Voila je publie enfin mon premier texte sur ce blog . J’essaierai de publier la suite assez régulièrement.
En attendant je vous laisse avec le premier chapitre de « Si la vie ne tenait qu’à un rubis »
Bonne lecture !
Ma plume, après toutes ces années, a enfin décidé d’écrire ce que j’ai vécu. Ma vie, remplie de souvenirs, de rêves, de rires mais aussi de pleurs qui me la rendent si précieuse, j’ai compris
qu’elle m’appartenait malgré son origine.
Chapitre 1 : Un vent de peur
Allongée sur mon lit, je savourais enfin un moment de repos après cette journée. J’avais 16 ans et, pour me présenter en tant que nouvelle princesse à
marier, il avait fallu organiser une fête pour que tous puissent admirer la jeune fille que j’étais. Ma sœur, Elisabeth, était passée par là avant moi et j’étais bien heureuse qu’elle m’ait
accompagnée toute la journée pour m’aider. Seule, j’aurais fini par m’effondrer tant il y avait de gens à me présenter, de jeunes hommes avec qui il me fallait danser : un jour, il faudrait
bien que j’épouse un jeune noble fortuné qui pourrait subvenir à mes besoins comme le disait souvent ma mère et ma sœur sur le ton de la plaisanterie.
La cérémonie avait eu lieu dans l’après-midi et s’était achevée avec un dîner réunissant notre proche famille : deux cents convives, tous cousins,
oncles, tantes et autres parents venant de tout Sylbiae, et même de contrées voisines, pour me féliciter. Il y avait aussi quelques prétendants qui avaient les faveurs de mon père : tous
plus ennuyeux les uns que les autres, ils ne manquaient aucune occasion pour montrer à mon père à quel point ils lui étaient fidèles et qu’ils seraient plus qu’honorés d’épouser ma sœur ou même
moi. La journée avait été merveilleuse et j’avais enfin 16 ans ! Père me laisserait bientôt voyager, voir du monde, des pays différents de Sylbiae qui me paraissait tellement insipide.
J’avais pu rejoindre ma chambre sur les coups de minuit et, malgré l’heure tardive, je m’apprêtais à rejoindre ma famille dans la bibliothèque. C’était
une habitude que mon père, le Roi, avait mise en place : chaque soir, quelle que soit l’heure, avant de nous coucher, nous faisions une réunion de famille. Dans la journée, nos parents, avec
leurs rôles de souverains, ne pouvaient nous accorder beaucoup de temps, et s’il nous arrivait à mon frère, ma sœur ou moi, d’avoir à leurs demander quelque chose, l’horrible protocole nous
obligeait à maintenir un air digne et un certain détachement envers eux. Les réunions nocturnes étaient pour nous, un moyen de nous retrouver et de vivre comme une vraie famille pour quelques
heures au moins.
J’enlevai la robe que ma mère avait choisie spécialement pour cette occasion d’un blanc immaculé et remplie de dentelle ; je la jugeais bien
trop sophistiquée, et surtout agaçante : elle m’empêchait de bouger comme je le voulais.
« Pour une fois dans ta vie, sois élégante, Léonie ! Tu es l’une des Princesses de Sylbiae ! » m’avait dit ma mère. Je pouvais lui
faire le plaisir, au moins pour ce jour-là, de satisfaire son rêve de me voir habillée en vraie princesse contrairement à mes habitudes. Je préférais les tenues plus sobres et moins encombrantes
pour pouvoir me faufiler en dehors du Palais quand j’en avais envie.
J’enfilai ma robe d’intérieur favorite, d’un joli vert qui mettait en valeur la couleur de mes yeux couleur d’ambre. Le grand miroir près de ma
fenêtre me renvoya l’image d’une jeune fille rousse, aux yeux fatigués mais brillants, ainsi que le reflet de mon lit qui m’exaspérait plus encore que la robe choisie par ma mère. Ma chambre,
toute de blanc et vert, avait tout d’un nid de jeune fille. Complètement indifférente à mes goûts, ma mère avait tenté de l’organiser pour qu’une part de féminité s’y exprime : il y avait un
lit à baldaquin sur la gauche couvert de dentelle et de noeuds blancs mêlés à un tissu d’un vert pâle, auprès duquel trônait une coiffeuse, où l’on pouvait voir se dresser un autre grand miroir,
et placés là, comme pour me forcer à en faire usage, des flacons en verre. Bien entendu, c’était peine perdue, jamais je n’aurais appliqués leurs contenus divers et variés sur mon visage. Dans le
coin opposé, une grande armoire blanche complétait mon mobilier que venait égayer la clarté de la lune apportée par une porte vitrée donnant sur un petit balcon dont la vue était sans doute ce
qui me ravissait le plus dans ma chambre.
En parcourant les vieux couloirs du Palais, je sentis un brin de nostalgie me prendre : il n’y avait pas si longtemps que nous avions arrêté d’y jouer à cache-cache avec Elisabeth et Sam, notre petit frère. Il nous suivait tant bien que mal dans nos jeux, malgré la différence d’âge qu’il y avait entre nous. Nous aimions particulièrement le jardin que ma mère entretenait avec l’aide des jardiniers. Dans ce lieu magique où se mêlaient les odeurs d’herbe, de fleurs et de fruits, nous avions une vue magnifique du Palais, avec ses sept tours et ses remparts imposants. C’était notre maison avant tout, et ce grand château n’avait aucun secret pour nous, des plus grandes salles aux plus petits passages secrets : nous les avions tous découverts durant nos explorations.
Continuant mon chemin pour aller jusqu’à la bibliothèque, je passai devant des tableaux qui, si on savait comment les faire pivoter, menaient à des escaliers
aux marches étroites, dans lesquels nous nous réfugiions quand notre précepteur nous cherchait afin de commencer une leçon sur l’histoire de Sylbiae et les grands Rois qui avaient précédé notre
père.
J’entrai dans la bibliothèque et aussitôt, un poids s’abattit sur mon dos. Je grimaçai de douleur. D’une nature affective, mon frère pesait
néanmoins son poids et j’avais bien du mal à le porter. J’essayai de le faire descendre de mon dos, mais il était plutôt têtu : à bientôt 10 ans, je pense qu’il n’imaginait pas le rôle de Roi qui
l’attendait. Il obtempéra cependant lorsque mon père intervint : Sam était obstiné avec ma mère, ma sœur et moi, mais il ne refusait jamais un ordre direct de mon père : il me prit par
la main et me conduisit près de mes parents et de ma sœur, qui parlaient devant la cheminée.
La bibliothèque royale contenait des milliers de livres, mais malgré cela, l’ambiance, loin d’être studieuse et calme, regorgeait de chaleur et de vie
lorsque nous étions tous assemblés là, dans les fauteuils entourant la grande cheminée en dessous de la verrière qui, la journée, laissait pénétrer une lumière douce dans cette pièce et qui, la
nuit, nous permettait d’apercevoir les étoiles et de recevoir des cours d’astronomie de nos professeurs préférés : nos parents.
Je m’approchai d’eux pour venir les embrasser quand mon père se leva et déclara :
- Joyeux anniversaire Léonie ! Tu as grandi tellement vite ! Elisabeth et toi êtes vraiment devenues de magnifiques jeunes filles.
- Le temps passe si vite, ajouta ma mère. Je me fais vieille alors que vous rayonnez de jeunesse… bien que tu sois un vrai garçon manqué Léonie…
- Maman! Tu as déjà Elisabeth comme fille magnifique, tu devais bien avoir un garçon comme moi, répondis-je en faisant rire toute la famille qui s’était habituée à mes manières bien différentes
de celle d’une dame.
- Tu changeras quand tu trouveras l’homme à qui tu voudras plaire ma fille. D’ailleurs, il y avait quelques jeunes hommes à la fête, je suis sûre que l’un d’entre eux vous a plu ! Il serait
temps de penser à vous trouver des fiancés mes fi…
Elle avait été interrompue par un gros bruit sourd, suivi de cris dans les couloirs. Mon père poussa Sam dans les bras de ma mère et saisit une épée qui se
trouvait fixée au mur. J’entendais les serviteurs qui tentaient d’arrêter quelqu’un, et mon sang se glaça de peur. Ma mère ouvrit l’un des passages secrets de la bibliothèque et,
m’attrapant par le bras, voulut m’y pousser. Je saisis mon père à la taille pour qu’il vienne avec nous, mais il résista et je compris que je ne pourrais le faire sortir de la pièce tant qu’il ne
serait pas assuré de notre sécurité à tous. Je poussai ma mère dans le passage et le refermai derrière elle. Je l’entendis crier et taper du poing contre le mur, mais celui-ci ne pouvait s’ouvrir
que de l’intérieur de la bibliothèque. Il fallait qu’elle comprenne que moi aussi, je les protègerais, sinon à quoi bon les cours d’escrime et de lutte que j’avais demandés en
suppliant ?
Les cris de ma mère cessèrent quand la porte de la bibliothèque explosa. Elle savait qu’il fallait maintenant protéger Sam et Elisabeth avant
tout, et que seule la fuite par le passage secret leur garantissait la sécurité.
Une silhouette apparut devant la porte, et arrachant une épée du mur, je tentais de m’élancer vers mon père quand je me sentis plaquée au sol par une force
dont je ne connaissais pas la provenance. Je tentais de me relever, mais plus j’essayais et plus je ressentais un poids sur moi. En peu de temps, je ne pouvais même plus bouger et la pression
devint douloureuse. Un gémissement m’échappa quand je sentis ma respiration faiblir à cause du poids exercé sur mon corps. Mon père, allongé au milieu de la salle, tentait lui aussi de se relever
difficilement. Un vent froid pénétra dans la salle et je me sentis parcouru d’un frisson qui n’était pas seulement une réaction contre le froid : il exprimait la terreur qui grandissait en
moi.
PS: Merci à toi pour les corrections ;)
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