Blog protégé !

logsc13.gif

Liste des textes

Rechercher

Vendredi 1 février 2008

Pour ce vendredi, je vous présente une nouvelle histoire courte qui sera séparée en deux parties. Pour les amoureux du romantisme, je pense qu'elle vous plaira ( moi fleur bleue? mais nooonnn !)
Bisouille et bonne lecture !


undefined

Le dernier jour ( partie 1 )

 

         Laura s’était souvent vue maquillée comme elle l’était, ses yeux verts magnifiquement mis en valeur par la maquilleuse mais elle ne s’était jamais vue en robe de mariée, un voile piqué dans son épaisse chevelure blonde. Bien sur, comme presque toutes les filles, elle avait rêvé de ce jour mais elle ne pensait pas se marier avec Richard… C’était une toute autre cérémonie qu’elle avait imaginé... Mais à quoi bon se lamenter ? Elle ne pouvait pas changer le passé et elle aurait tout aussi bien fait d’oublier ce qu’elle avait vécu. Après tout, Richard était un parti enviable : riche, beau et doué dans son travail de photographe mais ce grand homme brun au teint halé était homosexuel. C’était pour lui rendre service qu’elle avait accepté de se marier avec lui. Pris dans le chantage de sa mère, le photographe était sommé d’épouser une jeune fille de son choix ou Mlle Duchenière, veille fille d’une quarantaine d’année, héritière d’une grande chaîne hôtelière. Malgré cela, il n’avait pas pu se résoudre à avouer à sa mère son homosexualité qui par ailleurs pouvait être très mal vue dans le milieu bourgeois d’où il venait. Ceux appartenant à cette classe préféraient cacher ce genre de préférence. C’est ainsi qu’il en était venu à demander à Laura, sa muse depuis leur rencontre dans un studio, de jouer le rôle de fiancée. Et contre toute attente, elle avait accepté : qu’avait-elle à perdre à aider son ami ? De plus, elle se savait incapable de faire confiance à un homme de nouveau : jamais plus elle n’aurait le courage de se lancer dans une histoire d’amour.
 
         Jetant un dernier coup d’œil au miroir qui ornait la chambre qu’elle quittait pour aller vivre dans la grande demeure de Richard, elle songea que en vérité, elle avait beaucoup à perdre : son appartement, son indépendance et certainement sa tranquillité d’esprit : la mère de Richard était une vrai mégère. Laura ne parvenait pas à comprendre comment un homme comme Richard, adorable, doux, pouvait avoir pour mère une femme aussi acariâtre et désagréable. Il faut avouer qu’elle était toujours tout sourire quand son fils était dans les parages, pensa tristement la jeune fille, mais quand elles étaient seules toutes les deux, elle ne se privait jamais de lui faire sentir son infériorité. «  Au moins, vous êtes jolie. Cependant, il faudra arrêter de travailler. Les mannequins ne peuvent pas être enceintes. » lui avait-elle dit le matin même quand elle avait insisté pour l’aider à enfiler sa robe de mariée somptueuse. Laura ferma la porte de son ancien appartement puis descendit les escaliers pour enfin sortir de la petite maison. Dehors, son cousin Max l’attendait et, lui prenant la main, il la conduisit jusqu’à la voiture toute décorée de rubans. Elle déposa un baiser sur la joue de Max, seule famille qui lui restait depuis l’accident qui avait coûté la vie de leurs parents à tous deux. Lisa, la maquilleuse de l’équipe de Richard mais aussi la meilleure amie de Laura, la pressa de monter dans le véhicule où elle était déjà installée. A peine la porte refermée, Lisa recommença son éternel rengaine qu’elle répétait depuis qu’on lui avait annoncé  le mariage :
- Tu es sure que tu veux le faire ? Toute l’équipe du studio ne cesse de dire que c’est une folie !
- Sauf que toute l’équipe sait que Richard est homosexuel mais pas le reste du monde et en particulier sa mère !
- Il ferait bien d’assumer un peu ! A son âge, on n’a plus peur de sa mère ! Bon, je te le concède ta future belle-mère est horrible mais…
- On divorcera rapidement, la rassura Laura qui tentait de s’en convaincre elle-même car elle savait que le divorce serait mal vu par la famille de Richard.
- Bon alors peut-être que cela te fera changer d’avis, il me l’a donné il y a à peine dix minutes. Je n’ai pas réussi à le convaincre de rester. Il m’a dit avoir quelque chose à preparer.
Lisa tendit à son amie une enveloppe où était écrit « Laura » d’une écriture décidée. Le mannequin s’en saisit les mains tremblantes et l’ouvrit le cœur battant, sachant déjà qui était l’auteur de la lettre. Elle parcourut trop rapidement la missive et dut la relire plus lentement, les larmes lui montant aux yeux. Son amie n’intervint pas et elle lui en fut reconnaissante : des souvenirs lui revenaient en tête, des souvenirs qui n’appartenaient qu’à elle ou plutôt qu’à eux deux…
 
         Elle revoyait cette rencontre alors qu’elle venait de percer dans le monde de la mode grâce à Richard. Après deux semaines assez fatigantes, le photographe avait accordé à l’ensemble de son équipe deux semaines de vacances. Laura et Lisa avaient décidé de louer à deux une petite maison au bord d’un lac entouré d’arbres. Malheureusement, la mannequin dut se rendre seule sur son lieu de vacances : une inondation avait retenu Lisa chez elle pour quelques jours mais cette dernière avait promis de venir rejoindre son amie dans leur location le plus tôt possible.
         C’est plus pour passer le temps que pour maintenir sa forme que Laura avait décidé ce matin-là d’aller courir dans la forêt qui entourait la petite propriété où elle séjournait. Chaussée de tennis et vêtue d’une tenue de jogging qu’on lui avait gracieusement offert après qu’elle eut fait la publicité d’une marque de sport, elle sortit de sa location et s’en fut courir dans les bois. Elle avait déjà couru une bonne vingtaine de minutes quand son pied se prit dans une racine d’arbre et qu’elle s’affala de tout son long dans la boue. Quand elle voulut se relever, elle glissa dans la terre humide et s’étala de nouveau par terre dans un léger cri. Certainement alertée par le bruit, une silhouette apparue d’entre les arbres. Il était grand, brun avec des yeux bleus et une solide carrure. Il était plus que séduisant et le cœur de Laura s’accéléra un peu.
- Vous allez bien ? lui demanda-t-il.
- Je crois, répondit-elle en essayant une nouvelle fois de se relever.
- Laissez-moi vous aider, proposa l’homme. Si vous tombez une nouvelle fois, je ne garantis pas de pouvoir garder mon sérieux, ajouta-t-il avec un sourire charmeur.
         Laura ébaucha elle aussi un sourire et tendit sa main à l’homme qui venait de se pencher vers elle. Il commençait tout juste à la tirer vers lui qu’elle sentit une douleur au poignet qui dut se voir sur son visage car à peine l’avait-il remise sur ses pieds que l’inconnu lui demanda :
- Vous avez mal ?
- Au poignet, je ne pense pas que se soit grave.
- Il faudrait quand même mettre de la glace et le faire voir à un médecin. Je suppose que vous êtes l’autre locataire de Mr Jean ?
- Oui c’est bien ça. Donc c’est  vous qui louez la maison de l’autre coté du lac ?
- En fait de là où nous sommes actuellement c’est plutôt vous qui louez la maison de l’autre coté du lac.
Il eut un rire franc devant le visage étonné de Laura et continua :
- Vous avez fait le tour du lac jeune demoiselle. Dans votre état, je vous propose de faire un détour par ma location. Vous êtes couverte de boue, vous devez avoir froid non ?
- Oui, mais…
         Elle hésitait, bien sur, il avait des yeux magnifiques plein de promesses qui l’envoûtaient mais Laura restait prudente. Elle ne connaissait pas cet homme et elle n’avait aucun moyen de s’assurer que quelqu’un pourrait l’aider en cas de problème. Comme si il avait lu dans ses pensées, il lui tendit son téléphone portable :
- Tenez, téléphonez à Mr Jean. Son fils est médecin et je crois savoir qu’il fait ses visites à domicile ce matin. Demandez lui s’il peut passer à la location de Daniel.
         Il la laissa téléphoner puis ils se mirent en chemin.
- Le médecin passera dans  une heure environ. Il m’a dit de mettre de la glace.
- Pas de soucis. Par contre, faites moi plaisir : la prochaine fois que vous sortez seule, prévenez quelqu’un. Belle comme vous êtes, je n’aurais pas donné cher de votre peau si vous étiez tombé sur pire que moi. Mais au fait quel est votre nom ?
- Laura Redif, lui répondit-elle en marmonnant : elle n’aimait pas se faire sermonner surtout à son âge!
- Et bien je suis Daniel Leroix. Voici la modeste demeure que je loue pour encore deux semaines, ajouta-t-il alors qu’ils arrivaient devant sa location.
         Il ouvrit la porte et la laissa entrer. Aussitôt, elle fut surprise par la propreté des lieux. C’était comme si une femme vivait avec lui : était-ce le cas ? Une certaine déception qu’elle ne s’expliquait pas la gagna. Il s’éclipsa un instant après l’avoir introduite dans le salon où régnait une douce chaleur provenant de quelques braises qui s’éteignaient dans une grande cheminée. Comme dans la location de Laura, deux fauteuils et une table basse étaient disposés près de l’âtre. La jeune femme s’y assit avec délice : ses jambes avaient dû souffrir dans la chute elles aussi. Machinalement, elle saisit un magazine sur la table basse et, en parcourant rapidement les pages, elle tomba sur une publicité où elle posait pour une marque de lingerie. L’une de ses meilleures collaborations avec Richard. Peut-être que Daniel avait lui aussi vu cette photo où elle posait en sous-vêtements ? Elle sentit le rouge lui monter aux joues sans vraiment comprendre pourquoi : c’était bien la première fois qu’elle se sentait gênée à cause d’une publicité de lingerie.
         Lorsqu’il revint dans le salon les bras chargés d’un plateau, il l’a trouva en pleine contemplation du magazine.
- C’est à Christine. Elle l’a oublié en partant hier, lui précisa-t-il en posant le plateau sur la table basse. Le sentiment de déception qu’elle avait ressenti revint : il y avait bel et bien quelqu’un dans sa vie. Dommage, il faudrait s’en contenter comme voisin pendant deux semaines.
- Tenez pour votre poignet, lui dit-il en lui tendant un sac de glace.
- Merci, lui répondit-elle.
- Ah mais je n’ai pas fini Mademoiselle !
 Il lui tendit une tasse d’où s’échappait un merveilleux parfum de chocolat. Un grand sourire s’afficha sur le visage de Laura ce qui le fit exploser de rire.
- Je ne savais pas qu’une tasse de chocolat pouvait avoir un tel effet sur une femme. Vous êtes magnifique quand vous souriez.
- Vous n’êtes pas mal non plus vous savez ! lui dit-elle avec spontanéité.
Elle avança sa main valide pour se saisir de sa tasse mais Daniel, n’ayant pas prévu son mouvement, la lui avança au même moment ce qui eut pour effet de la faire tomber au sol et de répandre son contenu sur la chemise du jeune homme. Laura s’accroupit pour venir ramasser la tasse et butta contre la tête de Daniel qui tentait la même action. Repoussée par terre, la jeune mannequin tomba sur les fesses en partant d’un grand éclat de rire auquel se joignit celui de son hôte.
- Vous ne vous êtes pas brûlé ? demanda Laura alors qu’il l’aidait à se relever.
 Elle se retrouva si près de lui qu’elle remarqua un léger grain de beauté qu’il avait juste au coin de l’œil. En un rien de temps, l’air se chargea d’électricité. Ni lui, ni elle ne pouvaient plus nier l’attirance qu’ils avaient l’un pour l’autre. Laura sentit son souffle s’accélérer quand il approcha son visage du sien et passa ses bras autour de ses hanches. Elle posa ses mains sur le torse mouillé de Daniel et sentit le cœur de l’homme palpiter sous ses doigts. Se refusant à perdre totalement la raison, elle murmura :
- Et ta femme ?
- Je suis un célibataire endurci, enfin je crois que j’ai de quoi changer d’avis…
Il pencha son visage vers le sien et leurs lèvres se joignirent, donnant l’impression à Laura de basculer dans un monde qui n’appartenait qu’à eux deux. Elle sentit les mains de Daniel remonter le long de son dos, de sa nuque avant de venir se perdre dans ses cheveux. Tout à coup, un bruit se fit entendre dehors et il relâcha son étreinte avant de déclarer d’une voix rauque :
- Ca doit être le médecin, pour ton poignet…
Il l’embrassa sur le nez et avec un sourire à damner un saint, il alla ouvrir la porte d’entrée.

*****
Voila pour cette nouvelle histoire qui je l'espère vous plait.
Je vous laisse le choix pour vendredi prochain entre un nouveau chapitre de " Si la vie ne tenait qu'à un rubis" ou la suite de cette histoire courte, laissez moi un commentaire pour m'indiquer quel texte vous voulez !
Bisouille à tous et bonne semaine !
par Padidu publié dans : Le dernier jour communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Vendredi 8 février 2008

Et voila, suite a mon petit sondage, la suite du dernier jour arrive. Laura et Daniel semblent être dans une parfaite petite idylle non? Cela ne durera pas...
Bonne lecture.



undefined


Le dernier jour, partie 2


C’est ainsi qu’ils s’étaient rencontrés. Laura s’en souvenait encore comme si elle y était malgré les deux ans qui étaient passés depuis. Elle savait que toute sa vie, ce souvenir resterait gravé dans son cœur. Tout comme celui de cette nuit où tout avait basculé.
         C’était deux jours avant que Lisa ne la rejoigne. La jeune mannequin avait passé presque tout son temps libre avec Daniel : ils se baladaient en forêt, mangeaient ensemble mais jusqu’à ce jour-là, ils n’avaient pas encore dormi ensemble. Juste après dîner, il lui avait pris la main en veillant à ne pas modéliser son poignet enserré dans une attelle et l’avait emmenée dans la chambre. Là, ils s’embrassèrent longuement avant de commencer à se déshabiller. Les mains de Daniel s’affairaient sur le pantalon de la jeune femme quand le téléphone sonna. Avec un grognement, il jeta un regard à son téléphone portable avant de décrocher précipitamment.
- Christine !? Qu’est ce qui se passe ? Calme-toi ! J’arrive. Demain matin au plus tard, je serais près de toi et du bébé… Fais-moi confiance, je m’occuperai de tout, je n’aurais pas du vous laisser partir…
Déjà Laura n’écoutait plus. C’était comme ci on lui avait planté un couteau dans le cœur. Elle avait cru Daniel quand il lui avait dit être célibataire, elle avait fini par croire que Christine n’était qu’une connaissance. Elle avait été tellement naïve ! Les mains tremblantes, elle boutonnait son chemisier alors qu’il commençait à entasser des vêtements dans une valise. La voyant faire, il s’arrêta et vint lui saisir les mains. Sans même réfléchir, elle le gifla de toutes ses forces et, les yeux brillants de larmes, elle déclara :
- Tu aurais pu être honnête ! Mais tu m’as trompée et elle aussi ainsi que ton enfant !
- Laura écoute moi ! cria-t-il en tentant de lui saisir les mains.
- Non ! arriva-t-elle à articuler avant de fuir de la location de Daniel.
         Elle couru entre les arbres, buttant contre les racines dans la nuit noire et quand elle fut enfin arrivée devant sa maison, elle s’y enferma. Adossée à la porte, elle sentit les coups répétés sur la porte se propager dans son corps. Il criait pour qu’elle le laisse entrer, pour qu’ils puissent parler, mais comment lui faire confiance ? A bout de nerfs et de patience, il déclara enfin :
- Je pensais que tu avais confiance en moi Laura…
          Puis tout devint calme. La nuit passa sans qu’aucun écho ne parvienne de nouveau dans la maison. La jeune top modèle se cloîtra dans sa chambre, ne cessant de pleurer. Quand vers midi elle sortit enfin dehors, la lumière fut douloureuse pour ses yeux rougis et gonflés. Comme un automate, elle se dirigea vers l’habitation de Daniel mais elle la trouva fermée à clef. Le 4x4 du jeune homme avait disparut lui aussi. Il était bel et bien parti, les vacances étaient finies, le rêve aussi. Le lendemain, Lisa la retrouva dans sa chambre, les yeux perdus dans le vague. La maquilleuse était tellement inquiète qu’elle avait fait appel à Richard pour l’aider à faire sortir Laura de sa léthargie.
 
         Elle s’était sentie trahie et tellement naïve mais pire encore, elle était sincèrement tombée amoureuse de cet homme. Profondément même. Si seulement elle l’avait écouté à l’époque ! Ses mains tremblantes froissaient la lettre qu’elles tenaient. Mais elle pouvait encore reculer, il fallait qu’elle annule cette mascarade. Les larmes aux yeux, elle cacha le bout de papier dans son corsage et lança un sourire à son amie.
- Courage ma chérie ! l’encouragea Lisa quand la porte de la voiture s’ouvrit devant l’église.
         Sans même la remercier, Laura sortit de la voiture, entra dans l’édifice et remonta l’allée centrale en courant. Richard, l’air surpris, s’ avança vers elle.
- Richard… je ne … je ne peux pas, commença-t-elle essoufflée.
- Mais pourquoi Laura ? Ne m’abandonne pas !
- Non ! Elle ne peut pas ! cria une voix.
Le visage de Richard devint blanc et tout en regardant l’homme qui venait d’intervenir il balbutia :
- Alex ?
- Richard arrête tout ça. Dis la vérité ! Ne me fais pas ça, je ne pourrai pas le supporter.
On sentait une réelle détresse dans cette dernière phrase.
- Mais je ne peux pas !
- C’est Laura qui ne peut pas… Dis-leur bon sang ! Prouve moi que tu n’as pas honte !
- Je n’ai pas honte mais …
Richard lança un regard à sa mère qui semblait se décomposer petit à petit. Elle s’approcha de son fils et lui posa la main sur le bras. Avec une voix qui semblait appartenir à une petite fille, elle déclara :
- Richard, qu’est ce que s’est que cette histoire ? Cette petite moins que rien t’as trompée avec cet homme c’est ça ?
Elle semblait vouloir trouver l’explication la moins plausible et devant l’idée de sa mère, Richard explosa d’un rire nerveux, qui le libera de la tension qui l’habitait. Il reprit son souffle devant l’ensemble des invités médusés qui avaient suivi la conversation depuis le début. Laura savait qu’Alex n’était autre que le petit ami de Richard mais elle ne s’attendait pas à la suite des événements. Le photographe s’approcha de son ami et le saisit par la nuque.
- Puisque tu me mets devant le fait accompli, lui murmura-t-il.
Et c’est alors que sous les murmures des spectateurs, Richard embrassa Alex. Il se sépara de son compagnon avec un sourire et alors que ce dernier reprenait son souffle après ce baiser spectaculaire, le photographe s’adressa à sa mère :
- J’ai fini la comédie. Acceptez-le si vous le souhaitez, je n’en ai plus rien à faire.
Sans même un regard pour son fils, la vieille femme sortit de l’église. Un grand soupir s’échappa de la gorge de Richard : sa mère n’accepterait sans doute jamais son choix.
- Tu voulais me dire quelque chose Laura ? demanda-t-il.
- Oui ! Touts mes vœux de bonheur à vous deux ! Mais prends ça, je n’ai plus le temps de t’expliquer ! lui dit-elle en lui mettant une enveloppe chiffonnée entre les mains.
Arrachant son voile, elle courut vers la sortie des larmes de joie dans les yeux. Alex et Richard, main dans la main la suivirent et c’est sous des gerbes de riz et de pétales de rose qu’ils traversèrent l’arche de l’église. Les collègues de travail du photographe qui connaissaient tous la situation du couple étaient heureux de la tournure des événements. Ce ne fut que lorsque les deux tourtereaux furent au calme dans la voiture que Richard prit le temps de lire la missive que lui avait confiée Laura.
 
                   «  Chère Laura,
         Je ne sais pas si aujourd’hui est le meilleur jour, mais c’est sans doute le dernier dont je dispose pour te parler, t’expliquer ce que tu as refusé d’entendre ce soir là. J’aurais sans doute dû défoncer la porte mais j’étais trop inquiet pour pouvoir m’attarder au près de toi.
Malgré le temps passé ensemble, je ne t’ai jamais dit avoir un frère, encore moins que sa famille et lui étaient venu passer une semaine dans la location avec moi, une semaine avant que tu arrives… J’aurais du te le dire, tout aurait été différent mais près de toi j’oubliais tout, ma famille, mon job… mes pensées étaient tournées vers toi.
 
         Seulement, si on avait pris le temps, j’aurais su que tu étais mannequin et toi, tu aurais su que Christine n’est autre que ma belle sœur. Cela t’aurait évité bien des souffrances et je ne me pardonnerais jamais d’avoir été la cause de tout cela.
 
          Ce soir là, j’aurais tout donné pour pouvoir rester auprès de toi, mais ce coup de file de Christine m’annonçait que mon frère venait d’avoir un accident J’étais furieux que tu ne veuilles pas m’écouter mais la fureur passée, il ne restait qu’un sentiment de vide, de tristesse… J’ai essayé de te joindre, de t’expliquer mais personne ne répondait au téléphone. J’ai dû reprendre l’affaire familiale pendant que mon frère se remettait et chaque jour je me maudissais de ne t’avoir rien expliqué. Je n’arrivais pas à te joindre, j’ai cherché partout pendant un an et demi jusqu'à ce que je retrouve enfin ton magnifique regard en première page d’un magazine. J’ai eu tant de mal à te faire parvenir cette lettre qui arrive sans doute un peu tard mais j’espère que tu me reviendras. Je n’ai jamais cessé de t’aimer.
        
         Je t’attendrais dans cette petite maison que j’avais louée près de lac.
         Je t’aime, je t’en prie, reviens moi.
 
Daniel. »
 
- Qu’est ce qui te fait sourire ? interrogea Alex devant la mine réjouie de son compagnon.
- Un homme fou d’une femme je crois…

FIN  

****

Voila j'espère que cette histoire vous a plu. J'attends vos avis, vos commentaires. La semaine prochaine je publierai la suite de " Si la vie ne tenait qu'à un rubis" qui s'intitulera " La fin du voyage". On approche de plus en plus de la fin de cette histoire.
Bisouilles à tous et à la prochaine !


par Padidu publié dans : Le dernier jour communauté : L'écriture dans tous ses états
ajouter un commentaire commentaires (8)    recommander
depot nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus