Voila le nouveau chapitre et surtout le dernier de cette histoire, seulement la première partie, la deuxième et l'épilogue arriveront la semaine prochaine promis !!! Désolée pour mon retard, j'ai eu un week end un peu chargé :s :s Voila, bonne lecture !

Chapitre 11 : Les révélations de la rêveuse ( partie1 )
Peu à peu, Léo reprenait pied dans la réalité. Lorsque, trois jours après son réveil, on lui enleva le tube du respirateur et qu’elle put enfin parler, elle chercha à combler cette curiosité que le silence imposé par la machine l’avait empêché d’assouvir.
- Donc ça fait trois mois que je suis dans le coma ? demanda-t-elle lors d’une visite de son père et de son frère.
- Oui Léo. Te réveiller à Noël a été le plus beau des cadeaux, lui répondit son père. Quelques séances de rééducation pour tes jambes et on pourra oublier toute cette histoire.
- Non, Olivier et moi on doit encore témoigner au procès, t’es un peu pâle fréro, tout va comme tu veux ?
- Oui, juste un peu chaud, répondit-il en tirant sur le col roulé de son pull beige. Je vais me chercher quelque chose à boire et ça ira mieux…
Il ne pouvait pas avouer qu’il était terrifié à l’idée de devoir témoigner contre le père de Johanna. Le roux n’osait même pas penser à ce qu’il ferait si elle était dans la salle et si il la faisait pleurer… il ne valait mieux pas, l’idée même de lui faire de nouveau du mal l’empêchait de dormir la nuit, de manger correctement, de penser à autre chose qu’à ses yeux brillants de larmes.
Quand il ouvrit la porte de la chambre pour en sortir, il se cogna contre Sandrine et Alexis qui arrivaient en sens inverse. Le sac de la jeune fille tomba par terre et son contenu se renversa en plein milieu de la chambre. Le journal du jour glissa presque au pied du lit et le père de Léo le ramassa et en parcouru les premières lignes avant de le tendre à sa fille :
- Tu ferais bien de lire ce qu’on dit de cette affaire. Tu ne connais que notre avis après tout…
- Sans doute, répondit-elle en ouvrant le journal devant Olivier qui était finalement resté dans la pièce avec ses amis et son père. La jeune fille eut alors une expression surprise devant l’article relatant le déménagement imminent de la famille Duchesnay et le réveillon de cette famille dans le parloir de la prison ou été incarcéré le milliardaire qui n’avait pas pu payer de caution, non pas parce que les sommes étaient élevées, mais parce que l’ensemble de ses comptes en banques avaient été saisis : il avait faillit tuer une adolescente alors il était sans doute capable de faire des détournements de fonds selon ses anciens collaborateurs qui avaient demandé une enquête sur les revenus du milliardaire. Parcourant rapidement l’article pour être sure de la révélation qu’elle allait faire à ses proches, Léo apprit que c’était avec l’argent touché d’un héritage par la mère de Johanna que vivait maintenant la petite famille représentée au complet, ouvrant des paquets dans la salle grise et froide de la prison. « Duchesnay, sa femme et ses enfants ont néanmoins tenu à ouvrir les cadeaux en famille » annonçait la légende sous la photographie. C’était la première fois qu’elle voyait le visage de milliardaire aux tempes grisonnantes et celui-ci n’avait rien à voir avec l’homme dont elle avait croisé le regard à travers le pare-brise, elle en était certaine.
- Papa, je crois qu’il y a un problème, murmura Léo. Ce n’est pas Duchesnay qui conduisait la voiture. C’est cet homme là, celui qui est à côté de Johanna…
Olivier, blanc comme un linge s’approcha de sa sœur et regarda l’image que montrait Léo, ou apparaissait la brune en compagnie de son frère qui montait dans une voiture dont la porte était tenue par un grand homme plutôt mince en costume.
- C’est le chauffeur des Duchesnay, celui qui est venu à l’hôpital… Tu es sûre de toi soeurette ? Tu viens de te réveiller d’un coma… Ne me donne pas de faux espoirs, l’implora-t-il d’une voix chevrotante.
- Quels faux espoirs ? De quoi tu parles Olivier ? Puis je sais ce que je dis, c’est cet homme qui conduisait la voiture… Tu vas où ? demanda-t-elle alors que son frère se dirigeait précipitamment vers la porte de la chambre.
- L’empêcher de partir …
Il sortit de la pièce laissant sa sœur et ses amis complètement abasourdis alors qu’un sourire apparaissait sur le visage de son père :
- Je savais bien que c’était pour elle qu’il s’inquiétait… une fin heureuse c’est quand même préférable.
- Mais de quoi tu parles Papa ?
- Ton frère, il est amoureux de la fille Duchesnay, ça saute aux yeux.
Le carillon sonna dans la grande demeure presque vide de Johanna. La jeune fille, assise dans le grand fauteuil de son père qui n’avait pas encore été chargé dans les camions de déménagement, n’entendit même pas le son de cloche. Dans deux heures, ils abandonneraient la maison, celle ou son père aurait voulu qu’ils vivent heureux. Plongée dans ses réflexions, elle songeait avec tristesse à l’entrevue qu’ils avaient eue avec son père le matin même. Il avait maigri et ses yeux étaient cernés : si la situation ne changeait pas, elle craignait pour sa santé. Ce qui le rendait malade, c’était d’être enfermé malgré son innocence, il ne cessait de lutter contre ce qu’il appelait « les erreurs malheureuses de la justice ». Mais si on prouvait son innocence, aurait-elle une deuxième chance avec Olivier ? Machinalement, elle porta la main à son cou et se saisit du pendentif qu’il lui avait glissé dans la poche le jour de leurs adieux. Le carillon se fit entendre pour la deuxième fois et la voix de la maîtresse de maison s’éleva :
- Johanna, va ouvrir, ça doit être les déménageurs !
- J’y vais…
Elle avait encore du mal à s’habituer à n’avoir plus personne pour s’occuper des tâches domestiques. Depuis le départ des employés, c’était elle qui cuisinait et essayait de maintenir en ordre la maison, des tâches fatigantes sans parler des explications qu’elle ne cessait de donner à son petit frère qui devenait de plus en plus anxieux. Johanna sentait la fatigue s’accumuler sur ses épaules mais elle ne pouvait pas confier toutes ses taches à sa mère qui savait à peine comment faire marcher le micro-onde. L’absence de leur père, cet être qui avait toujours été rassurant, bien plus que leur mère, les angoissaient tous et provoquait même des tensions entre mère et fille. Avec un soupir, elle se leva du fauteuil et traversant le long couloir vidé de ses meubles, elle dit avant de déverrouiller la porte :
- Deux petites secondes, je vous ouvre.
- J’ai une nouvelle urgente.
La main de la jeune fille se figea sur la poignée en reconnaissant la voix d’Olivier. Elle sentit une boule lui monter dans la gorge et elle déglutit péniblement avant d’ouvrir la porte à un Olivier essoufflé et aux joues rouges comme si il avait couru. Sans même lui laisser le temps de le saluer, il l’attira dans ses bras et la serra contre lui.
- Qu’est ce qui se passe ? demanda-t-elle tout en passant ses mains dans la nuque du jeune homme pour l’obliger à la regarder dans les yeux. Il avait l’air de quelqu’un qui vient d’apprendre une grande nouvelle.
- Léo, elle nous a dit… ce n’était pas ton père ! On peut rester ensemble ! J’ai peur de rêver tout ça…
Euphorique, il posa ses mains sur ses hanches qu’un petit pull en cachemire blanc dénudaient et la souleva du sol pour la faire tourner en l’air comme si il ne s’agissait que d’une enfant. Quand il la reposa enfin au sol, il la serra contre lui et déposa un baiser sur les lèvres de la jeune fille qui le repoussa doucement pour avoir plus d’explications. Elle ne voulait pas faire grandir un espoir en elle qui ne servirait qu’à la blesser encore plus :
- Ta sœur, elle l’a confirmé ? Je sais qu’elle s’est réveillé il y a peu de temps, elle est peut être encore sonnée et si elle revenait sur ses paroles… cela serait encore trop douloureux pour moi Olivier…
- Elle est sure d’elle.
- Je peux y croire ? murmura-t-elle les yeux envahis par des larmes de bonheur.
- Moi je veux y croire… Je t’aime tellement, que je suis prêt à croire tout ce qui pourrait te faire rester près de moi.
- Je t’aime tellement que je suis prête à croire n’importe quoi pour rester près de toi.
Elle passa les mains autour du cou du roux qui pencha son visage sur le sien pour l’embrasser, scellant ainsi leur promesse silencieuse de rester ensemble.
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