Liste des textes

Ce que l'on vit lors d'un rêve
( texte long - Terminé )

Douces sont tes plumes
( texte court - Terminé)

Elle, la scène et moi
( texte court - Terminé)

La perle rare
( texte court - Terminé?)

Le dernier jour
( texte court - Terminé)

Petite soeur
( texte long- En cours)

Poème
( ensemble de poèmes...)

Pour toujours
( texte court - Terminé)

Recueil de vies, Recueil d'envies
( Textes courts, en cours, coprod Mohnn, interdit aux -18ans)

Si la vie ne tenait qu'à un rubis
( Mon premier texte long - Terminé )

Trompeuses apparences

( Texte long- En cours)

Une idée pas si mauvaise
( Texte court - Terminé )


Ce que l'on vit lors d'un rêve

Vendredi 28 mars 2008
Coucou tout le monde ! Voila ma nouvelle histoire qui j'espère vous plaira. Je sors un peu de mon univers de princesses et chevaliers pour vous confier ce récit un peu plus actuel mais où je laisse quand même la part à la magie et au surnaturel. Bises à tous et bonne lecture !


Prologue

 

            Il existe des songes que l’on oublie sitôt éveillé, qui nous laissent une impression de déjà vu, de déjà vécu… cette histoire est celle d’un rêve qui vient se mélanger à la réalité, sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, mais a-t-ont une raison d’oublier ce que l’on vit lorsque l’on dort ?

 

 

 

- Léo… réveille toi, faut qu’on se lève ou on va être en retard.

Il avait une voix ensommeillée et semblait aussi peu motivé que sa sœur qui cachait sa tête sous l’oreiller. Il faisait sombre dans la chambre où le réveil sonnait depuis plus de 10 minutes. Le soleil filtrait par l’interstice qui existait entre les rideaux, illuminant le bureau où s’amassaient des livres, des vêtements, des stylos…

            Un coup discret à la porte se fit entendre et sans attendre de réponse, un homme brun d’une quarantaine d’années entra dans la pièce et, d’un geste décidé, ouvrit les rideaux laissant pénétrer les pales rayons du soleil de septembre. Alors que des grognements s’échappaient du lit où les deux silhouettes d’adolescents étaient allongées, il éteignit le réveil et tira sur le bas de la couette, découvrant ses deux enfants par la même occasion. Puis les mains sur les hanches, il déclara d’une voix forte pour finir de les réveiller :

- On se réveille ou j’apporte un seau d’eau ! A votre âge, on ne dort plus ensemble quand on est frère et sœur… je vous jure, on dirait des gosses…

- Papa, gémit Léonore en sortant la tête de sous son oreiller, t’es méchant avec nous…

Le gros nounours qui s’étalait sur sa chemise de nuit bleue clair lui donnait presque l’air d’une gamine.

- Non je veux juste que vous arriviez à l’heure pour la rentrée. Vous n’oubliez pas je rentre tard ce soir. Sur ce debout, sinon vous pourrez dire adieu à votre petit-déjeuner.

Il quitta la pièce, laissant à sa fille le soin de réveiller son frère. D’un geste de la main, elle repoussa les longues mèches blondes qui cachaient l’éclat de ses yeux bleus qu’elle frotta vigoureusement. Puis tout en s’étirant, la jeune fille ébouriffa les cheveux roux de son frère qui se retourna sur le ventre en grommelant. Avec sa carrure imposante et sa tignasse jamais disciplinée, il était le portrait craché de leur père qui s’appelait Louis. Elle-même ressemblait plutôt à leur mère, morte trois ans auparavant d’un cancer de l’ovaire. Si son décès avait profondément affecté l’ensemble des membres de cette famille, c’était chez Oliver, le frère de Léonore, que cela c’était le plus ressenti. Quand sa mère avait commencé une chimiothérapie sans grand espoir de guérison, il avait fait bonne figure, se faisant dur, presque insensible, puis à son décès, c’était comme si on avait libéré un fauve en cage. A 14 ans, il devint l’un des garçons les plus redoutés de la ville : violent, agressif, sans aucun scrupule, le poste de police était vite devenu un lieu commun pour son père qui devait venir le chercher à chaque incartade. Puis l’année d’avant, il était revenu sur le droit chemin. Seuls lui et sa sœur savaient pourquoi, mais ils leur étaient souvent douloureux d’en parler. Comment ne pas se rappeler ce souvenir sans en souffrir ?  Ce jour-là un caïd avait pris Léo comme objet de pression sur Olivier. Ce dernier s’était fait passer à tabac pour éviter à sa soeur d’être blessée. Pour eux, c’était un souvenir aussi douloureux que la mort de leur mère parce qu’à ce moment là, ils avaient eu peur de se perdre l’un l’autre. Malheureusement, une légère cicatrice était restée sur la peau fine du cou de la jeune fille, souvenir de la pression de la lame sur sa gorge quand elle avait voulu aider son frère.  Depuis, un lien très fort s’était créé entre eux, elle était son soutien, son petit plus qui l’empêchait de sombrer dans la violence et lui il était celui qu’elle avait l’impression de ne pas avoir pu consoler et protéger.

            De ses yeux rougis par un réveil intempestif, elle lança un regard mauvais au réveil et sursauta : si ils n’étaient pas près dans les 20 minutes, ils allaient devoir aller à pied jusqu’au lycée !

- Olivier ! cria-t-elle à son frère. J’utilise la salle de bain en premier !

Un nouveau grognement lui répondit.

 

            Après avoir enfilé une petite robe bleue pour elle et un ensemble jean et t-shirt noir pour lui, ils sortirent en courant et de justesse, ils réussirent à rentrer dans le bus déjà bonder ou les attendaient Alexis et Sandrine, des amis qu’ils connaissaient depuis un bon bout de temps. Ils entamèrent de suite une discussion bruyante comme seuls des amis qui ne se sont pas vu depuis deux longs mois de vacances peuvent en avoir mais cela ne gêna personne dans l’autobus où des dizaines de lycéens étaient pressés de se raconter leurs histoires d’été. L’un des sujets qui mettaient en ébullition les esprits des jeunes adolescents était l’arrivée de la fille d’Albert Duchesnay dans leur lycée.  Personne dans la petite ville de Laïe-sur-forêt n’ignorait que le grand entrepreneur milliardaire avait choisi de s’installer dans la région afin d’échapper au stress de Paris et pour se reposer après son arrêt cardiaque. La grande maison qu’il s’était faite construire arborait déjà le nom de son propriétaire sur la plaque dorée de la sonnette et on avait vu deux enfants y pénétrer, une adolescente d’environ 16ans et un petit garçon à peine plus haut que trois pommes : les enfants Duchesnay, sans aucune doute. Mais le milliardaire n’avait jamais dévoilé sa vie privée dans les journaux aussi personne ne savait vraiment à quoi il ressemblait lui et de quoi avaient l’air ses enfants. Et depuis 2 semaines, une rumeur disait que sa fille était venue s’inscrire au lycée ! De quoi donner à raconter ! Ceux qui ne l’avaient pas vu s’imaginaient déjà une grande pimbêche blonde et ceux qui l’avaient aperçue comme Sandrine  n’en parlait que comme une jeune fille très simple.

            Le quatuor fut interrompu dans sa conversation par l’ouverture des portes du bus. Ils n’eurent que quelques pas à faire pour arriver devant les listes d’élèves des nouvelles classes pour cette rentrée. Oliver lisait lentement les noms devant lui : les professeurs avaient choisi de ne pas le séparer de sa sœur : bien qu’il ait un an de plus qu’elle, son année de vandalisme lui avait laissé un sérieux retard scolaire et cela lui avait fait redoubler son année de troisième le faisant atterrir au même niveau que Léo. Les noms d’Alexis et de Sandrine figuraient eux aussi dans la liste ainsi que celui de Johanna Duchesnay ! Ainsi la fille du milliardaire allait être dans la classe de première d’Olivier. Le jeune roux tenta de l’imaginer comme Sandrine la lui avait décrite mais rien ne pouvait lui faire décrocher de l’image de grande blonde décolorée qu’il s’en faisait. Il en fut d’autant plus surpris quand il vit arriver une jeune fille aux cheveux bruns retenus en un chignon simple qui dégagait son visage fin, éclairé par deux grands yeux bleus sans une once de maquillage. Elle portait un simple pull rose qui ne mettait pas en valeur sa silhouette élancée. A la voir, on ne pouvait pas deviner qu’elle était la fille d’un milliardaire. Pourtant, Olivier ne pouvait pas se tromper : elle venait de se placer devant la liste de sa classe et  il connaissait les visages de tout les noms sur la liste sauf celui de Johanna Duchesnay. La petite fille de riche semblait anxieuse remarqua-t-il.

 

            Et il avait raison. Jamais encore elle ne s’était sentie autant observée de sa vie. Elle sentait tous les regards curieux des jeunes gens posés sur elle, il faut dire que les filles d’entrepreneur aussi riche que son père ne courraient pas les rues et son arrivée avec deux gardes du corps avait fait sensation. Elle espérait qu’elle pourrait bientôt convaincre ses parents de la laisser faire seule les 5minutes à pied qui séparait sa maison du lycée. Déjà qu’ils la forçaient à aller au lycée public avec des gens qu’elle ne connaissait pas pour soi disant « connaître la vrai vie des travailleurs qui gagnaient leur vie et pour se faire des amis autres que les petits bourgeois de Paris » comme disait son père.  Mais premièrement, elle n’était amie avec personne à Paris, et deuxièmement elle avait l’impression que jamais elle ne pourrait avoir des liens avec les adolescents qui l’entouraient. Pas un seul d’entre eux ne tentait de lui parler ou de l’approcher. Elle sentit un pincement au cœur en voyant tout ces jeunes si proches les uns des autres alors qu’elle ne connaissait personne. Tout à coup, le groupe de sa classe se déplaça en suivant une petite dame rondelette qui semblait être leur nouveau professeur principal. Alors qu’elle avançait, Johanna pouvait entendre des discussions dont elle était sans nulle doute le sujet ce qui fit monter son anxiété d’un cran. Elle était tellement male à l’aise  qu’elle faillit tomber en manquant une marche de l’escalier qu’ils montaient, mais quelqu’un la retint pas le bras. Quand elle jeta un regard en arrière pour remercier la personne qui l’avait aidée, elle croisa le regard vert d’un jeune homme aux cheveux roux.

- Ca va ? lui demanda-t-il d’une voix grave qu’elle jugea plutôt agréable. 

- Très bien, merci, babultia-t-elle en remontant ses lunettes sur son nez.

- Olivier arrête de draguer la nouvelle !

C’était une jeune fille blonde qui venait de parler alors qu’elle s’approchait d’eux en montant les quelques marches qui les séparaient.

-Je m’appelle Léonore, mais tu peux m’appeler Léo, reprit la jeune fille. Enchantée de faire ta connaissance. Johanna, c’est bien ça ?

-Oui, c’est ça.

- Tu veux  venir boire un verre avec nous après les cours ? Le café est juste en face du lycée.

- J’aimerais bien mais il y a mes gardes du corps… commença la brune.

- T’inquiète pas, la rassura Léo. Ils pourront s’installer à côté de nous !

- T’es sure ? l’interrogea Johanna stupéfaite par la sympathie que semblait lui témoigner son interlocutrice.

- Bien sur, on pourra faire connaissance ! On se retrouve  devant le lycée après les cours ! Au fait Olivier, 18 heures après l’entraînement de foot au même endroit que d’habitude ?

- Ouai, pas de problème.

-Bon, je file retrouver Sandrine ou elle va entrer en classe sans moi!

            Sur ces mots, Léo s’éloigna d’un pas rapide vers une petite brune avec qui elle entama une discussion animée. Johanna l’envia. Cette fille semblait bien dans sa peau, à l’aise avec tout le monde et en particulier avec le jeune homme roux qui la fixait des yeux. Elle rougit sous le regard insistant et il crut bon d’ajouter :

- Léo est toujours pleine d’énergie, tu t’y habitueras vite. Bon bah je te laisse moi aussi. A plus tard.

            Il avait une démarche chaloupée. « Agréable à la vue » songea Johanna.  Le rouge lui monta de nouveau aux joues quand elle se rendit compte de ce à quoi elle pensait : Olivier lui plaisait ! Elle n’eut heureusement pas le temps de ses poser des questions, sa classe entrait déjà dans une salle où ils allaient passé trois heures à feuilleter le règlement intérieur en vigueur depuis des années dans l’établissement.

 

            Les deux gardes du corps acceptèrent d’accompagner Johanna jusqu’au café mais seulement après avoir eu l’autorisation de leur patron : Albert Duchesnay qui fut ravi d’apprendre que sa fille se faisait des amies. C’est ainsi que Johanna se retrouva assise dans le petit café « L’Arc-en-ciel » entre Sandrine et Léo, ses gardes du corps assis une table plus loin. Gênée, Johanna n’osait pas parler et se fut Bertrand, le gérant du café qui entama la discussion avec les trois filles.

- T’en fais pas ma belle, je les aime déjà tes molosses ! En plus ils ont l’air d’apprécier le cocktail spécial de la maison : le «  Ciel bleu ». Ca te dit d’essayer ?

Le bonhomme aux cheveux blanc et au ventre rond souligné pas un tablier blanc mis en confiance la fille de milliardaire et c’est naturellement qu’elle lui répondit avec un grand sourire :

- Avec plaisir. C’est sans alcool ?

- Bien sur, j’ai une clientèle de mineurs. Tu dois avoir une quinzaine d’année non ? lui demanda-t-il en allant jusqu’à son bar de toutes les couleurs qui valait son nom à l’établissement. Il commença à remplir trois verres sous l’œil attentif des gardes du corps alors qu’elle lui répondait :

- J’ai 16 ans.

- Comme Léo et Sandrine alors. D’ailleurs, comment ça c’est passé vos vacances les filles ?

- On est parti camper avec Alexis, répondit Sandrine l’air dépité. Et il ne s’est rien passé ! Je vais devenir folle si il ne se décide pas.

- Tu devrais peut-être en parler avec mon frère, c’est le meilleur ami d’Alexis, lui conseilla Léo.

- C’est vrai que si Olivier lui en parlait, ça pourrait faire avancer les choses, acquiesça Bertrand en déposant les verres remplis d’un liquide bleu sur la table.

- Olivier est ton frère ? interrogea Johanna qui se souvenait du visage du jeune homme au t-shirt noir comme si il était à côté d’elle.

- Oui, il a un an de plus que moi mais il a redoublé.

- Fais attention, ces deux là sont encore plus liés que les doigts de la main, commenta Sandrine en sirotant son Ciel bleu.

- Je suis très attachée à mon frère et il a besoin de moi, surtout depuis le décès de notre mère. Il a besoin de moi pour ne pas se remettre à faire des conneries.

- Je n’en suis pas si sûr, lui répondit Bertrand. Bon Johanna, goûte moi mon cocktail pour que je sache ce que tu en penses !

La jeune fille approcha timidement le verre de ses lèvres et goûta le breuvage sucré aux notes de banane. Elle fit un grand sourire au propriétaire du café qui, satisfait, se remit en place derrière son bar multicolore. Sandrine, très bavarde comme le constata Johanna, reprit alors la conversation sous forme d’un monologue coupé par quelques questions de Léo. Pendant une vingtaine de minutes, il fut question d’Alexis, le meilleur ami d’Oliver, qui n’arrivait pas  à franchir le pas avec Sandrine. Ils avaient pourtant passé deux mois ensemble et tout le monde savait qu’il était profondément amoureux de la jeune fille. Léo suggérait pour la quatrième fois à son amie d’en parler avec son frère quand les gardes du corps de Johanna montrèrent des signes d’impatience. Léo jeta un coup d’œil à sa montre et s’exclama :

- Il est déjà 18 heures ! Je vais être en retard pour retrouver Olivier !

- Encore heureux que t’as personne dans ta vie, nota Sandrine. Sinon tu n’aurais pas assez de temps pour t’occuper de lui et de ton frère !

- Tant qu’il aura besoin de moi, je serais présente. Bon on ferait bien d’y aller ou sinon tu vas louper ton rendez-vous avec Alexis toi aussi.

Elles sortirent toutes les trois du café, suivies de près par les deux gardiens de Johanna. Sandrine partit en courant de son côté alors que les deux autres jeunes filles prenaient une direction différente pour se séparer quelques mètres plus tard sans oublier de se promettre qu’elles referaient une sortie dès que possible.

            Johanna, toujours escortée, marchait depuis à peine quelques secondes quand elle entendit un crissement de pneu suivi d’un grand cri. Prise de panique, elle se rendit compte que le bruit venait de l’endroit où elle s’était séparée de  Léo. Sans réfléchir, elle courut dans la direction du bruit. Stupéfaite, elle trouva la jeune blonde allongée sur le sol, inconsciente. Près d’elle, Olivier semblait sous le choc.

             Mais, en vérité, c’était encore pire. Il semblait au jeune homme que toutes ses pensées s’étaient arrêtées. Il avait beau crier, sa sœur ne lui répondait pas, elle gardait obstinément les yeux fermés. Il ne parvenait pas à croire ce qu’il venait de voir. L’instant d’avant, elle riait en traversant la rue sur le passage piéton et maintenant elle gisait inerte sur le goudron. Il avait à peine eu le temps d’apercevoir la voiture qui n’avait pas pris la peine de ralentir en traversant le passage clouté, fauchant Léo par la même occasion.

            Déjà, des gens se regroupaient autour d’eux alors qu’il s’agenouillait près du corps de sa sœur dont la poitrine se soulevait légèrement : elle était vivante ! Il tendit la main pour la toucher quand on l’en empêcha par une pression sur l’épaule. Il se retourna et fit face à un grand homme brun aux tempes grisonnantes.

- Je suis médecin, lui dit-il. Laisse moi faire, petit.

L’homme s’agenouilla près du corps de Léo alors que la foule voulant savoir ce qu’il se passait, éloignait de plus en plus Oliver de sa sœur. L’adolescent hurlait pour qu’on le laisse revenir auprès de sa sœur. Il levait le bras pour frapper quand quelqu’un le lui agrippa et alors qu’il tentait de se libérer, il croisa le regard bleu de la jeune fille qui le retenait. D’une voix calme elle déclara :

- Olivier, calme toi. La violence n’arrangera rien et il est médecin, il est plus capable que toi d’aider ta sœur.

Il eut vaguement conscience qu’il la connaissait mais aucun souvenir ne parvenait à émerger de ses pensées confuses. Sans vraiment savoir pourquoi, il attira cette jeune fille si calme dans ses bras et explosa en sanglots. Au moment où sa sœur en avait le plus besoin, il était incapable de se ressaisir et de faire quelque chose pour l’aider.

*****
Voila j'espère que cette nouvelle histoire vous plait, elle nous accompagnera pour deux mois ;). Bisouilles à tous et à la semaine prochaine !

 

Par Padidu
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Vendredi 4 avril 2008
Pour cette nouvelle semaine, voici le deuxième chapitre de l'histoire de " Ce que l'on vit lors d'un rêve". Leo vient d'avoir un accident sous les yeux de son frère impuissant. Dans quel état se trouve-t-elle? La réponse dans cette suite. Bonne lecture !

Chapitre 2 : Ceux qui restent éveillés

 

            Ils attendaient dans un long couloir où les gens passaient devant eux sans même les voir. Depuis presque une heure, un silence inquiet régnait entre les deux adolescents. Johanna jeta un coup d’œil inquiet à son compagnon, qui assis à côté d’elle, se tenait la tête entre les mains. Il avait l’air livide, ses cheveux roux accentuant encore plus son tin maladif et il avait le même faciès désespéré que quand il l’avait saisie par le poignet pour la faire monter dans l’ambulance avec lui. Elle posa la main sur son épaule et lui tendit le chocolat que venait de lui apporter son garde du corps, l’autre étant rentré pour faire un compte-rendu détaillé de la situation à leur patron. Le regard vide comme si il ne la voyait pas, Oliver se saisit du gobelet et murmura :

- Merci.

- De rien, répondit Johanna avec douceur de peur qu’il ne retombe dans le mutisme dans lequel il se maintenait depuis leur arrivée à l’hôpital.

- Pas seulement pour ça. Olivier tourna la tête vers elle et la regarda dans les yeux. Je te remercie d’être rester avec moi.

- Tu n’as pas à me remercier. J’étais avec Léo juste avant l’accident et…

Elle se stoppa devant le rictus douloureux qui déforma les traits du jeune homme avant qu’il ne replonge sa tête entre ses mains

- Si elle part comme ma mère, je n’aurais plus personne à protéger, à qui me retenir… je pourrais plus, murmura-t-il. Je n’ai pas réussi a la protéger, encore une… Si elle n’est plus là, je pourrai pas me contrôler, je n’arriverai pas à me calmer… Je ne veux pas qu’elle s’en aille, je ne veux pas qu’elle m’abandonne !

C’est alors que Johanna se leva et vint se placer devant lui. Ses doigts se mêlèrent a ceux d’Oliver qui enserraient son crâne. Elle se pencha sur la tête du jeune homme et en essayant de lui faire relâcher la pression qu’il exerçait avec ses mains, elle lui dit tout bas :

- Tu n’y es pour rien et elle reviendra. Elle est forte et elle dégage tant de vie. Elle ne voudrait pas te voir comme ça, elle mérite mieux que de te voir dans cet état.

Il posa la tête sur le ventre de la jeune fille et démêlant ses doigts de ceux de Johanna, il lui enserra les hanches de ses bras. De loin, il entendait son cœur, un bruit régulier et apaisant au milieu du cauchemar qu’il vivait. Puis se fut sa voix, douce et mélodieuse qui parvint à ses oreilles : elle lui disait d’être calme, que tout allait finir par s’arranger, et lui, il la croyait. Il sentait ses doigts fins qui se perdaient dans ses cheveux, l’odeur légère qu’elle dégageait, l’intonation douce qu’elle utilisait pour parler : tout chez elle n’était que douceur et calme. Sa sérénité contribuait à enlever une partie de la tension qui habitait le roux. Il était loin de se douter de l’état anxieux dans lequel elle se trouvait. Elle sentait qu’il souffrait et ne savait pas quoi faire. Son calme, il était fabriqué de toute pièce car si elle se mettait à crier et à pleurer que ferait Olivier, lui qui était le frère de l’accidentée ?

- Olivier, que s’est-il passé ?

            Les mains de Johanna s’éloignèrent instantanément des cheveux dans lesquels elles s’étaient perdues, rompant le cercle apaisant qu’elles avaient créé. Il leva la tête pour croiser le regard inquiet de son père qui arrivait en courant dans le couloir. Ses cheveux roux  étaient ébouriffés, son costume habituellement impeccable était froissé,  tout chez lui évoquait la panique. Celle de perdre sa fille… de devoir faire un nouveau deuil dont il ne pourrait pas se remettre cette fois ci. Il saisit son fils par les épaules et, plongeant son regard dans celui du garçon, il répéta sa question :

- Que s’est-il passé ?

- C’était un accident papa… répondit Oliver. Il avait du mal à trouver ses mots tant la situation lui semblait encore irréelle. Il chercha des yeux Johanna qui affichait une expression de calme, il prit une grande bouffé d’air avant d’expliquer :

- Elle était en train de traverser la rue quand la voiture l’a fauché… sa voix s’enroua mais il reprit quand même : Elle était inconsciente après l’impact.

- Les médecins vous ont dit quelque chose depuis ? demanda Louis d’une voix cassée par l’émotion qui ressemblait vaguement à celle de son fils.

- Rien, ça fait une heure qu’on attends ici… je vais devenir fou Papa, faut pas qu’elle nous abandonne. J’ai rien pu faire pour elle… j’aurais du l’aider, lui éviter ça…

- Tu penses qu’on serait mieux si tu étais passé sous les roues à sa place ?  lui demanda calmement Johanna les yeux fixés sur le duo père-fils. Tu ne pouvais rien faire Olivier, rien sauf mettre ta vie en danger et je pense que ton père est soulagé que toi au moins tu n’ais rien.

Tout à coup comme si elle prenait conscience de ses paroles un peu sèche, elle se tut puis reprit d’une voix basse :

- Je suis désolée, je n’aurais pas du…

- Au contraire, vous avez très bien cerné la situation jeune fille, la rassura Louis. Olivier, que se soit toi ou ta sœur, je ne veux pas vous voir blessée. Faut qu’on se sert les coudes maintenant tout les deux ! dit-il en serra son fils contre lui.

- Elle s’en sortira hein ?

- C’est pas ma fille et ta sœur pour rien… j’ai peur moi aussi fiston, mais faut lui faire confiance.

- C’est vrai Olivier, affirma Johanna, Garde espoir ! Maintenant que ton père est là, je vais devoir y aller, mes parents sont au courant mais ils vont s’inquiéter si je rentre trop tard.

Elle allait se saisir de son sac posé sur la chaise quand Olivier lui saisit le poignet, la suppliant des yeux.

- Reste, s’il te plait.

- Si vous pouviez rester encore une petite heure, la pria Louis. Vous avez réussi à le maintenir calme jusqu'à ce que j’arrive mais j’ai peur de ne pas me pouvoir contenir mon angoisse et la sienne.

- D’accord. Mais à 21heures je devrai absolument m’en aller

- Merci, murmura Olivier dans un souffle en relâchant doucement l’étreinte de ses doigts autour du poignet fin de la jeune fille.

            Une heure passa, et pendant ce temps où ses compagnons restèrent silencieux, elle les observa. La similitude entre le père et le fils sautait aux yeux et leurs expressions similaires faisaient peine à voir. Ils avaient les traits qui s’affaissaient sous l’anxiété et quelque part, elle se sentait mal d’assister à leur détresse même si on lui avait demandé et surtout d’avoir le cœur qui s’accélérait à ce point quand elle croisait le regard vert du jeune homme.

            Elle avait sentit une palpitation quand il l’avait prise dans ses bras pour pleurer dans la rue et bien qu’elle eut mal pour lui, elle s’était sentie comme transportée et cela avait été grisant. Et pour cela, elle s’en voulait. Puis il y avait eu ce moment dans le couloir, celui ou elle avait entrelacé ses doigts dans ses cheveux simplement pour être proche de lui, alors qu’il semblait plongé dans l’abysse de la tristesse. Johanna avait l’impression de profiter de ce moment de faiblesse d’Olivier pour apprendre à le connaître, pour se rapprocher de lui. La jeune fille avait mal de se sentir aussi coupable mais ne pouvait se détacher de lui tant qu’il la suppliait du regard.

            Pour s’occuper et éviter de ruminer cette pensée de culpabilité, elle se leva au bout d’une heure pour tenter de trouver de quoi réchauffer les corps des deux hommes certainement glacés par l’angoisse de l’attente. Elle acheta deux cafés sans vraiment savoir si ils aimaient ça, mais il fallait qu’elle fasse quelque chose pour atténuer le sentiment d’anxiété qui régnait autour d’eux. Elle doutait de l’effet de deux gobelets remplis de liquide chaud sur leur moral mais au moins, ils sauraient qu’elle était là pour les soutenir et pas seulement pour profiter de leur souffrance. 

            Quand elle revint avec les boissons, elle les trouva cependant en pleine discussion et n’osa pas s’approcher de peur de briser leur dialogue. Elle se cacha derrière un renfoncement de mur qui donnait sur un couloir.

- Papa, je te promets que ça ira…

- Tu me disais aussi que ça allait quand je venais te chercher au poste de Police. Et en ce moment j’ai vraiment pas besoin de ça Olivier…

- Ouai, je sais mais, je te rassure, j’ai pas envie de retomber dans les même travers. Tu sais, si je m’en suis sorti c’est grâce à elle.

- Je n’ai jamais su ce qui s’était passé quand vous êtes rentrés ce jour là et que ma fille avait une jolie balafre dans le cou et que j’ai du emmener mon fils aux urgences… mais je sais que ça t’as fait changer, tu es devenu quelqu’un de bien malgré tout.

- Elle m’a ouvert les yeux, elle m’a prouvé qu’il y avait encore quelque chose auquel je tenais… Et que je n’avais pas le droit de salir le travail de Maman pour que notre famille aille bien.

- Je ne veux pas que tu dérapes encore une fois fiston surtout que Leo ne pourra pas venir te chercher cette fois.

- C’est peut-être l’occasion de lui prouver que j’ai plus besoin d’elle. Qu’elle peut vivre un peu sa vie… enfin si elle s’en sort…

Les sons étouffés qui suivirent firent comprendre à qu’Olivier pleurait. Elle ne chercha pas vraiment à comprendre le dialogue qu’elle avait entendu : c’était trop intime, et elle s’était déjà assez immiscée dans leur vie. Elle attendit dix minutes pour laisser la crise de larmes du jeune homme s’arrêter et décida de sortir de sa cachette. Quand elle leur remit ce qu’elle était allée chercher, elle constata que le breuvage était froid. Si ils le remarquèrent, ils ne dirent rien, comprenant peut-être que son absence prolongée n’était pas seulement due au hasard.

            Une heure passa, puis une deuxième. L’aiguille de la pendule du couloir indiqua 21 heures et Johanna dut se résoudre à partir malgré la douleur qui émanait de ses deux hommes complètements abattus. Elle leur laissa cependant son numéro de téléphone, les obligeant à appeler en cas de problème. Quand elle se saisit de son sac, George, le chauffeur du M. Duchesnay attendait déjà la fille de son patron à l’autre bout du couloir. Elle nota vaguement l’air blafard du domestique mais son inquiétude pour ceux qu’elle laissait dans les couloirs surpassait tout autre forme de pensée.

 

            Olivier et Louis restèrent encore assis 2 heures avant qu’une petite femme ne vienne les voir. Elle ressemblait typiquement aux genres de femmes actives et toujours souriantes mais dans ce cas là, son visage n’augurait rien de bon.
- Monsieur Gauthier ? demanda-t-elle puis, après un bref signe de la tête du plus vieux elle continua : J’ai des nouvelles de votre fille.
- C’est-à-dire ? l’interrogea Louis.
- Elle a une fracture de tibia et quelques ecchymoses.Les derniers examens montrent qu’il n’y a aucune atteinte au niveau cérébrale mais elle est encore plongée dans l’inconscience…
- Mais elle va se réveiller n’est-ce pas ?
- Sans connaitre la source de ses troubles, nous ne pouvons pas vraiment nous prononcer. Si vous voulez la voir, je vais vous mener jusqu’à sa chambre…

Comme un automate, Olivier suivit son père et le médecin dans les couloirs. On les fit se laver les mains et revêtirent des casaques en leur expliquant qu’il faudrait le faire à chaque fois qu’ils viendraient voir Léo : à demi-mot il fallait comprendre qu’elle resterait peut-être un long moment dans son état de demi-vie. L’esprit du jeune roux semblait avoir du mal à accepter la situation : sa sœur était dans le coma. Ni morte, ni vivante elle était entre les deux états. C’est quand la porte de la chambre s’ouvrit et qu’il aperçut le corps comme endormi de Léo que l’information se fit claire. Des tubes venaient de partout, reliés à ses bras, à sa bouche…Elle avait des ecchymoses sur les bras et un bleu sous l’œil. Son père et lui entrèrent silencieusement dans la pièce ou les machines émettaient un bourdonnement continu.

- Parlez lui, stimulez là le plus possible c’est ainsi qu’elle trouvera le chemin pour sortir de son état, leur conseilla le médecin alors qu’elle les laissait seuls dans la pièce.


****

Voila pour cette semaine. J'espere que le texte vous a plu. Ainsi que les petites modifications du design ^^.
J'espère avoir vos avis sur cette nouvelle publication.

Bises, à la semaine prochaine pour la suite !

Par Padidu
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Vendredi 11 avril 2008
Bonjour tout le monde ! Voila pour cette semaine la première partie du chapitre 3 qui vous reserve une petite surprise!
Bonne lecture !

 

 


Chapitre 3 : Quand le rêve commence... ( partie 1 )


            Elle eut la sensation de faire une grande chute et se réveilla en sursaut. Les yeux grands ouverts, elle scruta la pièce ou elle se trouvait. Les instruments et ses derniers souvenirs lui firent comprendre qu’elle se trouvait à l’hôpital. Elle se releva et fut surprise de constater qu’aucune douleur ne se manifeste. Le choc avait pourtant été brutal. Le visage du conducteur, le pare-brise, le bitume, c’étaient les dernières choses qu’elle avait vues. Le hurlement de son frère, le dernier son. Puis il y avait eu le goût du sang dans la bouche et enfin le trou noir.

            Elle abaissa l’une des barrières de son lit puis posa les pieds au sol avant de se relever. Un peu dans le brouillard, elle se passa une main devant les yeux et s’étira. C’est alors que quelque chose l’interpella : elle entendait le son des machines et voyait des fils qui allaient jusqu’au lit mais aucun n’étaient reliés à son corps. Elle se retourna alors pour voir si elle n’avait pas arraché quelque chose qui serait alors resté dans le lit. Ce fut à ce moment-là qu’elle eut le plus grand choc de toute sa vie : allongé en face d’elle, son corps semblait plongé dans un profond sommeil. Son visage livide avait presque la même couleur que l’oreiller et un tube sortait de sa bouche. Que se passait-il donc ? Elle se repassa une main sur le visage pour bien vérifier qu’elle était là. Elle ferma les yeux puis les rouvrit sans que la silhouette allongée devant elle ne disparaisse. Pourquoi son corps était-il allongé sur le lit alors qu’elle était debout au milieu de la chambre ? Elle approcha la main du visage de l’endormie mais s’arrêta dans son mouvement. La porte de la chambre venait de s’ouvrir et la jeune fille s’écarta du lit pour se diriger vers le visiteur qui n’était autre que son père. Cependant, celui-ci, n’écarta pas les bras pour embrasser sa fille, ne fit pas un seul mouvement pour se dévier de la trajectoire sur laquelle elle se trouvait et finit par traverser le corps de la jeune fille. Léo se sentit complètement déboussolée et tituba un instant tant cette expérience était anormale. C’était comme lorsqu’elle avait sauté à l’élastique avec Olivier en août, elle avait les jambes qui tremblaient, sa vision se troublait et surtout il y avait l’impression de faire une chute mais sans l’élastique qui la ramènerait à saine et sauve.

            Son frère entra à son tour dans la chambre et, sans un regard pour sa sœur, il vint se poster près de son père qui serrait la main de Léonore entre les siennes. Ou plutôt la main du corps de sa fille. Léo était perdue, déboussolée. Elle tenta de poser sa main tremblante sur l’épaule d’Olivier  mais elle la vit entrer dans le corps du jeune homme. Et de nouveau, la blonde ressentit cette impression de tomber dans le vide. Comme si elle s’était brûlée, l’adolescente eut un mouvement de recul.

- Papa ! Oliver ! murmura-t-elle désespérée. Mais ils ne l’entendirent pas, ils n’eurent aucune réaction. Elle eut une lueur d’espoir quand le visage de son père se crispa mais il plongea sa tête dans le matelas près de la main du corps de Léo avant de murmurer :

- Hier soir, je ne voulais pas y croire et ce matin j’ai voulu me convaincre que c’était un cauchemar mais… elle est là, allongée sur le lit à la même place que ta mère, et je suis toujours aussi impuissant…

- Elle reviendra Papa, elle peut pas nous abandonner, murmura Olivier d’une voix tremblante comme si il voulait lui-même se convaincre de ce qu’il venait de dire.

- Oliver je suis là ! lui répondit inutilement Léonore. Juste à côté de toi, je ne t’abandonne pas ! Je t’en prie regarde moi !

            Elle tenta de nouveau de toucher son frère mais n’attrapa que du vide entre ses doigts et une sensation de nausée à force de se sentir tomber dans le vide. S’en fut trop pour elle. Les yeux emplis de larmes, elle sortit de la chambre sans que personne ne remarque la porte qui s’était ouverte apparemment toute seule.

 

            Léo déambula dans les couloirs cherchant… quelque chose, quelqu’un, elle n’en savait rien à vrai dire. Tout à coup, une infirmière surgit d’un couloir et la jeune fille ne put l’éviter à temps : elle traversa le corps de la femme. La jeune blonde resta un instant déboussolée et s’assit sur une chaise qui se trouvait là, près d’une machine à café, tout en ignorant que c’était à cette même place que son frère et Johanna s’étaient tenus. Elle prit de grandes inspirations pour dissiper la sensation de chute qui se faisait de moins en moins forte. C’était horrible mais moins fort que quand elle avait traversé son père. Pouvait-on s’habituer à ça ? Et comment se faisait-il que son corps soit allongé et que son… comment devait-elle l’appeler ? Esprit ? Ame ? Tout était trop embrouillé dans sa tête.

            Là, comme son frère avant elle, Léo se prit la tête entre les mains et laissa son chagrin la submerger : personne ne la voyait, personne ne pouvait l’aider et pire encore elle faisait du mal à son père et à son frère en restant allongé sur ce lit d’hôpital. Dans un sanglot, elle murmura :

- Comment vais-je m’en sortir ?


****

Alors oui je sais  c'est moche de ma part de ne publier qu'une partie du chapitre cette semaine mais... j'ai des problèmes de temps ! La partie 2 la semaine prochaine promis ! Bisouuillles à tous !

Par Padidu
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Jeudi 17 avril 2008

Pour ceux qui l'attendait voici en avance la deuxième partie du chapitre 3 de " Ce que l'on vit lors d'un rêve". J'espère que mon nouveau personnage vous plaira, c'est peut être mon préféré dans cette histoire ;). Bonne lecture !

 

 


Chapitre 3 : Quand le rêve commence... ( partie 2 )


Là, comme son frère avant elle, Léo se prit la tête entre les mains et laissa son chagrin la submerger : personne ne la voyait, personne ne pouvait l’aider et pire encore elle faisait du mal à son père et à son frère en restant allongé sur ce lit d’hôpital. Dans un sanglot, elle murmura :

- Comment vais-je m’en sortir ?


- En commençant par arrêter de pleurer dans ton coin ? lui demanda une voix masculine à côté d’elle.

Léo releva vivement la tête et croisa un regard si particulier que ses larmes cessèrent de couler : deux yeux de couleurs différentes la fixaient. Une idée fulgurante traversa l’esprit de la jeune fille encore embrumé par les récents événements : cet homme pouvait la voir ! Un œil bleu et l’autre vert, c’était sans doute cette particularité qui faisait qu’il la voyait.  L’inconnu dont le visage était entouré par une épaisse chevelure brune lui fit un sourire rassurant.

- Je sais que j’ai un regard particulier, on dit que ce sont des yeux vairons. J’avais des problèmes avec mes camarades à l’école à cause de ça mais je ne pensais pas faire arrêter de pleurer quelqu’un grâce à cette particularité. Tiens, ajouta-t-il en lui tendant un mouchoir qu’elle prit d’une main tremblante en évitant de toucher les doigts de son interlocuteur : il la voyait mais rien ne disait qu’elle ne pouvait pas traverser son corps. Elle se tamponna les yeux sous le regard curieux de l’homme qui l’observait.

            Sans bien savoir pourquoi, il avait voulu s’arrêter pour aider la jeune blonde assise devant lui. Elle était plutôt mignonne avec sa robe blanche et ses grands yeux bleus mais il aimait les silhouettes plus masculines. Qu’est ce qui l’avait donc poussé à s’arrêter pour elle ? «  Le simple fait qu’elle paraissait seule au monde. » pensa-t-il.

- Merci Monsieur, dit-elle en lui rendant son mouchoir humide.

- Appelle-moi Jeremy. Si tu passes par ici souvent, on sera certainement amener à se revoir. Et toi, comment tu t’appelles ? demanda-t-il en s’asseyant sur le siège à côté d’elle.

- Sarah, lui mentit-elle.

Le nom de sa mère lui était venu naturellement sur les lèvres. Quelque chose la poussait à donner le moins d’informations possibles sur elle à cet inconnu. De plus de nombreux regards intrigués s’étaient attardés sur Jeremy. Aux yeux de tous, il devait parler tout seul, alors si il commençait à annoncer qu’il discutait avec la jeune fille qui était dans le coma, il risquait fortement de se faire interner.

- Enfin bref, je sais pas pourquoi t’es la mais t’en fais pas, ça va s’arranger alors arrête de pleurer…

- Je vais essayer… et vous, pourquoi êtes-vous là ?

Elle essayait simplement de changer de sujet, si il lui posait des questions,  il faudrait qu’elle mente et elle se sentait l’esprit trop confus pour arriver à inventer une histoire plausible.

- Tu peux me tutoyer. Je suis là pour ma mère. Elle est hospitalisée en long séjour à cause de ses problèmes respiratoires. On espère qu’elle ira mieux mais à son age,  je ne sais pas si elle va s’en remettre.

- Je suis désolée…

- Ne t’inquiètes pas pour moi, je pense que tu as assez de problèmes à toi toute seule pour t’occuper de ceux des autres non ? Dis, tu n’as pas froid avec ta robe ?

Pour la première fois, elle remarquait sa légère robe blanche qui dénudait ses épaules tout en couvrant ses bras de manches légères et transparentes. Ses pieds étaient chaussés de petites sandales d’où partaient deux lacets qui s’enroulaient autour de ses chevilles pour monter jusque sous ses genoux. Surprise de ne pas l’avoir remarqué plus tôt, elle balbutia la première excuse qu’elle put trouver :

- Je n’ai pas pris le temps de me couvrir en sortant de la chambre

- Alors tu es patiente ici, conclut-il. Tiens prends ma veste, j’ai un pull alors je n’aurais pas froid.

- Mais…

Elle s’était faite avoir, maintenant il savait qu’elle était patiente et non pas visiteuse. Un petit détail, mais si il lui venait la fantaisie de demander à une aide soignante ou à une infirmière ou trouver Sarah, la jeune fille blonde hospitalisée, que lui répondrait-on ? Aucune Sarah dans le service…

- Ne t’en fais pas, lui dit-il en plaçant d’autorité sa veste sur les épaules de la jeune fille et  dévoilant un fin pull blanc qui mettait autant en valeur la silhouette svelte de l’homme que le jean qu’il portait. Je viens souvent ici aux environs de 17h, tu pourras me la rendre plus tard. Je traîne par ici habituellement.

- D’accor…

Léo se stoppa net quand elle aperçut son frère apparaître au coin du couloir. Elle le suivit du regard quand il passa devant elle et instantanément les larmes lui montèrent aux yeux mais elle les refoula. Se sentant observée, elle tourna son visage vers Jeremy qui l’observait. Gênée, elle lui dit :

- Je vous…

- Je te, la corrigea-t-il machinalement.

- Je te laisse.

            Et sans un mot de plus, elle partit en courant, laissant la veste sur la chaise. Le brun la saisit en se relevant, l’esprit en pleine ébullition. Premièrement, il ne savait pas pourquoi il se prenait pour vocation d’aider les jeunes filles qui pleuraient dans les couloirs d’hôpital, deuxièmement il n’avait aucune attirance pour les femmes alors encore moins une gamine, et troisièmement il avait déjà assez de ses propres problèmes. Mais malgré tout cela, il l’avait aidé, l’avait trouvée mignonne malgré sa féminité et il avait oublié pendant 5 minutes ses propres problèmes, la dernière chose étant déjà en elle-même un exploit.

            Sa mère était malade depuis l’enfance et il s’en était toujours occupé et à présent, les médecins lui disaient qu’elle allait bientôt mourir. Le petit univers qu’il avait bâti autour d’elle s’effondrait. Pendant des années, il avait lutté pour obtenir des financements pour ces études, jonglant entre les bourses et les petits jobs d’étudiant et alors qu’il obtenait enfin un travail, qu’il pensait pouvoir rendre la vie de sa mère plus joyeuse, on lui annonçait une fin proche. Avec amertume, il pensait souvent qu’ils n’avaient pas su profiter de ses années passées ensemble, aussi bien elle que lui. Et puis il y avait Allen… mais il préférait ne pas y penser, cette blessure était encore trop fraîche.

            Oui, elle lui avait fait oublié tout ça, et seulement en pleurant dans un couloir d’hôpital. Il avait dit qu’ils se reverraient, et après tout pourquoi pas ?  Elle avait aiguisé sa curiosité avec son regard quand le roux était passé près d’eux. C’était un adolescent d’environ son age, peut-être un peu plus vieux, qui avait troublé Sarah, mais Jeremy n’avait pas vraiment eu le temps de le regarder tant l’émotion qui s’affichait sur le visage de Sarah avait retenue son attention : un mélange de désespoir et de résignation.

            D’un pas rapide, il sortit de l’hôpital et consulta sa montre : il lui restait très exactement 20 minutes pour arriver au lycée où il donnait son premier cours en tant que professeur d’anglais.


****

Voila, rendez-vous la semaine prochaine pour la suite ! N'hésitez pas à me laisser vos impressions, vos avis... Bonne semaine à tous !

Par Padidu
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Vendredi 25 avril 2008
Voila la mise à jour ! Avec un peu de retard désolée... J'espère que ce chapitre vous plaira, j'annonce qu'il n'y aura aucune apparition et aucune magie dans celui-ci ! Dommage :p
Et cette semaine, vous avez droit a un chapitre entier! La vie est belle !
Par contre, comme j'avance lentement dans mes textes en ce moment, il risque encore d'y avoir des chapitres "tronqués" ou des semaines sans publication... désolée...
Voila bises et bonne lecture !

****


Chapitre 4 : Et la vie reprend son cours

 

- T’es sur que tu veux y aller ce matin ? T’es encore un peu pale fiston et je sais que tu as encore des insomnies…

Père et fils étaient en train de prendre leur petit déjeuner, assis face à face autour de la table de la kitchenette. Un bol de céréale pour le plus jeune, un café noir serré pour le plus âgé mais pour tous les deux le même visage que seules les marques du temps venaient différencier. Tous deux avaient des cernes et l’air hagard mais dans leurs regards, on pouvait trouver une nouvelle envie de lutter, de ne pas sombrer.

 - Tu peux parler papa, toi aussi tu ne dors pas, remarqua Olivier. Je suis crevé, mais ça fait deux semaines que je ne suis pas allé en cours, alors que toi t’as repris ton boulot au bout de deux jours.

- Moi, j’ai plus du double de ton age et j’ai besoin de m’occuper pour ne pas devenir fou.

- De toute façon, j’ai demandé à Johanna de m’attendre pour aller en cours. Je vais passer chez elle et on fera le chemin ensemble.

- Tu vas la remercier ?

- Bah oui… elle m’a quand même apporter les cours tout les jours. A vrai dire, j’ai même acheté un petit truc pour elle. J’espère que je n’aurai pas l’air ridicule, ajouta-t-il en se levant pour déposer son bol dans le lave-vaisselle.

- Il n’y a aucune raison qu’elle se moque de toi, le rassura son père avec un sourire qui était devenu rare depuis l’accident.

- Bon je file, ou je vais louper le bus. A ce soir !

- A ce soir fiston !

Avec un sourire, Louis regarda son fils se saisir de son sac et sortir en courant de la maison. Même si Léo allait mal, Olivier lui au moins semblait s’en sortir… Pas d’appel du commissariat, pas de lettre recommandé du lycée pour signaler des absences, son fils n’avait pas rechuté dans la violence et cela, l’homme savait qu’il le devait en partie à Johanna.

 

            C’est en courant qu’Olivier se dirigea vers l’arrêt de bus. Et cela pour deux raisons. La première était qu’il était en retard comme d’habitude et la seconde était le désagréable pincement qu’il sentait dans sa poitrine en songeant que normalement, il faisait ce chemin en compagnie de sa sœur. Le bus arriva avec 5 minutes de retard comme à l’accoutumée. La douceur qui régnait depuis deux jours faisait que tout le monde avait relégué gilets et manches longues au fond des placards et si il n’y avait pas eu les cours, tout les lycéens se seraient crus en vacances d’été. Olivier qui avait revêtu un pull léger l’enleva, dévoilant ainsi son t-shirt blanc, et fourra le lainage dans son sac alors qu’il montait dans le bus où régnait une chaleur étouffante. Alexis et Sandrine  saluèrent leur ami avec chaleur : ils étaient venus le voir régulièrement et s’étaient souvent inquiétés de son absence de plusieurs jours. Pour fêter son retour, ils décidèrent d’organiser une petite journée entre amis au bord de la piscine de Sandrine.

- On fait ça mercredi après-midi alors ? demanda Sandrine.

- Je pense que c’est bon, la journée est banalisée donc on a pas cours, répondit Alexis. Tu en penses quoi Olivier ?

- Pas de problème, par contre Sandrine, ça ne te gêne pas si j’invite quelqu’un ?

- Plus on est de fous, plus on rie ! récita la jeune fille. Qui tu comptes invi…

Sa question resta en suspens car Olivier se dirigeait déjà vers la sortie du bus.

- On ne descend pas à celui-ci, remarqua Alexis.

- Je sais, je vous rejoins après ! cria Olivier avant de descendre sur le trottoir.

           

            D’un pas rapide, il se dirigea vers la maison de Johanna, impatient de la revoir alors qu’ils s’étaient encore parlés le jour d’avant quand elle était venue lui apporter les cours du vendredi. Pendant les 15 jours qu’avait duré l’absence du jeune homme roux au lycée, ils s’étaient vus presque tous les soirs. Si la raison principale de sa visite était les devoirs, elle discutait souvent de tout et de rien avec lui et il avait appris à connaître un peu plus cette jeune fille un peu effacée mais finalement, il fallait bien l’avouer, adorable. Bien sur, elle n’était pas vraiment à son goût avec ses lunettes et ses vêtements qui démentaient presque son statut de fille de milliardaire, mais elle était devenue une personne sur qui il pouvait compter. Comme Léo.

            Elle aimait la lecture, se pelotonner sous sa couette et boire du thé les jours pluvieux, rien à voir avec lui qui préférait le sport et sortir avec ses amis. La seule chose qui les reliait c’était l’affection qu’elle avait pour son petit frère de 4 ans et qu’il avait pour sa sœur.  Ils se racontaient des anecdotes, des souvenirs et il avait commencé peu à peu à apprécier le sourire de Johanna et la lueur qui s’allumait dans ses yeux bleus quand elle riait.

            Il regarda sa montre et s’aperçut qu’il était un peu en avance. Avait-il une chance de la voir sans ses lunettes et encore décoiffée ? Il s’était souvent demandé à quoi elle pouvait ressembler sans ses verres et ses nattes et il attendait une occasion avec impatience. Peut-être ne les aurait-elle pas quand elle viendrait à la piscine ? Si elle acceptait son invitation bien entendu.

             Il arriva devant le portail de la grande maison des Duchesnay et songea un instant que la jeune fille devait avoir une piscine privée dans cet espèce de château. Il avait du mal à imaginer son amie dans cette grande demeure, elle était si simple comparé au faste qui se tenait devant lui mais l’évidence lui sauta aux yeux quand elle sortit en claquant doucement la porte derrière elle. Johanna semblait à l’aise, comme habituée, au milieu de tout ce luxe malgré son t-shirt bleu trois fois trop large et son jean qui semblait être fait pour en accueillir deux comme elle. Elle appartenait à un monde différent du sien c’était certain. Il la vit faire de grand signe de la main à un enfant qui se tenait à la fenêtre sans qu’elle ne remarque sa présence.

- C’est ton frère ? demanda Olivier souriant de la voir sursauter puis se retourner vers lui avec une expression stupéfaite.

- Oui, c’est Chris, enfin Christophe, mon petit frère, lui répondit-elle en le rejoignant devant le portail. C’est un rituel que l’on a tout les deux. Il est très angoissé quand il me voit partir le matin, ajouta-t-elle comme pour se justifier de ce qu’elle venait de faire.

- Avec Léo, on faisait la même chose quand on devait aller chacun dans nos classes. Avec mon redoublement, on en avait plus besoin. Bon on y va ?

- Je te suis, dit-elle en lui emboîtant le pas sur le trottoir.

            Un silence pesant s’installa entre eux ce qui fit monter une certaine angoisse chez les deux adolescents. Johanna sentait une certaine réserve chez son compagnon : allait-il devenir aussi distant que les autres lycéens ? Depuis l’accident de Léo, il avait été le seul à lui parler, comme si être une fille de milliardaire intimidait les gens. Olivier de son côté ne savait pas comment entamer la discussion. Il voulait l’inviter… mais et si elle refusait ? Déjà, il fallait qu’il la remercie. Sans un mot, il s’arrêta de marcher et il fouilla dans son sac et tendit un petit paquet bleu entouré d’un ruban blanc à la jeune fille qui ne le saisit pas tout de suite.

- C’est pour toi, pour te remercier.

- Tu n’as pas besoin de me remercier, je t’assure, balbutia-t-elle en rougissant.

- Moi je pense que si, d’ailleurs si tu refuses, je ne sais pas vraiment ce que je vais en faire. Allez prends-le.

Elle attrapa le cadeau et entreprit de l’ouvrir. Au milieu d’un écrin, elle trouva deux petites boucles d’oreilles dont les pierres bleues formaient deux petites fleurs à 5 pétales.

- Elles sont magnifiques, murmura Johanna.

- J’ai remarqué que tu portais encore des prothèses à tes lobes, Léo avait les mêmes quand elle s’est faite percer les oreilles. Je suis content qu’elles te plaisent. J’avais peur d’avoir mal choisit.

- Pas du tout, mais tu n’aurais pas dû, je ne sais pas comment te remercier… elles doivent coûter une petite fortune.

- Mon salaire de l’Arc en Ciel me suffit amplement, lui répondit-il étonné qu’une fille riche comme elle puisse s’attarder à ce genre de détails. Pour me remercier, reprit-il, tu vas commencer par les mettre… et puis j’ai un petit service à te demander. Mais tu n’es pas obligée d’accepter, s’empressa-t-il d’ajouter.

- Dis toujours.

- Voila mercredi on se fait un après-midi piscine avec des amis, tu voudrais bien venir ?

Il espérait tellement la voir venir que la grimace qui apparut sur les traits de la jeune fille lui fit mal au cœur.

- Evidemment, tu dois en avoir une chez toi, je peux comprendre que tu ne veuilles pas venir.

- Non ce n’est pas ça… mais je ne peux pas, je ne pourrais pas y arriver !

Il vit les mains de la jeune fille qui tenaient encore le paquet se mettre à trembler. C’est alors qu’il remarqua les yeux troublés de son amie. Elle semblait plongée dans des pensées effrayantes. Elle avait peur, il en était sûr, mais de quoi ? Il l’avait toujours connue calme et sereine même dans les moments les plus durs, la voir avec des yeux si effrayés lui donnait l’envie de la prendre dans ses bras pour la protéger. Il avança d’un pas vers elle et lui saisit les mains juste avant qu’elle ne fasse tomber les boucles d’oreilles.

- Qu’est ce qu’il y a ? Je ne t’ai jamais vu comme ça.

-  Il n’y a pas de piscine chez moi, Papa a toujours refuser d’en faire construire depuis l’accident…

D’un regard rassurant, il l’incita à continuer.

- Quand Chris avait un an, il est tombé dans la piscine, c’est moi qui suis aller le chercher mais… je ne savais pas nager. J’ai essayé de le maintenir hors de l’eau mais je m’enfonçais de plus en plus… puis j’ai perdu connaissance, j’ai vraiment cru que j’allais mourir et lui avec… Je ne peux plus m’approcher d’une piscine…

-Tu pourrais rester sur le bord tu sais, et puis je serai là moi. Il ne t’arrivera rien et même si c’était le cas, je sais nager.

Il voulait la rassurer, qu’elle vienne, qu’elle reste avec lui.

- Tu me le promets ?

- Bien sur. Par contre, on ferait bien de reprendre notre route sinon on va être en retard.

 

            Dix minutes plus tard, Olivier et Johanna entraient dans la salle de cours sous les regards interrogateurs de leurs camarades de classes. Personne, pas même Sandrine et Alexis ne savaient qu’ils étaient amis. Il faut dire qu’aucun d’entre eux ne s’était donné la peine de parler à la nouvelle.

            Alors que Johanna s’asseyait dans un coin, Oliver rejoignit Alexis qui commença à le questionner :

- Dis ton invité pour mercredi, c’est Johanna ?

- Oui, pourquoi ?

- Tu sais que tout le monde doit se poser des questions après vous avoir vu arriver ensemble.

- Mais il n’y a aucune question à se poser, on s’entend bien c’est tout.

            Il avait la désagréable sensation de mentir mais comment expliquer l’attirance inhabituelle qu’il avait pour cette jeune fille ? Elle était gentille, elle avait des yeux magnifiques et elle l’avait aidé, c’était tout. Il était sorti avec pas mal de filles mais jamais avec quelqu’un d’aussi sérieux, ni d’aussi proche de lui et ne comptait pas commencer. Enfin, il essayait de s’en convaincre.

            La porte de la salle se referma avec un claquement sec et Olivier porta son regard sur l’homme qui venait d’entrer. C’était son nouveau professeur d’anglais qu’il n’avait pas encore eu l’occasion de rencontrer à cause de son absence de deux semaines. Le jeune homme n’était pas encore habitué a une petite particularité de l’homme qui se tenait devant lui. Il avait des yeux de couleurs différentes : l’un vert, l’autre bleu. Un instant surprit, Olivier mit quelque seconde à comprendre qu’on s’adressait à lui.

-Je suppose que tu es Olivier. Je suis Monsieur Laurent, ton nouveau professeur d’anglais. Si tu as du temps libre, on pourrait se voir pour que tu puisses rattraper ton retard

«  Et pour savoir ce qui c’est passé avec Sarah. » pensa Jeremy qui avait immédiatement reconnu le jeune homme roux qui rien qu’en passant dans un couloir faisait apparaître une expression triste sur le visage de la blonde. Depuis deux semaines, que l’enseignant discutait avec elle dans les couloirs, il avait fini par se prendre d’affection pour la jeune fille et ne comprenait toujours pas ce qui l’attristait autant. Il faut dire qu’elle parlait peu d’elle.

- J’ai pu rattraper les cours. Merci quand même Monsieur, dit Olivier précipitamment. Il sentait comme une hostilité de la part de son nouveau professeur.

  ****

Alors cette deuxième rencontre Jeremy-Olivier? Le jeune homme est loin de se douter de ce qui se passe dans la tête de son prof... Voila, bonne semaine à tous et à la semaine prochaine pour une sortie à la piscine !

Par Padidu
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