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Vendredi 8 février 2008

Et voila, suite a mon petit sondage, la suite du dernier jour arrive. Laura et Daniel semblent être dans une parfaite petite idylle non? Cela ne durera pas...
Bonne lecture.


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Le dernier jour, partie 2


C’est ainsi qu’ils s’étaient rencontrés. Laura s’en souvenait encore comme si elle y était malgré les deux ans qui étaient passés depuis. Elle savait que toute sa vie, ce souvenir resterait gravé dans son cœur. Tout comme celui de cette nuit où tout avait basculé.
         C’était deux jours avant que Lisa ne la rejoigne. La jeune mannequin avait passé presque tout son temps libre avec Daniel : ils se baladaient en forêt, mangeaient ensemble mais jusqu’à ce jour-là, ils n’avaient pas encore dormi ensemble. Juste après dîner, il lui avait pris la main en veillant à ne pas modéliser son poignet enserré dans une attelle et l’avait emmenée dans la chambre. Là, ils s’embrassèrent longuement avant de commencer à se déshabiller. Les mains de Daniel s’affairaient sur le pantalon de la jeune femme quand le téléphone sonna. Avec un grognement, il jeta un regard à son téléphone portable avant de décrocher précipitamment.
- Christine !? Qu’est ce qui se passe ? Calme-toi ! J’arrive. Demain matin au plus tard, je serais près de toi et du bébé… Fais-moi confiance, je m’occuperai de tout, je n’aurais pas du vous laisser partir…
Déjà Laura n’écoutait plus. C’était comme ci on lui avait planté un couteau dans le cœur. Elle avait cru Daniel quand il lui avait dit être célibataire, elle avait fini par croire que Christine n’était qu’une connaissance. Elle avait été tellement naïve ! Les mains tremblantes, elle boutonnait son chemisier alors qu’il commençait à entasser des vêtements dans une valise. La voyant faire, il s’arrêta et vint lui saisir les mains. Sans même réfléchir, elle le gifla de toutes ses forces et, les yeux brillants de larmes, elle déclara :
- Tu aurais pu être honnête ! Mais tu m’as trompée et elle aussi ainsi que ton enfant !
- Laura écoute moi ! cria-t-il en tentant de lui saisir les mains.
- Non ! arriva-t-elle à articuler avant de fuir de la location de Daniel.
         Elle couru entre les arbres, buttant contre les racines dans la nuit noire et quand elle fut enfin arrivée devant sa maison, elle s’y enferma. Adossée à la porte, elle sentit les coups répétés sur la porte se propager dans son corps. Il criait pour qu’elle le laisse entrer, pour qu’ils puissent parler, mais comment lui faire confiance ? A bout de nerfs et de patience, il déclara enfin :
- Je pensais que tu avais confiance en moi Laura…
          Puis tout devint calme. La nuit passa sans qu’aucun écho ne parvienne de nouveau dans la maison. La jeune top modèle se cloîtra dans sa chambre, ne cessant de pleurer. Quand vers midi elle sortit enfin dehors, la lumière fut douloureuse pour ses yeux rougis et gonflés. Comme un automate, elle se dirigea vers l’habitation de Daniel mais elle la trouva fermée à clef. Le 4x4 du jeune homme avait disparut lui aussi. Il était bel et bien parti, les vacances étaient finies, le rêve aussi. Le lendemain, Lisa la retrouva dans sa chambre, les yeux perdus dans le vague. La maquilleuse était tellement inquiète qu’elle avait fait appel à Richard pour l’aider à faire sortir Laura de sa léthargie.
 
         Elle s’était sentie trahie et tellement naïve mais pire encore, elle était sincèrement tombée amoureuse de cet homme. Profondément même. Si seulement elle l’avait écouté à l’époque ! Ses mains tremblantes froissaient la lettre qu’elles tenaient. Mais elle pouvait encore reculer, il fallait qu’elle annule cette mascarade. Les larmes aux yeux, elle cacha le bout de papier dans son corsage et lança un sourire à son amie.
- Courage ma chérie ! l’encouragea Lisa quand la porte de la voiture s’ouvrit devant l’église.
         Sans même la remercier, Laura sortit de la voiture, entra dans l’édifice et remonta l’allée centrale en courant. Richard, l’air surpris, s’ avança vers elle.
- Richard… je ne … je ne peux pas, commença-t-elle essoufflée.
- Mais pourquoi Laura ? Ne m’abandonne pas !
- Non ! Elle ne peut pas ! cria une voix.
Le visage de Richard devint blanc et tout en regardant l’homme qui venait d’intervenir il balbutia :
- Alex ?
- Richard arrête tout ça. Dis la vérité ! Ne me fais pas ça, je ne pourrai pas le supporter.
On sentait une réelle détresse dans cette dernière phrase.
- Mais je ne peux pas !
- C’est Laura qui ne peut pas… Dis-leur bon sang ! Prouve moi que tu n’as pas honte !
- Je n’ai pas honte mais …
Richard lança un regard à sa mère qui semblait se décomposer petit à petit. Elle s’approcha de son fils et lui posa la main sur le bras. Avec une voix qui semblait appartenir à une petite fille, elle déclara :
- Richard, qu’est ce que s’est que cette histoire ? Cette petite moins que rien t’as trompée avec cet homme c’est ça ?
Elle semblait vouloir trouver l’explication la moins plausible et devant l’idée de sa mère, Richard explosa d’un rire nerveux, qui le libera de la tension qui l’habitait. Il reprit son souffle devant l’ensemble des invités médusés qui avaient suivi la conversation depuis le début. Laura savait qu’Alex n’était autre que le petit ami de Richard mais elle ne s’attendait pas à la suite des événements. Le photographe s’approcha de son ami et le saisit par la nuque.
- Puisque tu me mets devant le fait accompli, lui murmura-t-il.
Et c’est alors que sous les murmures des spectateurs, Richard embrassa Alex. Il se sépara de son compagnon avec un sourire et alors que ce dernier reprenait son souffle après ce baiser spectaculaire, le photographe s’adressa à sa mère :
- J’ai fini la comédie. Acceptez-le si vous le souhaitez, je n’en ai plus rien à faire.
Sans même un regard pour son fils, la vieille femme sortit de l’église. Un grand soupir s’échappa de la gorge de Richard : sa mère n’accepterait sans doute jamais son choix.
- Tu voulais me dire quelque chose Laura ? demanda-t-il.
- Oui ! Touts mes vœux de bonheur à vous deux ! Mais prends ça, je n’ai plus le temps de t’expliquer ! lui dit-elle en lui mettant une enveloppe chiffonnée entre les mains.
Arrachant son voile, elle courut vers la sortie des larmes de joie dans les yeux. Alex et Richard, main dans la main la suivirent et c’est sous des gerbes de riz et de pétales de rose qu’ils traversèrent l’arche de l’église. Les collègues de travail du photographe qui connaissaient tous la situation du couple étaient heureux de la tournure des événements. Ce ne fut que lorsque les deux tourtereaux furent au calme dans la voiture que Richard prit le temps de lire la missive que lui avait confiée Laura.
 
                   «  Chère Laura,
         Je ne sais pas si aujourd’hui est le meilleur jour, mais c’est sans doute le dernier dont je dispose pour te parler, t’expliquer ce que tu as refusé d’entendre ce soir là. J’aurais sans doute dû défoncer la porte mais j’étais trop inquiet pour pouvoir m’attarder au près de toi.
Malgré le temps passé ensemble, je ne t’ai jamais dit avoir un frère, encore moins que sa famille et lui étaient venu passer une semaine dans la location avec moi, une semaine avant que tu arrives… J’aurais du te le dire, tout aurait été différent mais près de toi j’oubliais tout, ma famille, mon job… mes pensées étaient tournées vers toi.
 
         Seulement, si on avait pris le temps, j’aurais su que tu étais mannequin et toi, tu aurais su que Christine n’est autre que ma belle sœur. Cela t’aurait évité bien des souffrances et je ne me pardonnerais jamais d’avoir été la cause de tout cela.
 
          Ce soir là, j’aurais tout donné pour pouvoir rester auprès de toi, mais ce coup de fil de Christine m’annonçait que mon frère venait d’avoir un accident J’étais furieux que tu ne veuilles pas m’écouter mais la fureur passée, il ne restait qu’un sentiment de vide, de tristesse… J’ai essayé de te joindre, de t’expliquer mais personne ne répondait au téléphone. J’ai dû reprendre l’affaire familiale pendant que mon frère se remettait et chaque jour je me maudissais de ne t’avoir rien expliqué. Je n’arrivais pas à te joindre, j’ai cherché partout pendant un an et demi jusqu'à ce que je retrouve enfin ton magnifique regard en première page d’un magazine. J’ai eu tant de mal à te faire parvenir cette lettre qui arrive sans doute un peu tard mais j’espère que tu me reviendras. Je n’ai jamais cessé de t’aimer.
        
         Je t’attendrais dans cette petite maison que j’avais louée près de lac.
         Je t’aime, je t’en prie, reviens moi.
 
Daniel. »
 
- Qu’est ce qui te fait sourire ? interrogea Alex devant la mine réjouie de son compagnon.
- Un homme fou d’une femme je crois…

FIN  

****
Voila j'espère que cette histoire vous a plu. J'attends vos avis, vos commentaires. La semaine prochaine je publierai la suite de " Si la vie ne tenait qu'à un rubis" qui s'intitulera " La fin du voyage". On approche de plus en plus de la fin de cette histoire.
Bisouilles à tous et à la prochaine !

par Padidu publié dans : Le dernier jour communauté : L'écriture dans tous ses états
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