Liste des textes


Ce que l'on vit lors d'un rêve

Douces sont tes plumes
La perle rare
Le dernier jour
Si la vie ne tenait qu'à un rubis

Copyright
Les textes du blog sont protégés :
undefined

Recherche

Référencement / annuaires

undefined

Metamoteur: Vous Cherchez ? Il Trouve !

blogCloud



Un petit vote s'il vous plait :

 

 

Trafic Booster

 

Bienvenue !


Bienvenue sur mon blog. Vous y trouverez mes textes mélant amour, héroïsme, magie ... Tout ce qui me fait rêver et guide ma plume !
Pour avoir un résumé des textes cliquez ici

N'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour savoir quand un texte est mis à jour ! 

Bonne lecture !
Padidu


Vendredi 6 juin 2008

Les chapitres s'enchainent et ne se ressemblent pas... quoique ! Je vous laisse avec ce nouveau chapitre en esperant qu'il vous plaira ;)

Bonne lecture !

ce que l'on vit lors d'un rêve


Chapitre 8 : L’appel à l’aide au milieu du cauchemar

             

            Comme d’habitude, Olivier était arrivé vers 17h30 et lui avait raconté sa journée : sa rencontre avec Johanna dans les escaliers, sa façon de le regarder avec des yeux remplis de peur qui l’avait blessé et surtout la rage qu’il avait eu contre Alexis quand celui-ci était apparu devant eux dans le couloir menant à l’infirmerie.

- Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas le frapper Léo. La peur que j’ai vu dans les yeux de Johanna, c’était lui qui l’avait faite naître ! Tu te rends compte que j’ai réussi à me retenir ? Mais ça durera combien de temps avant que je replonge là-dedans ? J’ai l’impression d’être en sursis tout le temps. Tu me manques tellement… Tu sais, quelque part je me sens mieux d’avoir pu résister devant lui mais aussi devant Johanna… C’est un peu la preuve que je peux rester plus de dix minutes avec elle sans perdre mon calme. Et puis lui parler de ce que j’avais sur le cœur, lui expliquer que je l’apprécie énormément malgré tout, ça m’a fait beaucoup de bien… si seulement je pouvais éviter de la rendre triste.

Quelque part, Léonore savait pertinemment que son frère ne ferait jamais aucun mal à Johanna, il y était trop attaché, trop amoureux. Mais comment lui faire comprendre qu’il gâchait sans doute la plus belle relation de sa vie à cause de sa haine ? Dans l’impossibilité de lui parler, de lui faire comprendre qu’il était assez fort pour dominer sa colère et sa violence, Léo ne savait pas comment faire pour que son frère ouvre les yeux. Elle était d’autant plus inquiète que celle dont était amoureux son frère était une fille timide qui ne ferait pas le premier pas.

            A 18h00, leur père arriva et ils partirent ensemble, la laissant seule dans la chambre avec ses pensées et son corps endormi. Ne supportant plus sa solitude, elle décida de sortir de sa chambre pour se mêler à l’animation qui régnait souvent dans les couloirs de l’hôpital. Avec un petit soupir de déception, elle constata que Jeremy n’était pas dans les couloirs. A cet instant, elle aurait bien voulu parler avec lui qu’il fasse un trait d’humour qui lui ferait oublier ses soucis. Il avait fini par prendre une grande place dans sa vie de solitude et de transparence, même si elle n’avait eu que peu de temps pour lui parler durant le mois qui venait de s’écouler. Elle s’assit sur les chaises où ils avaient l’habitude de se retrouver et se mit à l’attendre : il passait voir sa mère tous les jours, il n’y avait aucune raison qu’il ne vienne pas cet après-midi là !

            Tout à coup, elle entendit un cri de désespoir qui semblait venir d’une chambre au bout du couloir. Cette voix, bien que déformée par la douleur, elle l’avait tout de suite reconnu : c’était celle de son ami, celui qu’elle attendait assise sur cette chaise. Traversant plusieurs corps, ce qui la fit trébucher de nombreuses fois à cause de la sensation de vertige, elle courut vers le lieu d’où venait le cri et découvrit Jeremy là, debout, les épaules voûtées devant le lit où reposait une vieille dame qui semblait endormie. Mais la jeune fille comprit vite l’affreuse réalité : la mère de son ami venait de décéder. Léo avait toujours connu cet homme souriant, d’humeur joyeuse et c’était la première fois qu’elle voyait des larmes sur son visage. Doucement, alors que le personnel soignant sortait de la pièce, elle s’approcha de l’homme qui tentait d’essuyer les larmes sur son visage. Elle aurait voulu le prendre dans ses bras, le consoler mais alors qu’elle allait lui poser la main sur l’épaule, elle se souvint que ce geste lui était interdit. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était de lui parler :

- Jeremy, si tu as besoin de parler… je suis là. Je suis sincèrement désolée.

- Tu n’y es pour rien Sarah. J’avais réussi à oublier qu’un jour elle me quitterait… tout part avec elle. Mon avenir, mes projets, ce pour quoi je vivais depuis que j’étais gamin. Je suis tout seul.

- Je suis là.

- Tu veux bien rester avec moi dans la chambre ? Le temps que je m’en remette…

- Je reste avec toi promis. Prends ton temps pour lui dire aurevoir.

- Merci…

            Ce fut seulement trois heures après qu’ils purent enfin sortir de l’hôpital. Sans même s’en rendre compte, Léo suivit Jeremy jusqu’à sa voiture. Elle n’arrivait pas à le laisser seul avec le regard ravagé qu’il affichait. Et puis, au moins elle pouvait faire quelque chose pour lui à défaut pour pouvoir aider son frère. Alors qu’il allait lui dire aurevoir, elle ouvrit la portière du côté passager et s’assit sur le siège.

- Tu crois vraiment que je vais te laisser seul avec cet air là ? demanda-t-elle à son compagnon qui la regardait avec des yeux stupéfaits. En plus, c’est toi qui m’as demandé de ne pas te laisser seul.

- Et l’hôpital ?

- Ils m’ont laissé sortir sans rien dire  non ? Aller démarre !

Avec un soupir, il s’installa devant le volant et mit le contact. Dix minutes plus tard, ils arrivaient à son appartement situé au troisième étage. Son petit trois pièces était décoré avec goût dans des tons bleus et verts. Avec un air hagard, Jeremy enleva sa veste et appuya sur le bouton du répondeur. La voix d’un homme résonna dans la pièce :

- Jeremy, c’est encore Allan… Je t’en prie réponds moi… Il faut qu’on parle, rappelle moi s’il te plait.

- Me manquait plus que lui pour parfaire le tableau, murmura Jeremy en s’affalant sur son canapé alors que Léo se dirigeait vers la cuisine. Deux minutes et un bruit de micro-onde plus tard, elle posa un bol de soupe fumante sur la table basse juste en face de son ami qui n’avait toujours pas bougé. Les larmes avaient recommencé à couler le long de son visage.

- Je te demande pas de tout manger, mais juste un peu, lui dit-elle.

- Je… j’ai pas l’habitude qu’on s’occupe de moi tu sais. Et maintenant que je suis seul…

- Tu n’es pas seul, je suis là. Je reste près de toi.

Trois cuillères de soupe plus tard, il était couché et elle s’affairait dans la cuisine. Sans vraiment comprendre pourquoi, elle ressentait la même tendresse envers Jeremy qu’elle avait pour son frère. Sans doute parce que les deux hommes subissait une perte. Elle avait conscience que quelque part, elle faisait pour le grand brun ce qu’elle ne pouvait faire pour Olivier mais en même temps, il était le seul à la voir et à pouvoir lui parler. Elle sécha le bol et le rangea dans l’armoire ou elle l’avait trouvé. Puis discrètement, elle entra dans la chambre ou Jeremy faisait semblant de dormir et s’assit dans un fauteuil.  

- Essaie quand même de te reposer… murmura-t-elle dans l’obscurité.

Bizarrement, elle se sentait fatiguée. Pour la première fois depuis qu’elle avait quitté son corps, elle ressentait quelque chose de purement physique : jamais elle n’avait eu faim ou soif et à ce moment là, avoir sommeil lui semblait presque rassurant.  Elle ferma les yeux et se sentit comme transportée et se retrouva dans sa chambre d’hôpital, au dessus de son corps au teint livide. Elle vit son visage et le tube du respirateur qui sortait de son nez, cette chose qui permettait encore à son corps de respirer. C’était le moment, elle allait pouvoir rependre son corps. Elle se sentit happée mais quelque chose n’allait pas… Un regard triste lui revient en mémoire, une promesse faite à son ami : « Je reste avec toi promis. ». Le lien qu’elle avait avec son corps fut brisé et tout à coup tout fut noir et elle sombra dans ce qui ressemblait à un sommeil profond.

           

            Les yeux ouverts dans le noir, il avait senti à sa respiration régulière qu’elle dormait. Il songea avec tristesse qu’il aurait du mal à la remercier pour tout ce qu’elle avait fait : elle l’avait soutenu, lui donnant le courage d’affronter la réalité. Mais que connaissait-il d’elle ?  Cette question en tête, il se redressa dans son lit et songea qu’il devait être bien inconfortable de dormir dans le fauteuil mais il ne la toucha pas. Il savait que cela aurait signifié trahir la confiance de Sarah. Il se leva discrètement et se dirigea vers sa cuisine et plus particulièrement le placard ou il rangeait deux bouteilles de whisky. Il se saisit des deux et bu au goulot de l’une d’elle. L’alcool lui brûla la gorge mais il n’y fit pas attention : il avait besoin d’oublier ne serait que pour ce soir-là. Les bouteilles dans les main, il vint se poster devant sa fenêtre et observa le ciel nocturne. Les nuages étaient rouges comme ils peuvent l’être au dessus d’une ville illuminée. Comme le soir où il avait rencontré cet homme qui lui avait pris une partie de son cœur pour l’échanger contre une plaie béante qui s’était remis à saigner. Allen aurait du être a ses côtés à ce moment la. Il posa les bouteilles sur une table basse qui se trouvait à côté de lui et délicatement, il ouvrit un livre posé sur le rebord de la fenêtre et dans lequel se trouvait un bout de papier plié en quatre. Consciencieusement, il l’ouvrit pour faire apparaître son visage près de celui d’un homme brun aux yeux verts entourant le visage souriant de sa mère qui pourtant était déjà fortement affaiblie quand le cliché avait été pris. Une larme coula, suivie d’une autre et il avala plusieurs goulées de whisky pour se calmer. L’époque ou il était heureux semblait avoir décidé de lui tourner le dos : plus d’Allen, plus de mère… seulement une jeune blonde dont il ne connaissait rien et qui dormait dans sa chambre. Il déchira l’image et laissa tomber les morceaux à ses pieds avant de s’effondrer sur le sol. Là, il se donna pour mission de vider les bouteilles d’alcool ce qu’il fit avec une ardeur presque désespérée.

            Quand il revint en titubant dans la chambre, elle s’agitait dans son sommeil comme si elle voulait échapper à quelque chose et il eut l’impression qu’elle disparaissait, comme si un magicien lui avait jeté un sort. Il secoua la tête et songea que l’alcool faisait son effet encore mieux que prévu. Jeremy posa une couverture sur les épaules de la jeune fille et s’allongea sur son lit. Il eut l’impression d’avoir dormi à peine quelques minutes quand la porte de la chambre s’ouvrit. Sarah était sur le pas de la porte chargée d’un bol fumant dont l’odeur alléchante de café réveilla le cerveau embrumé par le whisky de Jeremy. Elle lui lança un léger sourire et s’approcha pour poser son fardeau sur la table de chevet.  

- J’ai cru comprendre que tu te réveillais à cette heure-ci grâce à ton réveil.

- Je n’irais pas au travail aujourd’hui… Je ne suis pas d’humeur à supporter des adolescents et j’ai trop mal au crâne pour quoi que se soit. Laisse moi une heure et je te ramène à l’hôpital. Tu n’auras pas de problème pour avoir découché au fait ?

- Non, je te l’ai déjà dit, personne ne s’occupe de moi.

- Alors pour Noël, vu qu’on est seul tout les deux, tu ne voudrais pas venir à la maison ?

- Avec plaisir mais bois moi ce café. J’espère qu’il va te retirer un peu de ta gueule de bois.

- Comment tu sais ?

- Parce que tu as laissé traîner les bouteilles par terre près de la fenêtre. Et ça aussi.

Elle lui tendit la photographie qu’il avait contemplé la vieille. Elle portait encore les traces d’avoir été déchirée la vieille et la jeune fille l’avait reconstituée avec des bouts de papier adhésif qui déformaient les visages des trois personnes qui étaient dessus. En le regardant dans les yeux, elle prononça les mêmes mot qu’elle aurait voulu dire à son frère le jour d’avant :

- Tu es capable de le faire, tu es capable d’être heureux.

****
Et voila c'est tout pour cette semaine (c'est déjà pas mal ? :s ). On approche peu à peu de la fin de cette histoire et j'espère que vous appréciez toujours autant... j'ai de quoi douter vu le nombre de commentaires :p
Pour ce qui est des concours, je dois corriger mon texte et je tiens à remercier tous ceux qui se sont proposés pour faire des corrections orthographiques ! ( Sa fé tro plézir ! )
Je vous dis à la semaine prochaine et gros bisous !!!
ps : je serais sans doute à la Japan expo le samedi 5 juillet, si certains s'y rendent et veulent me rencontrer ba suffit de me contacter ;)
ps bis : désolée si l'article n'apparait en premier qu'aujourd'hui... j'ai fais une tite bourde avec la date de publication ( j'ai mis a mai au lieu de juin :s :s )

par Padidu publié dans : Ce que l'on vit lors d'un rêve communauté : Le jardin des Muses
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Vendredi 30 mai 2008

Héhé coucou ! Cette semaine petite surprise ! J'ai enfin eu le temps de corriger un chapitre en entier !!! Miracle hein ? ^^ Je vous laisse profiter! Bonne lecture !

Ce que l'on vit lors d'un rêve

 

Chapitre 7 : Et la nuit passe…

           

            Un mois et demi, oui cela faisait 45 jours qu’il n’avait pas pu lui parler plus de 10 minutes sans que Léo lui dise qu’elle devait partir. Jeremy la croisait rapidement dans les couloirs mais elle avait toujours une excuse pour le fuir. Et lui, il s’inquiétait pour elle. Il avait fini par s’attacher à Sarah et l’expression soucieuse qu’elle affichait à chaque fois qu’ils se croisaient le travaillait. Si seulement il avait un peu de temps pour la prendre à part et discuter mais il avait ses propres soucis qui l’accaparait : l’état de sa mère se détériorait, Allan avait encore tenté de le joindre et pour couronner le tout, il était d’une humeur exécrable  à cause des résultats catastrophique de ses élèves de secondes. Il espérait que les vacances de la toussaint qui s’achevaient ce dimanche auraient un effet bénéfique sur les cerveaux apparemment fatigués des adolescents. Rageusement, il jeta son stylo rouge sur le bureau et se leva pour aller se servir le quatrième café de sa matinée. Puis il vint se planter devant sa fenêtre pour continuer à réfléchir. Il n’arrivait à rien quand quelque chose  lui trottait dans la tête.

            Tout à coup, un reflet blanc capta son attention dans la rue. Il écarquilla les yeux et faillit s’étouffer avec son café. En plein mois de novembre, Sarah passait sous ses fenêtres avec en tout et pour tout sa seule robe blanche sur le dos. Si elle n’attrapait pas une pneumonie, ce serait un miracle ! Et ce grand dadais roux d’Olivier qui marchait à côté d’elle ne lui proposait même pas de lui prêter sa veste ! Il fallait que Jeremy ait une discussion avec le jeune homme, ne serait-ce que pour lui apprendre à se comporter ou pour apprendre ce qui se passait dans la vie de Sarah. Mais le plus urgent était de descendre et de couvrir la jeune fille.

            Passant sous l’immeuble, Léo était loin de se douter que Jeremy l’observait alors qu’elle suivait son frère qui rentrait de son entraînement de football. Depuis la scène de l’hôpital, elle avait essayé de passer le plus de temps possible avec son frère, pour le surveiller, pour se rassurer aussi. Elle n’avait qu’une peur : qu’il retombe dans la violence. Mais il semblait réussir à maintenir la tête hors de l’eau malgré sa grande tristesse. Elle ne pouvait rien changer à la culpabilité du père de Johanna ou même à l’état de son frère, mais en restant près de lui, elle apaisait son inquiétude de le voir mal tourner.

            Elle essayait d’être assez souvent avec lui, mais elle évitait tout les endroits trop peuplés ou de sortir durant les heures de pointe : elle ne voulait plus avoir à traverser un corps. C’était une expérience beaucoup trop éprouvante pour que Léo ait envie de la renouveler et de ce fait, elle n’allait jamais au lycée ou même au café l’Arc-en-ciel qu’appréciait tant son frère surtout pendant les vacances qui s’achevaient. Avec tout ça, elle voyait de moins en moins Jeremy, ce n’est pas qu’elle évitait mais elle préférait passer du temps avec son frère.

            Alors qu’elle accélérait le pas pour rattraper son frère qui venait de tourner à l’angle de la rue, Jeremy arriva en bas de son immeuble mais avant qu’il ait pu la voir, elle avait disparue derrière le mur d’un cinéma. Le professeur songea qu’il fallait vraiment qu’il parle à Olivier le plus vite possible : Sarah ne pouvait pas mettre sa santé en danger comme elle le faisait.

 

            Dès le lundi suivant, Jeremy put mettre en action l’idée qu’il avait eu.

- Je dois passer au bureau des surveillants, indiqua Alexis à Olivier. On se rejoint après ?

- Pas de problème…

La réponse prononcée d’une voix atonale ne surprit l’ami du roux. Depuis cette soirée à l’hôpital, il n’avait plus jamais été le même. C’était même pire que juste après l’accident de Léo. «  Et tout ça à cause de Johanna. » pensa Alexis alors qu’une lueur mauvaise s’allumait dans ses yeux. Il fallait qu’elle s’éloigne de son ami, car il avait bien vu le regard triste et ravagé d’Olivier quand cette fille à lunette apparaissait. Bientôt, tout serait réglé.

            Dans la classe d’anglais, Olivier finissait de ranger ses affaires dans son sac quand le professeur s’approcha de lui. Le garçon sentit ses nerfs se tendrent instantanément : sans savoir pourquoi, il avait l’impression que l’homme à côté de lui ne l’appréciait pas.

- Olivier, commença-t-il. J’aurais une ou deux questions à te poser.

-  Euh… oui monsieur, mais je suis un peu pressé, on n’a que 15 minutes de pause vous savez…

Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il ne voulait surtout pas les passer avec un homme qui semblait lui en vouloir.

- Je voudrais juste savoir, je t’ai vu avec une jeune fille blonde pendant les vacances …

- Blonde ? Ma sœur peut-être mais c’était pas pendant les vacances alors.

- Elle s’appelle Sarah et j’aimerais beaucoup que tu lui dises de faire attention à sa santé…

- Je voudrais bien, mais je ne connais pas de Sarah, lui répondit son élève en essayant de paraître détaché : après tout c’était le prénom de sa mère.

- Bien, désolé de la méprise alors.

Pourtant, Jeremy n’était pas convaincu et ce pour deux raisons : le rictus douloureux d’Olivier à l’évocation du prénom Sarah et le fait que malgrè que ses yeux soient vairons, il n’avait jamais eu de problème de visions et qu’il les avait vu tout les deux ensemble. Quelque chose lui échappait.

            De son côté, le jeune roux qui sortait de la salle, revenait aux idées moroses qui l’habitaient depuis qu’il avait appris la culpabilité du père de Johanna. Cette dernière avait tenté une fois de l’approcher mais il avait préféré s’éloigner en l’ignorant : mieux valait faire ça que de décharger sa colère sur elle. Le reste de la classe suite à l’annonce dans les journaux de l’inculpation d’Albert Duchesnay avait fini par mettre à l’écart Johanna, ne lui parlant qu’en cas d’extrême nécessité. Puis, ils avaient commencé  à lui faire quelques petites remarques méchantes et à la bousculer en sortant de cours. Malgré tout, elle affichait un masque d’indifférence devant tout le monde et seul Olivier arrivait à lire la tristesse qui se cachait dans les yeux bleus derrière ses lunettes. Plusieurs fois, il avait voulu la consoler, effacer sa tristesse, la défendre contre les méchancetés de ses camarades mais il avait trop peur de retourner sa colère contre eux et de finir par regretter ses actes. Pour lui, mieux valait qu’il n’ait aucun contact avec elle. Mais, même avec ses résolutions, il avait tout le temps envie d’être près d’elle. Il se surprenait à chercher sa silhouette, à s’assurer du lieu ou elle se trouvait Les fin de semaines ressemblaient toujours à un cauchemar pour lui car il ne pouvait pas la voir et les vacances qui venaient de s’achever lui avaient laissé un goût amer de solitude et de tristesse surtout que Johanna prenait grand soin de l’éviter depuis le début de ce lundi matin. Elle était arrivée dernière en cours et avait obstinément fui son regard en baissant les yeux comme si elle était effrayée. A ce moment là, il n’eut qu’une seule envie : la prendre dans ses bras et l’embrasser pour effacer sa peur. Quand elle sortit de la classe presque en courant à la sonnerie, il eut la certitude qu’elle le fuyait. Si seulement il savait ou elle se cachait, il aurait pu essayer de lui parler, de la rassurer. Bien sur, rien ne redeviendrait comme avant entre eux, mais il ne voulait pas qu’elle ait peur de lui. Cette idée lui était même insupportable. Olivier pensait tellement à ce qui avait pu effrayer la jeune fille, que sans s’en rendre compte, il avait parcouru une bonne partie des couloirs du lycée. Décidément, il réfléchissait trop. D’un geste décidé, il remonta la sangle de son sac sur son épaule et se retourna pour revenir sur ses pas. Il entendit des pas légers au fond du couloir : quelqu’un descendait les escaliers avec prudence, peut-être une des vieilles perruches qui servaient de professeur. Un bruit sourd mit fin aux claquements et fut suivi par un gémissement de douleur. La personne venait de tomber dans les escaliers et sans vraiment réfléchir, Olivier courut en direction des escaliers d’où s’élevaient des plaintes étouffées. C’est là qu’il la trouva, des mèches de cheveux s’étant libérées de sa tresse, alors qu’elle tentait de se relever. Il fit un pas vers Johanna et il remarqua qu’elle ne portait pas ses habituelles lunettes.

- Qui… qui est là ? murmura-t-elle les yeux grands ouverts tentant de distinguer celui qui se tenait près d’elle.

- C’est Olivier, lui répondit-il en s’approchant d’elle ce qui la fit reculer et la fit butter contre une marche la faisant tomber à nouveau.

La peur qu’il vit dans ses yeux le glaça : que lui avait-il fait ? Il s’avança de nouveau vers elle et se baissa pour poser les mains sur les frêles de la jeune fille qui se mit à trembler.

- Je t’en prie Olivier… arrête ça ! Je n’y suis pour rien. Rendez moi mes lunettes et je m’en vais…

Elle se dégagea de l’emprise des mains du jeune roux et se releva difficilement sans se saisir du bras qu’il lui avait tendu pour l’aider. Ce dernier remarqua la faiblesse de la cheville de la jeune fille et, avec autorité, il la fit s’asseoir sur une marche et approcha son visage du sien afin qu’elle puisse le voir même sans ses lunettes.

- Maintenant tu vas m’expliquer de quoi tu parles, déclara-t-il en se maudissant de faire grandir la lueur de peur dans le regard de son interlocutrice.

- Arrête tout ça, je t’ai dit que je m’en vais ! Tu as gagné ! J’ai eu ma dose.

Puis devant l’expression stupéfaite de son camarade, elle continua :

- J’en ai marre des menaces… C’est toi qui as demandé à Alexis de faire ça non ?

- Mais de quoi tu me parles ? Je n’y comprends rien ! Et où sont tes lunettes ? Je pourrai parier que tu as gagné une entorse à descendre les escaliers sans elles.

- Comme si on m’avait laissé le choix ! cria-t-elle, sa voix se répercutant sur les murs renvoyant un écho aigue qu’elle eut de la peine à reconnaître tant elle était peu habitué à parler fort. Mais comment contenir plus longtemps cette rage qui lui brûlait maintenant la gorge ? La fureur de tout prendre sur elle sans être coupable de rien, de l’avoir perdu lui sans avoir rien fait pour, d’être devenue une paria sans même qu’il y ait eu une raison valable, prenait le dessus sur elle. D’habitude, elle était si calme, si sereine que cette rage la surprit. Elle reprit plusieurs fois sa respiration avant de dire :

- Vous croyez peut-être que c’est une partie de plaisir pour moi ? Qu’avoir mon père en prison ne suffit pas ? Que ne pas savoir quoi dire a mon petit frère n’est pas un fardeau assez lourd pour qu’en plus on me menace et on s’en prenne à moi ? J’ai tout supporté mais là… vous êtes aller trop loin, vous avez réussi, rendez moi mes lunettes et je quitte le lycée. Vous n’avez même pas pensé que ma mère pouvait lire votre lettre de menace!

- Mais de quoi tu parles ?

- De la lettre que j’ai trouvé ce matin, ou l’on me disait de quitter le lycée, que j’étais monstrueuse et que je devrais avoir honte de me présenter devant toi… Je pensais qu’avec ce qu’on avait vécu, tu aurais pu comprendre que je n’y suis pour rien et au lieu de ça on me dit de disparaître au plus vite si je ne veux pas avoir d’ennuies ! Olivier pourquoi ? Je ne comprends plus rien… Je te demande juste de me rendre de quoi voir pour sortir de cet enfer.

- Ecoute, crois moi ou pas, mais je n’ai pas envoyé cette lettre et je ne suis au courant de rien…

- Ce n’est pas toi qui à demandé à Alexis de me prendre mes lunettes ?

- Non, mais je vais les récupérer. Allez viens, je t’emmène à l’infirmerie pour ta cheville et après j’aurai une discussion avec lui.

Il l’aida à se relever et, avec lenteur, ils progressèrent en silence le long du couloir. A chaque pas, il sentait le parfum qui s’échappait des cheveux de la jeune fille et le mouvement de son corps souple contre le sien : autant de choses qui l’avaient hanté depuis qu’il avait décidé de s’éloigner d’elle. Ils étaient pratiquement arrivés à l’infirmerie quand ils rencontrèrent Alexis.

- Mais qu’est ce que tu fais Olivier ? demanda-t-il. Je croyais que tu voulais qu’elle s’éloigne ! Tu te souviens de ce qu’ils ont fait à Léo pourtant !

- Pas « ils ont » mais « il a ». Johanna n’a rien fait à part m’accompagner à l’hôpital et m’aider pendant que j’étais absent ! Et si j’ai décidé de m’éloigner d’elle cela ne regarde que moi et personne d’autre ! Je te jure Alexis, si tu n’étais pas mon meilleur ami, je t’aurai collé mon poing dans la figure !

- Mais tu étais tellement mal, je ne savais plus quoi faire… je…

- On en rediscutera plus tard, va chercher l’infirmière s’il te plait.

Sans un mot, Alexis se retourna et partit en direction de l’infirmerie laissant Olivier seul avec la jeune fille. Doucement, il l’aida à s’asseoir par terre et elle lui dit :

- Je ne te comprends pas… Je pensais que tu me détestais et c’est pour ça que tu m’ignorais et là tu me défends…

- Je ne te déteste pas, tu n’es pour rien dans ce qui est arrivé à ma sœur, lui répondit-il en s’asseyant à son tour.

- Alors pourquoi tu m’évites ?

- Parce que tu ne mérites pas de prendre pour ton père. Je tiens à toi mais je ne veux pas te blesser.

- Pourquoi tu me blesserais ?

- Sais-tu ce qu’il m’est arrivé après la mort de ma mère ? lui dit-il en lui prenant la main. J’ai perdu pied, mais complètement. J’en voulais à tout le monde. J’ai frappé des gens, Johanna, des personnes qui n’avaient rien à voir avec mon mal-être simplement parce que je n’étais pas bien ! Celle qui m’a sortit de ça, c’est Léo. Elle a versé son sang pour ça et maintenant qu’elle est au plus mal, qui m’aidera si je replonge ? Je ne veux pas te faire du mal, ni te blesser, finit-il d’une voix à peine audible.

- Alors je suppose que notre discussion ni changera rien, lui dit-elle en plongeant ses yeux tristes dans ceux du jeune homme.

-Effectivement, j’aurai toujours les mêmes sentiments envers ton père. Mais je te promets de te protéger de mes amis à l’avenir.

- Je ne suis pas mon père.

- Je sais. Mais je n’arriverai jamais à me contrôler si je reste près de toi, avoua-t-il avant de se relever et de la laisser seule avec l’infirmière qui arrivait.

 

 

****

Voila ! J'espère que vous avez apprécié ^^.  Si vous pouviez laisser vos commentaires, ça ferait du bien au moral :p

Pour ce qui est des concours, et pour ceux que ça interresse, je viens de finir un texte qu'il me faut encore corriger ( si des correcteurs veulent bien m'aider ça sera pas de refus, je suis nulle en orthographe) et je participe a un petit concours de poèmes organisé par Ceriz sur son blog exercice de style qui mériterait un peu plus de participation !!

Je suis en cours d'écriture d'un récit long, qui sera peut être publié sur le blog mais qui est encore loiiiiinnnn d'être achevé.

Je pense que j'ai fait le tour ! Gros bisous à tous et bonne semaine.


 

 

par Padidu publié dans : Ce que l'on vit lors d'un rêve communauté : Ecrivains et vains écrits !
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus