Me revoila enfin ! Désolée de n'avoir pas posté le texte plus tot, mais je suis actuellement en stage et les horaires ne me permettent pas forcément de faire ce
que je veux quand je veux...
Bref, aujourd'hui je vous présente la première partie d'un texte que j'avais présenté à un concours et qui n'a pas été selectionné... j'espère que vous l'apprécierer quand même ! Bisous et bonne lecture !
Pour toujours ( partie 1 )
Rageusement, Joffrey jeta quelques vêtements dans sa valise ouverte sur son grand lit à baldaquin qui trônait au milieu d’une des plus grandes chambres de l’hôtel particulier des Charbois à Paris. Ce qu’il avait vu ce soir-là lors de la réception l’avait mis hors de lui : tous ces hommes qui avaient tourné autour d’elle, qui l’avaient frôlée dans leurs beaux costumes, qui lui avaient donné des ordres avec des sourires charmeurs, qui avaient admiré sa beauté, tous, il voulait les tuer. C’était son Elise ! Le souvenir de ses baisers, de l’odeur de sa peau chaude suffisait à raviver la rage qui l’habitait lorsque d’autres hommes tournaient autour d’elle. Des autres plus riches que lui, plus vieux aussi, qui pouvaient assumer d’avoir une maîtresse parmi les domestiques, qui pouvaient lui offrir bien plus que lui, qui n’avait pas encore accès à la richesse familiale ! Son père était un vrai tyran… Bien sur il était le fils unique des Charbois, on attendait de lui qu’il épouse une des jeunes filles de la bonne société, mais aucune d’elles n’avait la douce saveur de la domestique. Ses cheveux roux lui tombant jusqu’au creux des reins quand ils étaient détachés et ses yeux noisettes débordants d’innocence avait fait tourner la tête au jeune héritier qu’il était.
Il ferma sa valise puis se passa la main dans ses cheveux blonds qu’il ébouriffa, il détestait devoir les coiffer en arrière comme le voulait son père lorsqu’il organisait une de ses soirées mondaines. Joffrey se dirigea vers la salle de bain en laissant négligemment tomber par terre sa chemise sortie tout droit d’un grand magasin haut de gamme parisien. Il regarda son visage pâle dans la glace. Il avait des cernes (quoi de plus normal à 4 heures du matin ?) et ses yeux bleus étaient rouges sans doute sous l’effet de l’alcool qu’il avait ingéré pour calmer sa colère lors de la soirée. Mais il y avait quelque chose de résolu dans son regard : cette nuit il partait avec elle. Plus jamais il ne voulait avoir peur qu’on la lui prenne et la seule façon de résoudre cela, c’était de se marier avec elle. Cependant, il n’avait aucune chance que son père accepte cette union, il serait même capable de les séparer et de faire du mal à Elise si il apprenait qu’ils avaient une relation. La seule solution était de s’enfuir avec elle. Et cette idée brillante, il fallait qu’il la mette à exécution le soir même. Avec la collaboration de son banquier qui ne pouvait rien refuser à un de ses clients (surtout si celui-ci était assis sur un héritage de plusieurs millions d’euros) il avait vidé le compte en banque que son père lui avait ouvert pour y verser son « argent de poche ». Il enfila rapidement un pull beige et un jean épais : le mois de janvier était plutôt frais. Dans un silence complet, il descendit sa valise dans le garage au sous-sol où attendait son cadeau de Noel : une jolie voiture décapotable noire dernier cri. Il y installa sa valise et une couverture empruntée dans la buanderie lorsqu’il avait traversé la grande maison plongée dans la pénombre et le silence. D’un pas léger, il se dirigea vers les quartiers des domestiques où logeait Elise. Tout-à-coup, une silhouette se détacha devant une porte munie d’une fenêtre. Joffrey reconnut immédiatement Elise qui avait la main sur la poignée, une valise posée à ses pieds.
- Elise ? chuchota-t-il.
- Je m’en vais Joffrey. Je ne supporte plus le regard des femmes sur toi. Leur beauté alors que je suis si insipide...
Elle avait la voix qui tremblait et il l’a vit essuyer les larmes qui perlaient à ses yeux. Il s’approcha d’elle et l’entoura de ses bras. Elise tenta de se dégager mais il la plaqua contre son torse. Des sanglots étouffés résonnèrent douloureusement aux oreilles de Joffrey.
- Laisse-moi partir ! C’est mieux pour nous deux, on s’oubliera… chuchota-t-elle.
- Ne raconte pas de bêtises. T’oublier m’est impossible, tu es gravé dans mon cœur, lui répondit-il tout bas, ses lèvres contre le front de son aimée.
- Mais j’ai mal Joffrey, mal de t’attacher à moi alors que tu mérites plus.
- Je t’ai aussi attaché à un homme qui ne pourra jamais t’assumer devant son père. Arrête de pleurer, reprit-il en essuyant les larmes sur les joues humides de la jeune femme. J’ai une solution : Ce soir, tu pars avec moi, j’ai déjà tout prévu. Tu me fais confiance ?
Elle hocha la tête sans rien dire.
- Alors suis-moi, mais en silence. Il faut éviter de réveiller mon père. Ce soir nous changeons de vie !
Et sur ces mots, il entrelaça ses doigts avec ceux de sa compagne et lui fit traverser la maison endormie. Quand ils arrivèrent au garage, il poussa un soupir de soulagement et serra brièvement Elise contre lui avant de la laisser monter dans la voiture. Joffrey se mit derrière le volant et démarra, troublant avec le bruit du moteur le silence de la demeure. Joffrey avait prévu que leur fuite en voiture ne passerait pas inaperçu mais il comptait sur l’effet de surprise pour s’éloigner le plus possible. La porte automatique du garage à peine ouverte, il accéléra et remonta la rue à une allure folle.
- On est parti, déclara-t-il comme pour s’en convaincre lui-même.
- J’aurais mieux fait de partir seule, tu gâches ta vie Joffrey ! Rentrons !
- Tu me dis ça avec des yeux remplis de larmes et tu crois que je vais t’écouter ? Et puis je ne gâche pas ma vie, je la prends en main ! Je t’aime et on restera ensemble pour toujours !
Quittant le levier de vitesse, sa main vint saisir celle d’Elise et la serra.
- Pour toujours, répéta-t-il. Mon père ne m’empêchera plus de t’embrasser ou de te prendre dans mes bras à n’importe quelle heure de la journée...
- Tu penses que cette fugue insensée réussira ?
- Oui, c’est possible. Tu veux rentrer ? demanda-t-il un instant paniqué à l’idée qu’elle pouvait avoir peur de fuir avec lui.
- Non je ne veux pas même si ce serait plus raisonnable. Je veux rester avec toi ! Je t’aime !
- Je t’aime aussi, on restera ensemble.
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