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Vendredi 23 novembre 2007

Voila je publie enfin mon premier texte sur ce blog . J’essaierai de publier la suite assez régulièrement.

En attendant je vous laisse avec le premier chapitre de «  Si la vie ne tenait qu’à un rubis »

Bonne lecture !parcheminsansfond.gif

Ma plume, après toutes ces années, a enfin décidé d’écrire ce que j’ai vécu. Ma vie, remplie de souvenirs, de rêves, de rires mais aussi de pleurs qui me la rendent si précieuse, j’ai compris qu’elle m’appartenait malgré son origine.

Chapitre 1 : Un vent de peur

        Allongée sur mon lit, je savourais enfin un moment de repos après cette journée. J’avais 16 ans et, pour me présenter en tant que nouvelle princesse à marier, il avait fallu organiser une fête pour que tous puissent admirer la jeune fille que j’étais. Ma sœur, Elisabeth, était passée par là avant moi et j’étais bien heureuse qu’elle m’ait accompagnée toute la journée pour m’aider. Seule, j’aurais fini par m’effondrer tant il y avait de gens à me présenter, de jeunes hommes avec qui il me fallait danser : un jour, il faudrait bien que j’épouse un jeune noble fortuné qui pourrait subvenir à mes besoins comme le disait souvent ma mère et ma sœur sur le ton de la plaisanterie.
        La cérémonie avait eu lieu dans l’après-midi et s’était achevée avec un dîner réunissant notre proche famille : deux cents convives, tous cousins, oncles, tantes et autres parents venant de tout Sylbiae, et même de contrées voisines, pour me féliciter. Il y avait aussi quelques prétendants qui avaient les faveurs de mon père : tous plus ennuyeux les uns que les autres, ils ne manquaient aucune occasion pour montrer à mon père à quel point ils lui étaient fidèles et qu’ils seraient plus qu’honorés d’épouser ma sœur ou même moi. La journée avait été merveilleuse et j’avais enfin 16 ans ! Père me laisserait bientôt voyager, voir du monde, des pays différents de Sylbiae qui me paraissait tellement insipide.

        J’avais pu rejoindre ma chambre sur les coups de minuit et, malgré l’heure tardive, je m’apprêtais à rejoindre ma famille dans la bibliothèque. C’était une habitude que mon père, le Roi, avait mise en place : chaque soir, quelle que soit l’heure, avant de nous coucher, nous faisions une réunion de famille. Dans la journée, nos parents, avec leurs rôles de souverains, ne pouvaient nous accorder beaucoup de temps, et s’il nous arrivait à mon frère, ma sœur ou moi, d’avoir à leurs demander quelque chose, l’horrible protocole nous obligeait à maintenir un air digne et un certain détachement envers eux. Les réunions nocturnes étaient pour nous, un moyen de nous retrouver et de vivre comme une vraie famille pour quelques heures au moins.
        J’enlevai la robe que ma mère avait choisie spécialement pour cette occasion d’un blanc immaculé et remplie de dentelle ; je la jugeais bien trop sophistiquée, et surtout agaçante : elle m’empêchait de bouger comme je le voulais.
        « Pour une fois dans ta vie, sois élégante, Léonie ! Tu es l’une des Princesses de Sylbiae ! » m’avait dit ma mère. Je pouvais lui faire le plaisir, au moins pour ce jour-là, de satisfaire son rêve de me voir habillée en vraie princesse contrairement à mes habitudes. Je préférais les tenues plus sobres et moins encombrantes pour pouvoir me faufiler en dehors du Palais quand j’en avais envie.
        J’enfilai ma robe d’intérieur favorite, d’un joli vert qui mettait en valeur la couleur de mes yeux couleur d’ambre.  Le grand miroir près de ma fenêtre me renvoya l’image d’une jeune fille rousse, aux yeux fatigués mais brillants, ainsi que le reflet de mon lit qui m’exaspérait plus encore que la robe choisie par ma mère. Ma chambre, toute de blanc et vert, avait tout d’un nid de jeune fille. Complètement indifférente à mes goûts, ma mère avait tenté de l’organiser pour qu’une part de féminité s’y exprime : il y avait un lit à baldaquin sur la gauche couvert de dentelle et de noeuds blancs mêlés à un tissu d’un vert pâle, auprès duquel trônait une coiffeuse, où l’on pouvait voir se dresser un autre grand miroir, et placés là, comme pour me forcer à en faire usage, des flacons en verre. Bien entendu, c’était peine perdue, jamais je n’aurais appliqués leurs contenus divers et variés sur mon visage. Dans le coin opposé, une grande armoire blanche complétait mon mobilier que venait égayer la clarté de la lune apportée par une porte vitrée donnant sur un petit balcon dont la vue était sans doute ce qui me ravissait le plus dans ma chambre.

        En parcourant les vieux couloirs du Palais, je sentis un brin de nostalgie me prendre : il n’y avait pas si longtemps que nous avions arrêté d’y jouer à cache-cache avec Elisabeth et Sam, notre petit frère. Il nous suivait tant bien que mal dans nos jeux, malgré la différence d’âge qu’il y avait entre nous. Nous aimions particulièrement le jardin que ma mère entretenait avec l’aide des jardiniers. Dans ce lieu magique où se mêlaient les odeurs d’herbe, de fleurs et de fruits, nous avions une vue magnifique du Palais, avec ses sept tours et ses remparts imposants. C’était notre maison avant tout, et ce grand château n’avait aucun secret pour nous, des plus grandes salles aux plus petits passages secrets : nous les avions tous découverts durant nos explorations.

       Continuant mon chemin pour aller jusqu’à la bibliothèque, je passai devant des tableaux qui, si on savait comment les faire pivoter, menaient à des escaliers aux marches étroites, dans lesquels nous nous réfugiions quand notre précepteur nous cherchait afin de commencer une leçon sur l’histoire de Sylbiae et les grands Rois qui avaient précédé notre père.
        J’entrai dans la bibliothèque et aussitôt, un poids s’abattit sur  mon dos. Je grimaçai de douleur. D’une nature affective, mon frère pesait néanmoins son poids et j’avais bien du mal à le porter. J’essayai de le faire descendre de mon dos, mais il était plutôt têtu : à bientôt 10 ans, je pense qu’il n’imaginait pas le rôle de Roi qui l’attendait. Il obtempéra cependant lorsque mon père intervint : Sam était obstiné avec ma mère, ma sœur et moi, mais il ne refusait jamais un ordre direct de mon père : il me prit par la main et me conduisit près de mes parents et de ma sœur, qui parlaient devant la cheminée.
        La bibliothèque royale contenait des milliers de livres, mais malgré cela, l’ambiance, loin d’être studieuse et calme, regorgeait de chaleur et de vie lorsque nous étions tous assemblés là, dans les fauteuils entourant la grande cheminée en dessous de la verrière qui, la journée, laissait pénétrer une lumière douce dans cette pièce et qui, la nuit, nous permettait d’apercevoir les étoiles et de recevoir des cours d’astronomie de nos professeurs préférés : nos parents.
        Je m’approchai d’eux pour venir les embrasser quand mon père se leva et déclara :
-  Joyeux anniversaire Léonie ! Tu as grandi tellement vite ! Elisabeth et toi êtes vraiment devenues de magnifiques jeunes filles.
- Le temps passe si vite, ajouta ma mère. Je me fais vieille alors que vous rayonnez de jeunesse… bien que tu sois un vrai garçon manqué Léonie…
- Maman! Tu as déjà Elisabeth comme fille magnifique, tu devais bien avoir un garçon comme moi, répondis-je en faisant rire toute la famille qui s’était habituée à mes manières bien différentes de celle d’une dame.
- Tu changeras quand tu trouveras l’homme à qui tu voudras plaire ma fille. D’ailleurs, il y avait quelques jeunes hommes à la fête, je suis sûre que l’un d’entre eux vous a plu ! Il serait temps de penser à vous trouver des fiancés mes fi…
        Elle avait été interrompue par un gros bruit sourd, suivi de cris dans les couloirs. Mon père poussa Sam dans les bras de ma mère et saisit une épée qui se trouvait fixée au mur. J’entendais les serviteurs qui tentaient d’arrêter quelqu’un, et mon sang se glaça de peur.  Ma mère ouvrit l’un des passages secrets de la bibliothèque et, m’attrapant par le bras, voulut m’y pousser. Je saisis mon père à la taille pour qu’il vienne avec nous, mais il résista et je compris que je ne pourrais le faire sortir de la pièce tant qu’il ne serait pas assuré de notre sécurité à tous. Je poussai ma mère dans le passage et le refermai derrière elle. Je l’entendis crier et taper du poing contre le mur, mais celui-ci ne pouvait s’ouvrir que de l’intérieur de la bibliothèque. Il fallait qu’elle comprenne que moi aussi, je les protègerais, sinon à quoi bon les cours d’escrime et de lutte que j’avais demandés en suppliant ?
        Les cris de ma mère cessèrent quand la  porte de la bibliothèque explosa. Elle savait qu’il fallait maintenant protéger Sam et Elisabeth avant tout, et que seule la fuite par le passage secret leur garantissait la sécurité.
       Une silhouette apparut devant la porte, et arrachant une épée du mur, je tentais de m’élancer vers mon père quand je me sentis plaquée au sol par une force dont je ne connaissais pas la provenance. Je tentais de me relever, mais plus j’essayais et plus je ressentais un poids sur moi. En peu de temps, je ne pouvais même plus bouger et la pression devint douloureuse. Un gémissement m’échappa quand je sentis ma respiration faiblir à cause du poids exercé sur mon corps. Mon père, allongé au milieu de la salle, tentait lui aussi de se relever difficilement. Un vent froid pénétra dans la salle et je me sentis parcouru d’un frisson qui n’était pas seulement une réaction contre le froid : il exprimait la terreur qui grandissait en moi.

 

PS: Merci à toi pour les corrections ;)


 

par Padidu publié dans : Si la vie ne tenait qu'à un rubis
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Vendredi 30 novembre 2007
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Voici le début du chapitre deux de  Si la vie ne tenait qu'à un rubis, j'ai modifié légérement la police d'écriture pour faciliter la lecture et la compréhension.
Bonne lecture !

Chapitre 2 : Deux silhouettes

        - Pensais-tu pouvoir garder le Cœur du Sacrifice longtemps, Roi Stanislas ? J’ai compris que tu voulais sa puissance seulement pour toi petit frère !
Ces phrases, dites d’une voie sèche, venaient d’une fine silhouette encapuchonnée qui avançait vers mon père toujours plaqué au sol.
- Où as-tu mis le rubis petit frère ? continua la voie. Mon père me lança un regard inquiet alors que j’essayais encore de me débattre mais, comme si j’avais été prisonnière d’une toile d’araignée, l’étau se resserrait à chacun de mes mouvements et j’eus la respiration coupée par la pression. Ma vision commençait à se troubler quand l’homme, ayant sans doute compris les pensées de mon père, s’adressa à moi :
- Crois-tu que ton créateur te ferait du mal, Cœur du Sacrifice ? Arrête donc de te débattre. J’aimerais bien savoir ce que mon frère t’a fait pour que tu prennes aspect humain…
- Elle est humaine Richard, laisse-la respirer je t’en prie ! C’est ta nièce, cria mon père
- Humaine ? C’est impossible que le Cœur devienne humain, surtout pas avec la magie de tes vieux Sages qui savent à peine lancer un sortilège de protection autour du château… à moins que… Tu n’aurais pas fait ça Stanislas ? 
L’homme qui devait être mon oncle vint me relever et je pus enfin reprendre ma respiration, non sans difficultés cependant. Je toussais encore quand, en me saisissant par le bras, il me força à me relever pour fixer son regard glacial dans le mien. Je sentis la pression de ses mains sur mes bras devenir de plus en plus forte et je vis ses pupilles se dilater comme si une vérité venait de lui être révélée.
- Tu l’as fusionné ! Tu as osé fusionner ma gemme parfaite avec un ignoble corps humain ! hurla mon oncle.
- Ce n’était que pour lui sauver la vie, Richard, comprends moi… je t’en prie, murmura mon père, toujours maintenu au sol.
- Le Cœur du Sacrifice vaut bien plus que la vie de ta fille Stanislas ! Et je vais le récupérer ! 
        Je vis les doigts de l’homme s’approcher de ma poitrine et alors que mon esprit paniquait, mon corps refusa de m’obéir, de fuir devant le danger. Je restais plantée là, immobile, alors que je sentais la mort s’approcher de moi par le biais de cette main dont les ongles ressemblaient aux serres d’un aigle. Je ne comprenais rien de ce qui se passait autour de moi : les cris de mon père se mêlaient aux murmures de mon oncle et, dans mes pensées, j’essayais de comprendre le rapport qu’il y avait entre moi et le Cœur du Sacrifice. Détruit lors de la dernière guerre de Sylbiae, ce rubis maléfique avait contenu assez de pouvoir magique pour détruire Sylbiae ainsi que plusieurs pays voisins en même temps. Je sentis les ongles de l’homme se poser sur ma peau et un sentiment de répulsion monta en moi. Je voulais m’écarter, m’éloigner de ses yeux bleus si froids qui me retenaient près de cet individu qui voulait ma mort. Ce fut au moment où je sentis que j’allais m’évanouir que la verrière de la bibliothèque vola en éclats. A ma grande surprise, mon corps accepta de m’obéir et je pus me protéger le visage des débris qui tombaient. Quelques bouts de verre pénétrèrent dans la chair de mes bras, mais la peur que je ressentais surpassait de loin la douleur. Je compris vite pourquoi l’emprise de mon oncle sur moi s’était arrêtée : un poignard planté dans son bras l’avait forcé à me relâcher. Le visage crispé, il luttait pour enlever ce que j’avais reconnu comme étant un poignard à poison. Utilisées par les meilleurs combattants du Palais, ces armes étaient coûteuses mais efficaces : en plus de pouvoir blesser durement un adversaire, elles diffusaient un poison souvent mortel. Je levais les yeux vers ce qui restait de la verrière quand je vis une ombre dans la clarté de la lune : une silhouette chevauchant un pégase, cette race de chevaux ailés que ne pouvaient s’offrir que les grandes familles riches. Les cheveux longs de l’individu dansaient au rythme du vent devant son visage, si bien que je ne pus reconnaître celui qui se tenait au-dessus de nos têtes. Son destrier, d’un noir d’ébène, battait silencieusement des ailes et quelques plumes se mêlèrent aux débris de verre qui m’entouraient. Je vis des gouttes de sang au sol qui avaient coulé le long de mes bras et de mes mains mais je n’eus pas le temps de regarder mes blessures : mon père en se relevant s’adressa à l’homme qui s’approchait de lui sur son destrier :
- Prends-la avec toi et mets-la à l’abri ! Le poison ne fera pas effet assez longtemps pour que tu t’occupes de moi. Je te fais confiance pour la protéger.

***

Je publierai la suite la semaine prochaine !

 

 

par Padidu publié dans : Si la vie ne tenait qu'à un rubis
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Vendredi 7 décembre 2007
Voici la deuxième partie du deuxième chapitre de " Si la vie ne tenait qu'à un rubis", j'espère qu'il vous plaira
Bonne lecture !

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Chapitre 2 : Deux silhouettes ( 2ème partie)


- Bien Majesté, je ferai tout ce qu’il faut, répondit l’homme d’une voix suave qui me semblait familière. Il se dirigea vers moi avec le pégase et m’agrippa par la taille juste à temps pour que mon visage échappe à une boule de feu provenant de la main valide de mon oncle qui avait réussi à arracher le poignard. Je me débattais en criant : je ne pouvais pas laisser mon père seul face à cet homme dont les pouvoirs magiques dépassaient  de loin ceux des Sages du Palais. Je sentis l’étreinte de l’homme se resserrer encore autour de ma taille tandis qu’il me hissait sur le destrier pour m’asseoir devant lui, m’empêchant par la même occasion de voir son visage. Le vent froid de la nuit vint frapper mes joues, et je continuais à vouloir rejoindre mon père. Je criais pour que l’inconnu me relâche mais ses bras autour de ma taille ne desserraient pas leur étreinte. Il me plaça une main devant la bouche et menant le pégase grâce à ses genoux, il me retint de sauter du destrier qui avait déjà pris de la hauteur. Il approcha son visage que je ne pouvais pas distinguer dans la pénombre et me dit :
- A votre place, j’aurais déjà compris que celle qui les intéresse, c’est vous. Soit votre père est déjà mort, soit nous avons fui assez vite pour qu’ils ne prennent pas le temps de tuer Sa Majesté.
Sur ces mots rudes, il lança un regard derrière nous et reprit : 
- Ils nous suivent déjà alors calmez-vous où je ne garantis pas de nous tirer de cette embuscade.
     Effectivement, l’ombre de mon oncle et de plusieurs autres hommes nous suivaient sur des chevaux ailés. J’arrêtais de me débattre : j’avais pris conscience que ma vie seule n’était pas en jeu. La sienne aussi, en acceptant la mission du roi, cet homme qui me semblait familier avait promis de me protéger et je sentais que seule la mort pourrait l’en empêcher.

        Cela faisait bientôt deux heures que nous chevauchions suivi de près par mon oncle et ses acolytes. Mes bras étaient douloureux et je sentais de temps en temps le sang qui recommençait à couler lorsque que je tentais de les bouger. Le pégase survolait maintenant la campagne de Sylbiae et l’heure tardive avait fait s’éteindre les lumières des rares chaumières de fermiers. Nous avions pu éviter les boules de feu et les attaques continues mais la fatigue commençait à gagner mon compagnon et son destrier. L’étreinte qu’il avait maintenue autour du moi durant la première partie du voyage avait diminué et il n’hésitait plus à me relâcher pour décocher quelques flèches sur nos ennemis quand ils se rapprochaient dangereusement. Bientôt, nous arrivâmes au-dessus d’un village et la main de l’homme qui accompagnait ma fuite frôla ma cuisse alors qu’il sortait quelque chose d’une des poches qui pendaient le long du flanc du destrier. Un sentiment de confusion me prit un instant, vite chassé par la peur de voir les hommes de mon oncle nous rattraper. Nous survolions alors un petit village qui semblait endormi à cette heure tardive et où pas un bruit ne se faisait entendre à part celui du  clocher de l’église qui venait de nous indiquer qu’il était deux heures du matin. Le cavalier derrière moi me saisit de nouveau par la taille tandis qu’il me criait :
- Accrochez-vous Princesse, nous risquons d’être un peu secoués.
        Et sur ces mots, il lança vers nos poursuivants des petites balles qui en éclatant près d’eux libérèrent une fumée épaisse ressemblant à un brouillard d’hiver. Notre pégase plongea alors dans le vide jusqu'à frôler les toits des habitations du petit village. Instinctivement, je me serrais contre le torse de l’homme assis derrière moi. Le destrier volait à pleine vitesse et les étoiles défilaient au-dessus de nous. Tout à-coup, le cheval ailé effectua un virage serré vers le clocher et, à une vitesse folle, il se rapprocha dangereusement de la tour de pierre. Un cri allait m’échapper quand une main se plaça encore une fois devant ma bouche pour m’éviter de nous faire repérer. Le destrier entra dans le clocher par une minuscule ouverture sans aucunes difficultés. Dans le noir le plus complet, le destrier nous mena à travers des couloirs souterrains. Je ne sais pas combien d’heures nous sommes restés dans ce tunnel noir où le Pégase avançait au pas, mais lorsque l’on put enfin en sortir, l’aube pointait.
        Mes bras étaient engourdis et la douleur était devenue lancinante. Je ne saignais plus et je pouvais maintenant observer mes coupures dans la faible lumière de l’aube : des bouts de verre étaient encore dans les plaies et une infection ne tarderait pas à me donner la fièvre si on ne faisait rien. Mon compagnon descendit de sa monture et me saisit les mains afin d’examiner les blessures. Ce fut lorsqu’il leva les yeux vers moi que je reconnus enfin l’homme qui m’avait sauvé la vie. Ma surprise fut bientôt effacée par un sentiment de malaise qui me prit. Je me sentis tombée de selle avant d’être soulevée par des bras forts. La dernière chose que je vis avant de perdre connaissance fut son visage inquiet au-dessus du mien.

****

La suite la semaine prochaine !

 

 

par Padidu publié dans : Si la vie ne tenait qu'à un rubis communauté : L'écriture dans tous ses états
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Vendredi 14 décembre 2007
Voici le début du troisième chapitre ! On y retrouve Léonie qui s'était évanouie dans les bras d'un homme qu'elle semble connaitre. Mais qui est-il?

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Chapitre 3 : Le sanctuaire des montagnes ( 1ère partie)
 
        C’était doux et chaud… J’ouvrais à peine les yeux et stupéfaite un premier instant de ne pas me retrouver dans ma chambre, la douleur qui naquit dans mes bras quand je me redressais me fit revenir en mémoire les événements de la nuit. Je ne savais pas comment j’étais arrivée ici, mais les bandages sur mes bras me rassuraient : on ne traitait pas si gentiment un otage ou un ennemi.
        J’observais la chambre : elle était propre, et les meubles blancs laqués auraient comblé n’importe quelle fille. Le lit à baldaquin dans lequel j’avais dormi devait à lui seul coûter une fortune : je ne pouvais être dans la demeure de Ian… Quelle surprise d’avoir vu son visage avant de m’évanouir ! Je n’aurais jamais pu deviner que c’était lui si je ne l’avais vu. Que l’un des serviteurs de mon frère ait pu posséder un poignard à venin et un pégase était impossible : le prix d’une seule de ces merveilles était à lui seul plus élevé que le salaire de toute une vie de serviteur. J’essayais de me souvenir de mes derniers instants de conscience mais seul le visage de Ian me revenait : ses yeux inquiets et ses longs cheveux bruns qui m’avaient caressée la joue quand il m’avait soulevée. Mais où avait-il pu m’emmener ?
        Un coup discret se fit entendre à la porte. Une femme d’une quarantaine d’années entra. Elle avait l’air gentille avec ses grosses joues et son air joyeux.
- Vous voilà enfin réveillée, dit-elle avec une voix enjouée. Monsieur Ian est resté avec vous toute une partie de la journée et il serait encore là si Madame la Comtesse ne l’avait pas forcé à aller se reposer…  Mais je parle trop ! Je suis Faustine et vous êtes ici dans la demeure du Comte Cardo.
- Ce n’est rien, mais je crois vous avoir entendu dire « Monsieur Ian »?
- Oui Mademoiselle. Monsieur Ian est le fils de Monsieur le Comte.
- Pardon ? Ian ? Fils d’un Comte ? 
 La stupeur devait se lire sur mon visage et elle précisa:
- Monsieur Ian est quelqu’un de très discret Mademoiselle…
- Pourrai-je bientôt le voir ?  lui demandai-je.
Je voulais m’assurer au plus vite que ce qu’elle venait de dire était vrai. Ian, un futur Comte ? C’était impossible… Lorsque 10 ans plus tôt, il était entré au service de mon jeune frère, nos parents nous avaient certifié qu’il était orphelin… Il avait grandi près de nous, ne se mêlant jamais à nos jeux, mais nous savions que comme nous, il connaissait le Palais par cœur et qu’il savait à n’importe quel instant où nous nous trouvions. Qui aurait pu penser que ce jeune homme discret aux yeux verts si troublants était le fils d’un Comte ?
- Il doit dormir Mademoiselle. Il était blanc comme un linge quand Madame l’a forcé à sortir de votre chambre. Monsieur le Comte a fait une folie quand il l’a placé en mission à un si jeune âge… Et moi je parle encore trop et je vous laisse prendre froid en nuisette !
Puis lorsqu’elle se dirigea vers une petite porte que je n’avais pas remarquée, elle crut bon d’ajouter :
- Je vais vous chercher des vêtements propres. Vous ne pouvez pas rester toute la journée dans cette tenue et je doute que la robe que vous portiez hier soir soit présentable. Vous avez saigné abondamment, ne forcez pas trop…
        Je me levai du lit, grimaçant sous les courbatures et la douleur qui venait encore de mes bras. Faustine tira une bassine d’eau chaude dans la chambre et à son grand étonnement, je ne voulus pas qu’elle reste pour m’aider dans ma toilette.
- J’ai toujours préféré la faire seule, expliquais-je, même au Pal…
- Pas un mot de plus Mademoiselle, me coupa-t-elle. Ici les murs aussi peuvent avoir des oreilles et j’ai appris pour ma sécurité à ne pas me mêler des secrets de mes maîtres. Maintenant, je vous laisse. Encore une petite chose, ajouta-t-elle la main sur la poignet de porte, il est trop tard pour que vous puissiez déjeuner cependant Madame la Comtesse sera certainement ravie de partager une tasse de thé avec vous sur la terrasse.
- Merci Faustine.
 Son sourire avant de sortir me donna un peu de courage. Une servante souriait rarement quand son maître était désagréable et un homme qui traitait bien ses serviteurs ne pouvait être foncièrement mauvais. Cependant, en me laissant seule, elle avait aussi laissé la porte ouverte à mes inquiétudes : je n’avais pas encore eu de nouvelles de ma famille… 
***
La suite la semaine prochaine : vous y retrouverez Leonie et les Cardo au complet !
( enfin c'est ce qui était prévu...)

par Padidu publié dans : Si la vie ne tenait qu'à un rubis communauté : Ecrivains et vains écrits !
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Vendredi 14 décembre 2007
Bon, suite à la demande voila la seconde partie du chapitre 3 !
Contente Mary? ;)

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Chapitre 3 : Le sanctuaire des montagnes ( Seconde partie)
 

        Une demi-heure plus tard, vêtue de la légère robe au motif fleuri que m’avait laissée Faustine, je descendis un magnifique escalier de marbre blanc. Je ne cessais de m’émerveiller devant la splendeur de la demeure dans laquelle je me trouvais. Bien plus petite que le Palais, elle devait cependant valoir une petite fortune. De grandes fenêtres laissaient filtrer la lumière dans les couloirs où s’amoncelaient des meubles d’une grande qualité, tous finement sculptés dans des bois rares et coûteux. En bas de l’escalier de marbre, je m’aperçus que les fenêtres avaient laissé place à un magnifique vitrail qui renvoyait sur le sol l’image d’une rose bleue épanouie. Je levais les yeux vers le plafond peint, et je fus stupéfaite d’y découvrir un merveilleux jardin de roses au milieu duquel se promenait une magnifique jeune femme blonde aux courbes généreuses vêtue d’une longue robe blanche. Elle tenait un enfant dans ses bras et semblait lui montrer l’une des épines d’une des roses bleues qui se trouvaient dans cette magnifique roseraie.
- Même les plus belles roses possèdent des épines.
 Une silhouette familière venait d’apparaître en bas de l’escalier.
-  Ian ?
J’étais heureuse de le revoir, j’allais enfin avoir des nouvelles de ma famille.
- Je sais qu’il y a une vague ressemblance, mais je n’ai plus les 18 ans de mon fils Mademoiselle, dit l’homme en s’approchant de moi. Je suis le Comte Cardo, Princesse, le père de Ian comme vous l’aurez sans doute compris.
- La ressemblance est vraiment stupéfiante. Excusez-moi de la confusion.
Le même regard, le même visage et la même silhouette que Ian. Une vague ressemblance avait-il dit ? La seule différence entre eux deux était l’âge : des cheveux qui commençaient à se parsemer de blanc et quelques rides aux coins des yeux, j’avais l’impression de regarder Ian dans 30 ans.  Il n’y avait aucun doute sur leur lien de sang. Celui que j’avais considéré comme un serviteur toutes ses années était bel et bien le fils d’un Comte, cependant, je me demandais encore pourquoi je ne connaissais rien de ces gens qui faisaient pourtant parti de la noblesse de Sylbiae. Et pourquoi je n’avais toujours pas d’informations sur les évènements de la nuit précédente et encore moins sur l’état de santé de ma famille.
- Ma femme nous attend sur la terrasse pour le thé, reprit-il en m’indiquant la direction d’une porte vitrée à gauche de l’escalier.
- J’aimerais avoir des nouvelles de ma famille Comte Cardo, je voudrais voir mon père.
- Je vous rassure, votre famille n’a rien. J’ai reçu un de vos aigles royaux ce matin alors que vous dormiez encore. Si je vous avais réveillée j’aurais reçu les foudres de ma femme, de Faustine et de Ian, dit-il en riant. Je lui souris et repris :
-   Vais-je bientôt pouvoir revoir ma famille ?
- Votre père devrait venir nous rejoindre dans la soirée. Le reste de votre famille est en sécurité : il semblerait que votre oncle n’en ait qu’après vous.
- Cela devrait-il me rassurer ? ne pus-je m’empêcher de demander ironiquement.
- Ne sous-estimez pas les Cardo, me répondit-il, sa voix reflétant la fierté qu’il avait de son nom. Ma famille protège la vôtre depuis bien des siècles et croyez moi, notre maison est sans doute le lieu le plus sûr pour n’importe quel membre de votre famille en ce moment. Si quelqu’un tentait de venir jusqu’ici sans connaître la région, je ne donnerais pas cher de sa vie, conclut-il lorsque nous sortîmes enfin sur la terrasse.
        Je compris cette dernière phrase lorsque que j’aperçus l’horizon. Entourée de montages, la demeure ressemblait à un bijou enfermé dans un écrin mais le paysage magnifique que je voyais devait décourager les plus curieux à s’aventurer jusque là. En effet, à moins de trouver un passage menant directement à l’intérieur de ce sanctuaire bordé de monts, il aurait été difficile pour n’importe qui de venir visiter la maison des Cardo sauf sur le dos d’un solide pégase comme celui que Ian montait hier, et même ainsi son arrivée n’aurait pas pu passer inaperçue. Pourtant la vision que j’avais à ce moment méritait bien selon moi, le voyage difficile à travers les montages : la demeure aux multiples fenêtres renvoyait les rayons du soleil en un halo qui mettait en valeur les pierres blanches qui l’a composaient. Cependant, je découvris vite que malgré tous ses attraits, la maison n’était pas la plus grande merveille qui se tenait près de moi. En effet, elle ne pouvait rivaliser avec la beauté de la femme assise devant nous. Elle était blonde avec de grands yeux bleus et sa ressemblance avec la femme du plafond de l’escalier me frappa aussitôt : j’aurais jurer qu’elle avait servi de modèle au peintre. Elle s’adressa à nous d’une voix qui aurait rendu jalouse les plus grandes cantatrices de Sylbiae :
-  Bonjour Princesse. Venez donc prendre un peu de thé et quelques douceurs. Vous devez être affamée après toutes vos aventures.
- Je vous remercie, Comtesse Cardo je présume ? lui demandai-je tout en étant sûre de la réponse.
- Je suis désolée, je néglige la simple politesse. Je suis bien la Comtesse, mais appelez-moi Elisa. Je suis aussi l’épouse de cet homme négligeant qui a envoyé mon fils à l’abattoir, ajouta-t-elle avec une pointe d’énervement dans la voix en regardant le Comte. Il me tira une chaise pour que je puisse m’asseoir puis vint déposer un baiser sur le front de sa femme.
- Tu sais bien que Ian est un jeune homme fort, lui dit-il tendrement comme pour se faire pardonner.
- C’est encore mon fils ! Et je m’inquiète quand je le vois partir en mission, quoi de plus normal pour une mère ?
- Encore à vos disputes… Ne vous méprenez pas Princesse, ces deux là forment un couple très heureux en vérité, dit Ian en arrivant.
J’étais heureuse de le voir : enfin un visage connu ! Il avait l’air un peu fatigué mais son regard vert gardait une certaine vivacité. Il se pencha vers moi et me dit :
-Vous m’avez inquiété quand je vous ai vu vous effondrez. Pardonnez-moi de ne pas avoir pris en compte votre fatigue et vos blessures. Permettez-moi de me présenter officiellement cette fois : Je suis Ian Cardo, fils du Comte Cardo. Je demeure cependant votre humble serviteur, Princesse.
Sur ces mots, il me saisit la main et y déposa un baiser.Il souriait et je ne pus que lui rendre son sourire en rougissant. Il m’avait fait accélérer le cœur plus que je ne voulais me l’avouer et j’eus du mal à suivre la conversation qui s’en suivit parmi mes hôtes. La présence de ce jeune homme que j’avais à peine remarqué toutes ces années me troublait. Je me surprenais même à lui trouver un charme indéniable. Lorsqu’il s’adressa à moi, je mis quelques secondes à m’en rendre compte. Avec un rire qui accentua mon trouble d’avantage encore, il me conseilla :
-  Votre père devrait arriver ce soir, je pense qu’un peu de repos ne nous ferait aucun mal à vous comme à moi. Qui sait ce qui nous arrivera demain...


*****
Ce sera tout pour cette semaine ! Je n'ai pas encore eu le temps de corriger le chapitre 4 donc patience ! 
Dorénavant je ne publierai que des chapitres entiers ( suites à des pressions psychologiques énormes... Je dénonce  : Le Geek Grums c'est aussi ta faute !)
 

 

par Padidu publié dans : Si la vie ne tenait qu'à un rubis communauté : Ecrivains et vains écrits !
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