Bonne lecture !
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Elle, la scène et moi ( partie 1 )
Certains n’étaient peut-être pas nés quand l’histoire que je vais vous raconter a eu lieu. Le mur de Berlin venait de tomber et tous les jeunes avaient l’espoir de vivre un futur meilleur. La vie était belle avant que le stress et le coût de la vie ne nous fassent redescendre sur terre. J’avais vingt ans et je faisais parti d’un groupe de musique assez connu pour l’époque qui réunissait pas mal de monde à ses concerts. Mais j’oublie de me présenter : je m’appelle William, Will pour les intimes et même si quelques cheveux blancs parsèment aujourd’hui ma crinière brune, j’aime à croire que je suis encore séduisant avec mes yeux verts. On dit souvent que mon fils est particulièrement mignon et on lui reconnait une ressemblance avec son père alors je me dis que je dois encore être assez beau. Assez en tout cas pour que ma Leti soit encore amoureuse de moi après plus de 15ans de mariage. Si j’écris ce texte c’est pour mes enfants qui adorent entendre comment se sont rencontrés leurs parents, pour quelles raisons leur père est passé de star de la chanson à vendeur de fleurs dans un petit quartier tranquille de Paris. Peut être liront-ils un jour cette histoire à mes petits enfants…
Tout à commencé en Juin 1990, j’avais 19ans et avec mes amis John et Pierre, nous avions un groupe qui avait un brillant avenir devant lui. John, le bassiste, était un grand blond, petit ami de l’époque et aujourd’hui mari de ma sœur, et Pierre, actuellement directeur d’une grande boite de production, était le calme du groupe avec ses cheveux bruns long et ses lunettes et un joueur de guitare comme on en voit peu. Moi, j’étais la voix, les mélodies, les paroles… en somme j’avais le meilleur rôle, le plus grand nombre de fans et les records de soutiens-gorge lancés pendant les concerts.
Après une quinzaine de date, je m’étais endormi dans ma loge un soir de concert et c’était Marine, ma sœur, qui était venue me réveiller.
- Hé la star de la chanson, debout sinon j’arriverais jamais à discipliner ta tignasse en une heure.
- Je passe en scène dans une heure ?
- Exact.
- Vous auriez du me réveiller avant bon sang !
- T’es pas séduisant quand t’as des cernes et avec ta popularité, ça serait dommage…
- Alors fais-moi beau vilaine ! plaisantais-je.
J’avais et j’ai toujours, une grande complicité avec ma sœur qui m’a accompagné partout et à qui je confiais tous mes secrets. Elle savait par exemple que je sortais d’une peine de cœur avec une des danseuses qui avait pensé que sortir avec deux membres du groupe à la fois était une bonne idée. Pierre s’en était relativement bien remis, pas moi. Et comme dit le proverbe « chat échaudé craint l’eau froide », je n’avais aucune intention de me replonger dans une relation amoureuse. C’était sans compter l’apparition de Leti dans ma vie.
Ce soir-là, je chantais pour la première fois dans une salle parisienne et c’était fantastique. Les fans étaient aux anges et moi j’avais l’impression que des ailes me poussaient dans le dos, j’étais capable de tout, sauf peut être de deviner qu’une camionnette de livraison de fleurs se garait près de la salle de concert. En descendant de scène, j’eu le droit aux habituelles embrassades et ébouriffage de cheveux qui firent disparaitre les efforts de ma sœur pour me rendre présentable. Une serviette sur les épaules, je retournais dans ma loge en chantant. A peine la porte ouverte, une voix féminine s’éleva dans la pièce :
- Ah ba enfin !
Cette exclamation semblait émerger d’un bouquet de roses possédant une paire de jambes féminines enserrées dans un jean.
- Vous m’attendiez ? demandais-je à la femme-bouquet dont le visage émergea sur la gauche de son fardeau. Elle avait de longs cheveux blonds et des yeux marron qui allaient merveilleusement bien avec sa peau blanche, son petit nez et sa bouche rose.
- Un peu que j’attendais ! J’ai d’autres livraisons moi ! Vous donnerez ça à votre patron, me dit-elle en me mettant le bouquet entre les mains. J’ai besoin d’une signature.
- Pour qui sont les fleurs ? tentais-je de savoir en posant le bouquet sur la table de maquillage.
- William Teliaux, je crois… Ils ont tous les même noms ces chanteurs. Je plains les pauvres filles qui gâchent des fortunes en fleurs, enfin c’est aussi grâce à elles que je travaille.
- Pourquoi pauvres filles ? Elles sont juste passionnées.
- Par des garçons qu’elles n’auront jamais, pas parce qu’ils sont célèbres mais parce qu’ils n’existent pas. Ce sont des images que se sont créés des gens comme tous les autres pour justifier un ego surdimensionné.
- J’ai l’impression que vous n’aimez pas particulièrement les chanteurs.
- Juste ceux qui prétendent savoir chanter, me répondit-elle rapidement.
- Comme William ?
Bizarrement, j’avais envie de savoir jusqu’où elle irait dans son raisonnement et plutôt que d’être en colère, cela m’amusait.
- Je ne sais même pas qui s’est, mais vu l’état des filles qui sortent du concert.
- Je vous trouve un peu dure avec lui…
J’essayais de voir si elle allait trouver des circonstances atténuantes à mon « ego surdimensionné ».
- Je fais juste le tri entre le bon et le mauvais, me fut-il dit.
- Donc je suis mauvais ?
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Voila une histoire à suivre la semaine prochaine !
Je tenais aussi à remercier Zefyrane pour son tag sur son blog : Sur les ailes du vent.
Bisous à tous !
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