Les chapitres s'enchainent et ne se ressemblent pas... quoique ! Je vous laisse avec ce nouveau chapitre en esperant qu'il vous plaira ;)
Chapitre 8 : L’appel à l’aide au milieu du cauchemar
Comme d’habitude, Olivier était arrivé vers 17h30 et lui avait raconté sa journée : sa rencontre avec Johanna dans les escaliers, sa façon de le regarder avec des yeux remplis de peur qui l’avait blessé et surtout la rage qu’il avait eu contre Alexis quand celui-ci était apparu devant eux dans le couloir menant à l’infirmerie.
- Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas le frapper Léo. La peur que j’ai vu dans les yeux de Johanna, c’était lui qui l’avait faite naître ! Tu te rends compte que j’ai réussi à me retenir ? Mais ça durera combien de temps avant que je replonge là-dedans ? J’ai l’impression d’être en sursis tout le temps. Tu me manques tellement… Tu sais, quelque part je me sens mieux d’avoir pu résister devant lui mais aussi devant Johanna… C’est un peu la preuve que je peux rester plus de dix minutes avec elle sans perdre mon calme. Et puis lui parler de ce que j’avais sur le cœur, lui expliquer que je l’apprécie énormément malgré tout, ça m’a fait beaucoup de bien… si seulement je pouvais éviter de la rendre triste.
Quelque part, Léonore savait pertinemment que son frère ne ferait jamais aucun mal à Johanna, il y était trop attaché, trop amoureux. Mais comment lui faire comprendre qu’il gâchait sans doute la plus belle relation de sa vie à cause de sa haine ? Dans l’impossibilité de lui parler, de lui faire comprendre qu’il était assez fort pour dominer sa colère et sa violence, Léo ne savait pas comment faire pour que son frère ouvre les yeux. Elle était d’autant plus inquiète que celle dont était amoureux son frère était une fille timide qui ne ferait pas le premier pas.
A 18h00, leur père arriva et ils partirent ensemble, la laissant seule dans la chambre avec ses pensées et son corps endormi. Ne supportant plus sa solitude, elle décida de sortir de sa chambre pour se mêler à l’animation qui régnait souvent dans les couloirs de l’hôpital. Avec un petit soupir de déception, elle constata que Jeremy n’était pas dans les couloirs. A cet instant, elle aurait bien voulu parler avec lui qu’il fasse un trait d’humour qui lui ferait oublier ses soucis. Il avait fini par prendre une grande place dans sa vie de solitude et de transparence, même si elle n’avait eu que peu de temps pour lui parler durant le mois qui venait de s’écouler. Elle s’assit sur les chaises où ils avaient l’habitude de se retrouver et se mit à l’attendre : il passait voir sa mère tous les jours, il n’y avait aucune raison qu’il ne vienne pas cet après-midi là !
Tout à coup, elle entendit un cri de désespoir qui semblait venir d’une chambre au bout du couloir. Cette voix, bien que déformée par la douleur, elle l’avait tout de suite reconnu : c’était celle de son ami, celui qu’elle attendait assise sur cette chaise. Traversant plusieurs corps, ce qui la fit trébucher de nombreuses fois à cause de la sensation de vertige, elle courut vers le lieu d’où venait le cri et découvrit Jeremy là, debout, les épaules voûtées devant le lit où reposait une vieille dame qui semblait endormie. Mais la jeune fille comprit vite l’affreuse réalité : la mère de son ami venait de décéder. Léo avait toujours connu cet homme souriant, d’humeur joyeuse et c’était la première fois qu’elle voyait des larmes sur son visage. Doucement, alors que le personnel soignant sortait de la pièce, elle s’approcha de l’homme qui tentait d’essuyer les larmes sur son visage. Elle aurait voulu le prendre dans ses bras, le consoler mais alors qu’elle allait lui poser la main sur l’épaule, elle se souvint que ce geste lui était interdit. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était de lui parler :
- Jeremy, si tu as besoin de parler… je suis là. Je suis sincèrement désolée.
- Tu n’y es pour rien Sarah. J’avais réussi à oublier qu’un jour elle me quitterait… tout part avec elle. Mon avenir, mes projets, ce pour quoi je vivais depuis que j’étais gamin. Je suis tout seul.
- Je suis là.
- Tu veux bien rester avec moi dans la chambre ? Le temps que je m’en remette…
- Je reste avec toi promis. Prends ton temps pour lui dire aurevoir.
- Merci…
Ce fut seulement trois heures après qu’ils purent enfin sortir de l’hôpital. Sans même s’en rendre compte, Léo suivit Jeremy jusqu’à sa voiture. Elle n’arrivait pas à le laisser seul avec le regard ravagé qu’il affichait. Et puis, au moins elle pouvait faire quelque chose pour lui à défaut pour pouvoir aider son frère. Alors qu’il allait lui dire aurevoir, elle ouvrit la portière du côté passager et s’assit sur le siège.
- Tu crois vraiment que je vais te laisser seul avec cet air là ? demanda-t-elle à son compagnon qui la regardait avec des yeux stupéfaits. En plus, c’est toi qui m’as demandé de ne pas te laisser seul.
- Et l’hôpital ?
- Ils m’ont laissé sortir sans rien dire non ? Aller démarre !
Avec un soupir, il s’installa devant le volant et mit le contact. Dix minutes plus tard, ils arrivaient à son appartement situé au troisième étage. Son petit trois pièces était décoré avec goût dans des tons bleus et verts. Avec un air hagard, Jeremy enleva sa veste et appuya sur le bouton du répondeur. La voix d’un homme résonna dans la pièce :
- Jeremy, c’est encore Allan… Je t’en prie réponds moi… Il faut qu’on parle, rappelle moi s’il te plait.
- Me manquait plus que lui pour parfaire le tableau, murmura Jeremy en s’affalant sur son canapé alors que Léo se dirigeait vers la cuisine. Deux minutes et un bruit de micro-onde plus tard, elle posa un bol de soupe fumante sur la table basse juste en face de son ami qui n’avait toujours pas bougé. Les larmes avaient recommencé à couler le long de son visage.
- Je te demande pas de tout manger, mais juste un peu, lui dit-elle.
- Je… j’ai pas l’habitude qu’on s’occupe de moi tu sais. Et maintenant que je suis seul…
- Tu n’es pas seul, je suis là. Je reste près de toi.
Trois cuillères de soupe plus tard, il était couché et elle s’affairait dans la cuisine. Sans vraiment comprendre pourquoi, elle ressentait la même tendresse envers Jeremy qu’elle avait pour son frère. Sans doute parce que les deux hommes subissait une perte. Elle avait conscience que quelque part, elle faisait pour le grand brun ce qu’elle ne pouvait faire pour Olivier mais en même temps, il était le seul à la voir et à pouvoir lui parler. Elle sécha le bol et le rangea dans l’armoire ou elle l’avait trouvé. Puis discrètement, elle entra dans la chambre ou Jeremy faisait semblant de dormir et s’assit dans un fauteuil.
- Essaie quand même de te reposer… murmura-t-elle dans l’obscurité.
Bizarrement, elle se sentait fatiguée. Pour la première fois depuis qu’elle avait quitté son corps, elle ressentait quelque chose de purement physique : jamais elle n’avait eu faim ou soif et à ce moment là, avoir sommeil lui semblait presque rassurant. Elle ferma les yeux et se sentit comme transportée et se retrouva dans sa chambre d’hôpital, au dessus de son corps au teint livide. Elle vit son visage et le tube du respirateur qui sortait de son nez, cette chose qui permettait encore à son corps de respirer. C’était le moment, elle allait pouvoir rependre son corps. Elle se sentit happée mais quelque chose n’allait pas… Un regard triste lui revient en mémoire, une promesse faite à son ami : « Je reste avec toi promis. ». Le lien qu’elle avait avec son corps fut brisé et tout à coup tout fut noir et elle sombra dans ce qui ressemblait à un sommeil profond.
Les yeux ouverts dans le noir, il avait senti à sa respiration régulière qu’elle dormait. Il songea avec tristesse qu’il aurait du mal à la remercier pour tout ce qu’elle avait fait : elle l’avait soutenu, lui donnant le courage d’affronter la réalité. Mais que connaissait-il d’elle ? Cette question en tête, il se redressa dans son lit et songea qu’il devait être bien inconfortable de dormir dans le fauteuil mais il ne la toucha pas. Il savait que cela aurait signifié trahir la confiance de Sarah. Il se leva discrètement et se dirigea vers sa cuisine et plus particulièrement le placard ou il rangeait deux bouteilles de whisky. Il se saisit des deux et bu au goulot de l’une d’elle. L’alcool lui brûla la gorge mais il n’y fit pas attention : il avait besoin d’oublier ne serait que pour ce soir-là. Les bouteilles dans les main, il vint se poster devant sa fenêtre et observa le ciel nocturne. Les nuages étaient rouges comme ils peuvent l’être au dessus d’une ville illuminée. Comme le soir où il avait rencontré cet homme qui lui avait pris une partie de son cœur pour l’échanger contre une plaie béante qui s’était remis à saigner. Allen aurait du être a ses côtés à ce moment la. Il posa les bouteilles sur une table basse qui se trouvait à côté de lui et délicatement, il ouvrit un livre posé sur le rebord de la fenêtre et dans lequel se trouvait un bout de papier plié en quatre. Consciencieusement, il l’ouvrit pour faire apparaître son visage près de celui d’un homme brun aux yeux verts entourant le visage souriant de sa mère qui pourtant était déjà fortement affaiblie quand le cliché avait été pris. Une larme coula, suivie d’une autre et il avala plusieurs goulées de whisky pour se calmer. L’époque ou il était heureux semblait avoir décidé de lui tourner le dos : plus d’Allen, plus de mère… seulement une jeune blonde dont il ne connaissait rien et qui dormait dans sa chambre. Il déchira l’image et laissa tomber les morceaux à ses pieds avant de s’effondrer sur le sol. Là, il se donna pour mission de vider les bouteilles d’alcool ce qu’il fit avec une ardeur presque désespérée.
Quand il revint en titubant dans la chambre, elle s’agitait dans son sommeil comme si elle voulait échapper à quelque chose et il eut l’impression qu’elle disparaissait, comme si un magicien lui avait jeté un sort. Il secoua la tête et songea que l’alcool faisait son effet encore mieux que prévu. Jeremy posa une couverture sur les épaules de la jeune fille et s’allongea sur son lit. Il eut l’impression d’avoir dormi à peine quelques minutes quand la porte de la chambre s’ouvrit. Sarah était sur le pas de la porte chargée d’un bol fumant dont l’odeur alléchante de café réveilla le cerveau embrumé par le whisky de Jeremy. Elle lui lança un léger sourire et s’approcha pour poser son fardeau sur la table de chevet.
- J’ai cru comprendre que tu te réveillais à cette heure-ci grâce à ton réveil.
- Je n’irais pas au travail aujourd’hui… Je ne suis pas d’humeur à supporter des adolescents et j’ai trop mal au crâne pour quoi que se soit. Laisse moi une heure et je te ramène à l’hôpital. Tu n’auras pas de problème pour avoir découché au fait ?
- Non, je te l’ai déjà dit, personne ne s’occupe de moi.
- Alors pour Noël, vu qu’on est seul tout les deux, tu ne voudrais pas venir à la maison ?
- Avec plaisir mais bois moi ce café. J’espère qu’il va te retirer un peu de ta gueule de bois.
- Comment tu sais ?
- Parce que tu as laissé traîner les bouteilles par terre près de la fenêtre. Et ça aussi.
Elle lui tendit la photographie qu’il avait contemplé la vieille. Elle portait encore les traces d’avoir été déchirée la vieille et la jeune fille l’avait reconstituée avec des bouts de papier adhésif qui déformaient les visages des trois personnes qui étaient dessus. En le regardant dans les yeux, elle prononça les mêmes mot qu’elle aurait voulu dire à son frère le jour d’avant :
- Tu es capable de le faire, tu es capable d’être heureux.Et voila c'est tout pour cette semaine (c'est déjà pas mal ? :s ). On approche peu à peu de la fin de cette histoire et j'espère que vous appréciez toujours autant... j'ai de quoi douter vu le nombre de commentaires :p
Pour ce qui est des concours, je dois corriger mon texte et je tiens à remercier tous ceux qui se sont proposés pour faire des corrections orthographiques ! ( Sa fé tro plézir ! )
Je vous dis à la semaine prochaine et gros bisous !!!
ps : je serais sans doute à la Japan expo le samedi 5 juillet, si certains s'y rendent et veulent me rencontrer ba suffit de me contacter ;)
ps bis : désolée si l'article n'apparait en premier qu'aujourd'hui... j'ai fais une tite bourde avec la date de publication ( j'ai mis a mai au lieu de juin :s :s )
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