux que par intermittence et depuis deux ans, Linda était seule le plus souvent : sa mère avait craqué. Les maitresses de son mari, les brimades, les disputes l’avaient entraînée loin, trop loin: au fond d’une dépression elle n’avait trouvé qu’une seule solution : une tentative de suicide. Son père n’avait alors pas hésité : sa femme avait été envoyée dans une clinique psychiatrique très select.
Sans vraiment le dire, la rousse n’avait jamais vraiment accepté ce qu’elle vivait comme une lâcheté de la part de son père : il n’avait pas voulu assumer la dépression de sa femme et l’avait caché dans une petite clinique pour que sa tentative de suicide ne s’ébruite pas. Ce genre d’événement pouvait nuire à la réputation de la famille et donc aux affaires de celle-ci. Monsieur Carpentier, son père, était à la tête d’une multinationale gérant les fonds de rentiers trop fatigués pour effectuer cette tache. Cette charge devait être confiée à quelqu’un de confiance ayant une vie impeccable, une famille heureuse. Alors forcément, dire que sa mère était en voyage en Floride était préférable à avouer qu’elle était en soins pour dépression. Surtout si cette dernière n’était que la résultante d’un mariage malheureux et d’un couple déchiré.
Envoyer sa fille dans le lycée privée le plus côté de la ville faisait aussi partie de la façade qu’affichait son père. Il faut dire que beaucoup des élèves de l’école avaient de la famille ayant investit dans l’entreprise de ce dernier.
A peine entrée dans sa chambre, la jeune fille déposa son sac à main sur le sol et s’engouffra dans une porte sur la gauche pour accéder à sa salle de bain. Un coup d’œil dans son miroir en forme d’étoile lui suffit pour remarquer que ses yeux marrons étaient cernés de noir à la fois à cause du manque de sommeil mais aussi parce que son mascara avait légèrement bavé avec la pluie. Elle fit couler l’eau dans la grande baignoire d’angle décorée d’étoiles qui renvoyaient l’éclat brillant de la lampe fixée au plafond tout en se déshabillant. Une fois la radio branchée sur une station à la musique calme, elle se plongea avec délice dans le liquide chaud qui détendit ses muscles presque instantanément. La journée avait été longue : Stanley, le fils d’un des meilleurs amis de son père, avait voulu absolument qu’elle vienne assister à son tournoi d’escrime. Elle aurait préférée passer son dernier dimanche des vacances de Toussaint avec Jenny qui venait de rentrer de son voyage à Nice et qui semblait avoir des tas de choses à lui raconter mais, en partie grâce à son père qui l’y avait forcée, elle avait fini par aller rejoindre Stanley. Elle connaissait cet adolescent du même âge qu’elle depuis sa petite enfance et ne l’avait jamais vraiment apprécié, il représentait à lui seul tout ce qu’elle détestait chez un garçon : l’arrogance, le culte de soi-même, l’égocentrisme tout cela couronné par une extrême sournoiserie. Cependant, en de rares occasions où ils étaient seuls tous les deux, il lui arrivait d’être doux, et même gentil. Mais quand un public pouvait admirer sa personne, monsieur se transformait en quelqu’un de mauvais et capricieux.
Elle profita avec délectation de son bain chaud qui eut le temps de refroidir avant qu’elle n’en sorte presque une demi-heure plus tard. Emmitouflée dans son peignoir, ses cheveux coincés dans une serviette éponge, elle vint s’allonger sur son lit à baldaquin drapé de violet et de blanc qui était en parfaite harmonie avec le reste de sa chambre au mobilier de bois blanc. Près de la porte fenêtre donnant sur un balcon, opposé à la porte, se trouvait son bureau où trônait des dizaines de livres, à sa gauche et en face du lit, un meuble où reposait la télévision en veille et de part et d’autres du lit, des petites tables de chevet. Sur l’une de ses dernières se trouvait son ordinateur portable qu’elle saisit et mit en marche. A peine connectée à internet, elle consulta sa boite mail pour s’apercevoir qu’elle avait reçu un message électronique de Jenny.
A : Linda : Lin@....
De : Jenny : Pinkjen@...
Objet : Des tas de choses à te raconter
Coucou ma chérie,
J’espère que ta journée avec Stanley s’est bien passée même si comme moi tu aurais sans doute préféré une glace chocolat-noix de coco comme on l’aime devant un vieux film ; Bien sur, on ne l’aurait pas vraiment suivi parce que tu aurais écouté ce que j’ai à te raconter. Il a dû se montrer odieux, surtout avec autant de personnes l’admirant en train de pratiquer l’escrime… Mais parlons d’autre chose !
J’ai vécu les plus belles vacances de ma vie ! Bon d’accord, Nice au mois de novembre c’est froid ! Mais n’empêche c’était génial !
As-tu déjà reçu une déclaration d’amour ? Non à part de Stanley je ne crois pas… Alors imagine un garçon génial, assis près de toi sur une plage, le vent froid de novembre balayant tes cheveux et ses yeux posés sur toi comme si tu étais la chose la plus précieuse du monde alors qu’il t’avoue enfin qu’il t’aime… Bon ça fait réchauffé de vieux film, je sais, mais c’est exactement ce qui s’est passé !! Je suis si heureuse ! Et en plus il est dans notre lycée… Tu voudrais savoir qui s’est ? Mystère mystère… tu l’apprendras demain matin en arrivant en cours. Rendez-vous à l’entrée du lycée. On doit les rejoindre près du saule pleureur qui se trouve derrière le gymnase.
Bisous ma belle, je t’adore.
Un sourire éclaira le visage de Linda. Elle était tellement contente pour son amie ! Il faut dire que l’excentricité de cette dernière ne l’aidait pas toujours à se lier avec les autres. Jenny était une jolie blonde aux yeux bleus qui tenait sa beauté de sa mère, ex-mannequin, et son goût pour la couture de son père, styliste de renom. Seulement cette passion la rendait souvent inabordable par les autres et tous ses vêtements étaient assez inhabituels, elle les avait créés elle-même sur le modèle des robes de princesse qu’elle adorait. Voir Jenny en pantalon était une chose que Linda n’imaginait même pas. D’ailleurs, son fond d’écran les représentaient toutes les deux dans un parc d’attraction l’une en jean et pull bordeaux, l’autre en jupette rose à volants et pull blanc tricoté main. Les deux filles se connaissaient depuis le jardin d’enfants et elles ne se voyaient plus l’une sans l’autre ayant vécu presque tout ensemble : le premier jour à l’école primaire, les premiers amours, les premiers concours de couture pour Jenny, les premières évaluations « qui comptaient pour la suite », les premières soirées alcoolisées mais aussi cette journée où tout avait basculé pour la rousse.
En rentrant des cours, elles étaient loin de se douter que Linda trouverait sa mère baignant dans son sang dans la salle de bain. C’était Jenny qui avait fait sortir la rousse de la pièce, qui avait arrêté l’hémorragie en nouant des serviettes autours des poignets de sa mère et en les surélevant et ensuite en téléphonant aux urgences. Rien que pour ce geste, Linda aurait donné sa vie pour sa meilleure amie, alors si on rajoutait tout ce qu’elles avaient partagé, elle se sentait plus liées à la jeune fille blonde qu’à une sœur.
A : Jenny : Pinkjen@...
De : Linda : Lin@...
Objet : Contente pour toi !
Coucou ma chérie !
Je suis très heureuse et crois-moi, impatiente de rencontrer celui qui me vole le cœur de ma meilleure amie ! Il a intérêt à être à la hauteur ! N’oublie pas demain, on a aussi une évaluation de mathématiques…
Bisous, je t’adore.
Elle éteignait son ordinateur portable quand Mona frappa à sa porte pour lui amener son repas. En se levant, elle alluma la télévision avant de venir ouvrir la porte et se saisir du plateau. Elle remercia Mona d’un baiser sur la joue avant de s’enfermer de nouveau dans sa chambre. Un bol fumant remplie de soupe de potiron, de la purée de pois cassés avec un steak de dinde et pour dessert une part de fondant au chocolat fait maison : la vieille femme lui avait préparé son repas préféré, cela voulait dire qu’elle s’inquiétait. Le lendemain, il faudrait la rassurer avant de partir en cours au lycée privé de Sainte Louise.
Elle enfila son pyjama en satin violet avant de s’asseoir dans son lit, le plateau repas sur les genoux, le regard rivé sur le poste de télévision. Le film qui passait parlait d’un couple d’adolescents qui ne parvenaient pas à s’avouer leurs sentiments du fait de leur timidité. Au fil du film, Linda termina son repas, posa son plateau sur la table de chevet de son lit à baldaquin et s’allongea sous les couvertures chaudes et confortables. Alors que la fin heureuse arrivait et que le garçon se penchait à l’oreille de la fille pour lui murmurer un doux et délicat « je t’aime », la jeune rousse s’endormit d’un sommeil profond et réparateur. Quand Mona entra dans la pièce pour éteindre la lumière et récupérer le plateau repas, elle ne se réveilla même pas.
Le rêve qu’elle faisait était bien trop agréable pour qu’elle accepte d’en sortir si facilement : au bord de la plage, elle frissonnait à cause du vent qui soufflait en cette fin de journée mais le garçon aux cheveux bruns qui était à côté d’elle lui passa un bras sur les épaules avant de la serrer contre lui pour la réchauffer. Le songe était si réaliste, qu’elle sentait le souffle de son compagnon dans son cou et elle vit dans l’éclat de ses yeux bleu son propre reflet quand il se pencha vers elle. Il était si beau qu’elle en eut le souffle coupé quand il leva sa main pour venir caresser sa joue rosie par le vent. Se penchant vers elle, il lui murmura de sa voix rauque :
- Je t’aime, si tu savais comme je t’aime…
- Moi aussi Maxence, je t’aime.
Là, alors que le soleil se couchait, il l’embrassa.
*****
Merci Menthe pour les corrections !
Alors vous en pensez quoi? La suite la semaine prochaine?
Oui je sais, c'est sadique de coupé le chapitre à ce moment là... qui a dit que je n'étais pas une sadique? * rire machiavelique*
A vendredi !

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