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Jeudi 17 avril 2008

Pour ceux qui l'attendait voici en avance la deuxième partie du chapitre 3 de " Ce que l'on vit lors d'un rêve". J'espère que mon nouveau personnage vous plaira, c'est peut être mon préféré dans cette histoire ;). Bonne lecture !

 

 


Chapitre 3 : Quand le rêve commence... ( partie 2 )


Là, comme son frère avant elle, Léo se prit la tête entre les mains et laissa son chagrin la submerger : personne ne la voyait, personne ne pouvait l’aider et pire encore elle faisait du mal à son père et à son frère en restant allongé sur ce lit d’hôpital. Dans un sanglot, elle murmura :

- Comment vais-je m’en sortir ?


- En commençant par arrêter de pleurer dans ton coin ? lui demanda une voix masculine à côté d’elle.

Léo releva vivement la tête et croisa un regard si particulier que ses larmes cessèrent de couler : deux yeux de couleurs différentes la fixaient. Une idée fulgurante traversa l’esprit de la jeune fille encore embrumé par les récents événements : cet homme pouvait la voir ! Un œil bleu et l’autre vert, c’était sans doute cette particularité qui faisait qu’il la voyait.  L’inconnu dont le visage était entouré par une épaisse chevelure brune lui fit un sourire rassurant.

- Je sais que j’ai un regard particulier, on dit que ce sont des yeux vairons. J’avais des problèmes avec mes camarades à l’école à cause de ça mais je ne pensais pas faire arrêter de pleurer quelqu’un grâce à cette particularité. Tiens, ajouta-t-il en lui tendant un mouchoir qu’elle prit d’une main tremblante en évitant de toucher les doigts de son interlocuteur : il la voyait mais rien ne disait qu’elle ne pouvait pas traverser son corps. Elle se tamponna les yeux sous le regard curieux de l’homme qui l’observait.

            Sans bien savoir pourquoi, il avait voulu s’arrêter pour aider la jeune blonde assise devant lui. Elle était plutôt mignonne avec sa robe blanche et ses grands yeux bleus mais il aimait les silhouettes plus masculines. Qu’est ce qui l’avait donc poussé à s’arrêter pour elle ? «  Le simple fait qu’elle paraissait seule au monde. » pensa-t-il.

- Merci Monsieur, dit-elle en lui rendant son mouchoir humide.

- Appelle-moi Jeremy. Si tu passes par ici souvent, on sera certainement amener à se revoir. Et toi, comment tu t’appelles ? demanda-t-il en s’asseyant sur le siège à côté d’elle.

- Sarah, lui mentit-elle.

Le nom de sa mère lui était venu naturellement sur les lèvres. Quelque chose la poussait à donner le moins d’informations possibles sur elle à cet inconnu. De plus de nombreux regards intrigués s’étaient attardés sur Jeremy. Aux yeux de tous, il devait parler tout seul, alors si il commençait à annoncer qu’il discutait avec la jeune fille qui était dans le coma, il risquait fortement de se faire interner.

- Enfin bref, je sais pas pourquoi t’es la mais t’en fais pas, ça va s’arranger alors arrête de pleurer…

- Je vais essayer… et vous, pourquoi êtes-vous là ?

Elle essayait simplement de changer de sujet, si il lui posait des questions,  il faudrait qu’elle mente et elle se sentait l’esprit trop confus pour arriver à inventer une histoire plausible.

- Tu peux me tutoyer. Je suis là pour ma mère. Elle est hospitalisée en long séjour à cause de ses problèmes respiratoires. On espère qu’elle ira mieux mais à son age,  je ne sais pas si elle va s’en remettre.

- Je suis désolée…

- Ne t’inquiètes pas pour moi, je pense que tu as assez de problèmes à toi toute seule pour t’occuper de ceux des autres non ? Dis, tu n’as pas froid avec ta robe ?

Pour la première fois, elle remarquait sa légère robe blanche qui dénudait ses épaules tout en couvrant ses bras de manches légères et transparentes. Ses pieds étaient chaussés de petites sandales d’où partaient deux lacets qui s’enroulaient autour de ses chevilles pour monter jusque sous ses genoux. Surprise de ne pas l’avoir remarqué plus tôt, elle balbutia la première excuse qu’elle put trouver :

- Je n’ai pas pris le temps de me couvrir en sortant de la chambre

- Alors tu es patiente ici, conclut-il. Tiens prends ma veste, j’ai un pull alors je n’aurais pas froid.

- Mais…

Elle s’était faite avoir, maintenant il savait qu’elle était patiente et non pas visiteuse. Un petit détail, mais si il lui venait la fantaisie de demander à une aide soignante ou à une infirmière ou trouver Sarah, la jeune fille blonde hospitalisée, que lui répondrait-on ? Aucune Sarah dans le service…

- Ne t’en fais pas, lui dit-il en plaçant d’autorité sa veste sur les épaules de la jeune fille et  dévoilant un fin pull blanc qui mettait autant en valeur la silhouette svelte de l’homme que le jean qu’il portait. Je viens souvent ici aux environs de 17h, tu pourras me la rendre plus tard. Je traîne par ici habituellement.

- D’accor…

Léo se stoppa net quand elle aperçut son frère apparaître au coin du couloir. Elle le suivit du regard quand il passa devant elle et instantanément les larmes lui montèrent aux yeux mais elle les refoula. Se sentant observée, elle tourna son visage vers Jeremy qui l’observait. Gênée, elle lui dit :

- Je vous…

- Je te, la corrigea-t-il machinalement.

- Je te laisse.

            Et sans un mot de plus, elle partit en courant, laissant la veste sur la chaise. Le brun la saisit en se relevant, l’esprit en pleine ébullition. Premièrement, il ne savait pas pourquoi il se prenait pour vocation d’aider les jeunes filles qui pleuraient dans les couloirs d’hôpital, deuxièmement il n’avait aucune attirance pour les femmes alors encore moins une gamine, et troisièmement il avait déjà assez de ses propres problèmes. Mais malgré tout cela, il l’avait aidé, l’avait trouvée mignonne malgré sa féminité et il avait oublié pendant 5 minutes ses propres problèmes, la dernière chose étant déjà en elle-même un exploit.

            Sa mère était malade depuis l’enfance et il s’en était toujours occupé et à présent, les médecins lui disaient qu’elle allait bientôt mourir. Le petit univers qu’il avait bâti autour d’elle s’effondrait. Pendant des années, il avait lutté pour obtenir des financements pour ces études, jonglant entre les bourses et les petits jobs d’étudiant et alors qu’il obtenait enfin un travail, qu’il pensait pouvoir rendre la vie de sa mère plus joyeuse, on lui annonçait une fin proche. Avec amertume, il pensait souvent qu’ils n’avaient pas su profiter de ses années passées ensemble, aussi bien elle que lui. Et puis il y avait Allen… mais il préférait ne pas y penser, cette blessure était encore trop fraîche.

            Oui, elle lui avait fait oublié tout ça, et seulement en pleurant dans un couloir d’hôpital. Il avait dit qu’ils se reverraient, et après tout pourquoi pas ?  Elle avait aiguisé sa curiosité avec son regard quand le roux était passé près d’eux. C’était un adolescent d’environ son age, peut-être un peu plus vieux, qui avait troublé Sarah, mais Jeremy n’avait pas vraiment eu le temps de le regarder tant l’émotion qui s’affichait sur le visage de Sarah avait retenue son attention : un mélange de désespoir et de résignation.

            D’un pas rapide, il sortit de l’hôpital et consulta sa montre : il lui restait très exactement 20 minutes pour arriver au lycée où il donnait son premier cours en tant que professeur d’anglais.


****

Voila, rendez-vous la semaine prochaine pour la suite ! N'hésitez pas à me laisser vos impressions, vos avis... Bonne semaine à tous !

par Padidu publié dans : Ce que l'on vit lors d'un rêve communauté : L'écriture dans tous ses états
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